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L'intégrale de Good Morning Market du mercredi 13 mai

Economie · · Par Julie MOREAU

L'intégrale de Good Morning Market du mercredi 13 mai

## L'essentiel Le mercredi 13 mai, l'émission "Good Morning Market" sur BFM Business a été marquée par des échanges riches autour de la dynamique des marchés fi

L'essentiel

Le mercredi 13 mai, l'émission "Good Morning Market" sur BFM Business a été marquée par des échanges riches autour de la dynamique des marchés financiers, des stratégies d'investissement et des actualités économiques. Présentée par Étienne Bracq, l'émission a réuni plusieurs experts du secteur, chacun apportant son éclairage sur des sujets variés allant du CAC40 aux mouvements dans le crédit privé.

Le CAC40 : Un rebond après des séances difficiles

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Cette émission fait écho à notre compte rendu de Tech & Co Business du mardi 12 mai, qui explorait les enjeux de cybersécurité et d'intelligence artificielle.

Matthieu Ceronne, trader et fondateur de Galileo Trading, a ouvert la discussion sur la performance du CAC40, qui a enregistré un rebond après quatre séances consécutives dans le rouge. Ce retournement a été interprété comme une réaction positive à la bonne tenue des marchés américains, qui ont récemment affiché des signes de résilience face à des incertitudes économiques. Selon les analyses, ce regain de confiance pourrait s'expliquer par des indicateurs économiques favorables aux États-Unis, offrant un contraste avec les inquiétudes persistantes en Europe.

Anxiété sur le marché du crédit privé

Pour approfondir le lien entre marchés actions et crypto-actifs, on peut se référer à notre analyse de BFM Crypto, les Pros sur la corrélation BTC-Tech.

Un autre point clé de l'émission a été abordé par Laurent Calvet, responsable de la gestion obligataire chez Tikehau Capital. Il a évoqué le regain d'anxiété concernant le marché du crédit privé aux États-Unis, où des signes d'instabilité émergent. KKR, un des acteurs majeurs dans ce domaine, a annoncé une injection de 300 millions de dollars, témoignant ainsi des tensions qui règnent sur ce marché. Calvet a également souligné que les marchés commencent à intégrer un scénario de relèvement des taux d'intérêt en Europe, ce qui pourrait avoir des conséquences sur l'accès au crédit et sur les valorisations des actifs.

Focus sur les résultats financiers d'Alstom, Siemens et Vallourec

Alain Du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance, a ensuite pris la parole pour discuter des résultats financiers de trois entreprises emblématiques : Alstom, Siemens et Vallourec. Chacune de ces sociétés est confrontée à des défis spécifiques, mais aussi à des opportunités dans un environnement économique en mutation. Les résultats financiers récents ont été scrutés de près par les investisseurs, car ils pourraient influencer les décisions d'investissement à court terme. Du Brusle a mis en lumière les performances de ces entreprises, tout en soulignant l'importance d'une analyse approfondie pour naviguer dans les marchés actuels.

Perspectives économiques et stratégies d'investissement

Jean-François Robin, responsable de la Recherche de Natixis Corporate & Investment Banking, et Grégoire Kounowski, conseiller en stratégie d'investissement chez Norman K, ont également partagé leurs perspectives sur les tendances économiques actuelles. Ils ont discuté des facteurs macroéconomiques susceptibles d'influencer les marchés dans les mois à venir, notamment les politiques monétaires des banques centrales et les tensions géopolitiques.

Conclusion

L'émission "Good Morning Market" du 13 mai a offert une analyse approfondie de l'état actuel des marchés financiers, avec des expertises variées sur des thématiques cruciales. Le rebond du CAC40, les préoccupations autour du crédit privé et les résultats d'entreprises majeures sont autant d'éléments à surveiller de près pour les investisseurs. Avec les incertitudes économiques persistantes, les experts s'accordent à dire que la vigilance et une bonne stratégie d'investissement seront essentielles pour naviguer dans cet environnement complexe. Les auditeurs peuvent retrouver cette émission en podcast sur BFM Business, où de nouvelles analyses seront proposées chaque jour de la semaine.

Contexte

L'émission du 13 mai s'inscrit dans un climat économique européen marqué par une défiance persistante des investisseurs. Depuis le début de l'année, l'indice CAC40 a connu plusieurs phases de volatilité, alternant entre espoirs de reprise post-pandémique et craintes liées à l'inflation et au resserrement monétaire. La période avril-mai a été particulièrement heurtée, avec des séances de baisse consécutives qui ont ravivé le spectre d'un ralentissement économique plus marqué qu'anticipé.

Sur le plan géopolitique, plusieurs facteurs pèsent sur les marchés européens. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, bien que moins médiatisées, continuent d'affecter les chaînes d'approvisionnement et les perspectives de croissance des entreprises exportatrices. Par ailleurs, la guerre en Ukraine et ses conséquences énergétiques demeurent une source d'incertitude pour les économies du Vieux Continent, particulièrement dépendantes des importations de gaz et de pétrole.

