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L'intégrale de Tech & Co Business du mardi 12 mai

Economie · · Par Julie MOREAU

L'intégrale de Tech & Co Business du mardi 12 mai

## L'essentiel Le 12 mai dernier, l'émission Tech & Co Business diffusée sur BFM Business a mis en lumière plusieurs enjeux cruciaux liés à la cybersécurité et

L'essentiel

Le 12 mai dernier, l'émission Tech & Co Business diffusée sur BFM Business a mis en lumière plusieurs enjeux cruciaux liés à la cybersécurité et à l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans le monde professionnel. Sous la houlette de Frédéric Simottel, des experts de divers horizons ont partagé leurs analyses, leurs préoccupations et leurs visions sur l'évolution des technologies et les menaces qu'elles impliquent.

Cette émission s'inscrit dans la continuité de notre couverture des émissions BFM Business sur les technologies émergentes, où nous analysions la corrélation entre le Bitcoin et le Nasdaq.

Le développement récent de l'émission Tech & Co Business a été marqué par une discussion sur la cybersécurité et l'IA dans le monde professionnel, soulignant les menaces croissantes que ces technologies impliquent.

Cybersécurité : des menaces croissantes

L'épisode de la journée a été marqué par une discussion sur le piratage de l'ANTS (Agence nationale des titres sécurisés) par un jeune hacker de 15 ans, connu sous le pseudonyme de "breach3d". Ce cas souligne non seulement la vulnérabilité des systèmes en place, mais également le fait que des individus très jeunes peuvent avoir un impact significatif sur des infrastructures critiques. Michel Juvin, ecosystem advisor chez Alliancy, a mis en avant l'importance d'une vigilance accrue quant à la sécurité des données, surtout dans un contexte où les cybermenaces se diversifient et se complexifient.

Les experts présents, tels que Pascal Le Digol, directeur général France de WatchGuard Technologies, et Gerôme Billois, associé en cybersécurité et confiance numérique chez Wavestone, ont discuté des nouvelles formes d'hameçonnage qui émergent. Selon leurs analyses, les cybercriminels adaptent constamment leurs techniques, rendant les attaques plus difficiles à détecter. Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité chez ESET France, a également souligné la nécessité d'éduquer les utilisateurs sur les risques liés à la cybersécurité, notamment en ce qui concerne l'usurpation d'identité, un fléau en constante augmentation.

L'IA au service de la productivité

Dans un autre segment de l'émission, Vincent Champain, président de l'Observatoire du Long Terme et responsable du digital chez Framatome, et Gilles Babinet, entrepreneur et président de Café IA, ont exploré comment l'intelligence artificielle peut transformer la productivité des entreprises. Ils ont abordé l'idée de remplacer la simple présence au travail par une efficacité mesurable, un concept qui pourrait révolutionner les méthodes de travail traditionnelles.

Les intervenants ont évoqué plusieurs cas d'utilisation de l'IA dans divers secteurs, soulignant que cette technologie peut aider à optimiser les processus, réduire les coûts et améliorer la qualité des services. Cette transformation numérique est d'autant plus cruciale dans un monde où la compétitivité est de plus en plus féroce. Cependant, ils ont également averti que l'implémentation de l'IA doit être réfléchie pour éviter des dérives potentielles, notamment en matière d'éthique et de respect de la vie privée.

Chiffrement post-quantique : une nouvelle ère de sécurité ?

Un autre point central de l'émission était le chiffrement post-quantique, un sujet qui suscite un intérêt croissant dans la communauté technologique. Avec les avancées rapides en matière d'informatique quantique, il devient vital de repenser les méthodes de chiffrement traditionnelles, qui pourraient être vulnérables face à ces nouvelles technologies. Les experts ont souligné que l'élaboration de protocoles de sécurité adaptés aux capacités des ordinateurs quantiques est essentielle pour protéger les données sensibles à l'avenir.

Conclusion

L'intégrale de Tech & Co Business du 12 mai a mis en avant des sujets d'une importance capitale pour le monde moderne, où la technologie évolue à un rythme effréné. Alors que les entreprises et les institutions doivent naviguer dans un paysage de menaces croissantes en matière de cybersécurité, elles doivent également embrasser les opportunités offertes par l'intelligence artificielle pour rester compétitives. La discussion sur le chiffrement post-quantique rappelle qu'il est essentiel de se préparer aux défis de demain, en adoptant des technologies robustes et sécurisées.

Cette émission, disponible en podcast, offre une réflexion précieuse sur ces thèmes cruciaux, invitant à une prise de conscience collective sur les enjeux technologiques actuels et futurs.