Le contexte américain offre un contraste notable. La Réserve fédérale a maintenu une politique monétaire relativement restrictive, mais les indicateurs économiques récents – emploi, consommation, production industrielle – ont surpris par leur résilience. Cette divergence entre les deux rives de l'Atlantique explique en partie le rebond du CAC40 observé lors de cette émission, les investisseurs européens cherchant à s'aligner sur le momentum positif venu d'outre-Atlantique.

Dans le domaine du crédit privé, le marché américain fait l'objet d'une attention croissante. Ce segment, qui regroupe les prêts accordés par des fonds spécialisés à des entreprises non cotées, a connu une expansion rapide ces dernières années, atteignant des volumes estimés à plusieurs milliers de milliards de dollars. L'intervention de KKR, avec son injection de 300 millions de dollars, illustre les fragilités qui émergent dans ce secteur, où la liquidité peut s'évaporer rapidement en période de tensions.

Analyse

Le rebond du CAC40 après quatre séances de baisse mérite d'être examiné avec prudence. Si la corrélation avec la bonne tenue des marchés américains semble évidente, plusieurs analystes interrogés lors de l'émission ont nuancé cette lecture. Ce mouvement pourrait davantage relever d'un "rebond technique" – c'est-à-dire une correction mécanique après une chute excessive – que d'un véritable retournement de tendance. Les volumes d'échanges, souvent révélateurs de la conviction des investisseurs, n'ont pas été précisés, ce qui laisse planer un doute sur la solidité de cette reprise.

Concernant le crédit privé, l'analyse de Laurent Calvet soulève des interrogations structurelles. Le marché du crédit privé américain s'est développé en marge du système bancaire traditionnel, offrant des rendements attractifs aux investisseurs institutionnels, mais avec une transparence limitée. L'injection de 300 millions de dollars par KKR peut être interprétée de deux manières : soit comme une opération de sauvetage ciblée pour éviter une contagion, soit comme une simple opération de gestion courante, amplifiée par la nervosité ambiante. La vérité se situe probablement entre les deux, mais l'absence de données détaillées sur les expositions des différents fonds rend toute conclusion hasardeuse.

Les résultats d'Alstom, Siemens et Vallourec, évoqués par Alain Du Brusle, illustrent les disparités sectorielles au sein de l'économie européenne. Alstom, dans le ferroviaire, bénéficie des investissements publics dans les infrastructures, mais fait face à des problèmes de trésorerie. Siemens, conglomérat industriel diversifié, est mieux positionné pour absorber les chocs, tandis que Vallourec, spécialisé dans les tubes pour l'énergie, est tributaire des fluctuations des prix du pétrole. Ces trois cas montrent qu'une même conjoncture macroéconomique peut produire des effets très différents selon les secteurs.

Implications

À court terme, les investisseurs devraient surveiller plusieurs signaux. Le rebond du CAC40, s'il se confirme, pourrait ouvrir une fenêtre de tir pour des prises de bénéfices ou, au contraire, pour des renforcements de positions. Tout dépendra de la capacité des indices à franchir des seuils techniques clés, qui n'ont pas été précisés lors de l'émission. Les annonces des banques centrales, notamment de la Banque centrale européenne, constitueront un catalyseur majeur dans les semaines à venir.

Sur le marché du crédit privé, les implications sont potentiellement significatives. Si les tensions observées aux États-Unis devaient s'intensifier, elles pourraient se propager aux marchés européens, où le crédit privé est également en plein essor. Les investisseurs institutionnels – fonds de pension, compagnies d'assurance – qui ont massivement investi dans cette classe d'actifs pourraient être exposés à des pertes. Une contagion au secteur bancaire traditionnel, bien que peu probable à ce stade, ne peut être totalement exclue.

Pour les entreprises cotées comme Alstom, Siemens et Vallourec, les perspectives à moyen terme dépendront de leur capacité à naviguer dans un environnement de taux d'intérêt potentiellement plus élevés en Europe. Un relèvement des taux renchérirait le coût du financement, pénalisant les entreprises les plus endettées. À l'inverse, les sociétés disposant de trésoreries solides pourraient tirer parti de cette situation pour renforcer leur position concurrentielle.

Pour aller plus loin

Plusieurs questions demeurent ouvertes. La première concerne la soutenabilité du rebond du CAC40 : s'agit-il d'un simple épisode de volatilité ou du début d'un mouvement plus ample ? La seconde interroge la régulation du crédit privé : les autorités américaines et européennes devront-elles intervenir pour encadrer ce marché en forte croissance ? Enfin, les résultats des entreprises évoquées mériteraient une analyse sectorielle plus fine, notamment pour évaluer l'impact des politiques industrielles européennes.

Les auditeurs souhaitant approfondir ces sujets pourront consulter les publications de la Banque des règlements internationaux sur les risques liés au crédit privé, ainsi que les rapports trimestriels des entreprises mentionnées. Les prochaines éditions de "Good Morning Market" devraient apporter des éclairages complémentaires sur l'évolution des marchés et les stratégies d'investissement à privilégier.