Contexte

L'émission Tech & Co Business du 12 mai s'inscrit dans un climat de tensions numériques croissantes, tant en France qu'à l'échelle internationale. La cybersécurité est devenue une priorité politique depuis plusieurs années, notamment après les vagues de ransomware ayant paralysé des hôpitaux, des collectivités et des entreprises stratégiques. L'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), cible du piratage évoqué dans l'émission, est un opérateur public sensible : elle gère la délivrance des passeports, des cartes d'identité et des permis de conduire. Une intrusion dans ses systèmes, même par un adolescent, interroge la robustesse des défenses étatiques face à des attaquants de plus en plus jeunes et méthodiques.

Parallèlement, l'intelligence artificielle connaît une adoption accélérée dans le tissu économique français, poussée par des acteurs comme Mistral AI ou des initiatives gouvernementales (plan IA 2021-2025). Mais cette adoption soulève des questions éthiques et réglementaires, dans un cadre européen en pleine élaboration avec l'AI Act. Les débats autour de la productivité et du remplacement de la présence physique par une efficacité mesurable renvoient à des transformations profondes du travail, déjà amorcées par le télétravail et l'automatisation.

Enfin, le chiffrement post-quantique, bien que technique, est un enjeu géopolitique. Les États-Unis, la Chine et l'Union européenne investissent massivement dans la recherche quantique, et les organismes de normalisation comme le NIST travaillent à l'élaboration de nouveaux standards. La crainte d'une rupture capacitaire, où des ordinateurs quantiques pourraient casser les chiffrements actuels, motive des travaux préparatoires dans les secteurs bancaire, militaire et du renseignement.

Analyse

La discussion autour du piratage de l'ANTS par un mineur illustre un paradoxe contemporain : alors que les cyberdéfenses se renforcent techniquement, le facteur humain reste la faille principale. Que ce soit par négligence, par défaut de formation ou par ingénierie sociale, les systèmes les plus sophistiqués peuvent être contournés par des attaquants disposant de compétences élémentaires. L'âge du hacker, 15 ans, relativise la notion de "cybercriminel professionnel" et suggère une démocratisation des outils offensifs, accessibles via des forums ou des tutoriels. Cela pose la question de la responsabilité éducative : faut-il former davantage les jeunes à l'éthique numérique, ou renforcer la surveillance des communautés en ligne ?

L'analyse de l'IA comme levier de productivité, présentée par Vincent Champain et Gilles Babelin, mérite d'être nuancée. Si l'automatisation de tâches répétitives peut effectivement libérer du temps pour des activités à plus forte valeur ajoutée, le risque de destruction d'emplois et de précarisation de certaines catégories de travailleurs est réel. Par ailleurs, la mesure de l'"efficacité" individuelle via des algorithmes peut conduire à une surveillance accrue des salariés, questionnant le droit à la déconnexion et la vie privée. Les intervenants ont eux-mêmes alerté sur ces dérives potentielles, mais sans proposer de garde-fous concrets.

Quant au chiffrement post-quantique, il cristallise une tension entre l'urgence de protéger les données actuelles et l'incertitude sur l'échéance de l'avènement de l'informatique quantique à grande échelle. Certains experts estiment que les ordinateurs quantiques capables de casser le RSA ne seront pas opérationnels avant vingt ans, d'autres prévoient une arrivée plus précoce. Ce débat stratégique influence les décisions d'investissement des entreprises et des États.

Implications

À court terme, le piratage de l'ANTS devrait accélérer les audits de sécurité dans les administrations françaises et renforcer les programmes de bug bounty, où des hackers éthiques sont rémunérés pour signaler des vulnérabilités. Il est probable que des mesures de filtrage des accès aux systèmes sensibles soient renforcées, notamment pour les jeunes utilisateurs. Par ailleurs, cet incident pourrait nourrir le discours politique sur la nécessité d'une souveraineté numérique française, avec le développement de solutions de cybersécurité locales.

Concernant l'IA dans le monde professionnel, l'émission anticipe des transformations organisationnelles profondes. Les entreprises pourraient revoir leurs critères d'évaluation des employés, en privilégiant des indicateurs de performance automatisés. Mais cette évolution se heurtera aux syndicats et à la réglementation européenne sur l'IA, notamment l'article relatif à la notation sociale. À moyen terme, des secteurs comme le conseil, le marketing ou la comptabilité pourraient voir leurs effectifs diminuer au profit de postes liés à la supervision des algorithmes.

Enfin, le chiffrement post-quantique implique une migration progressive des infrastructures de sécurité. Les banques, les assureurs et les opérateurs de télécommunications devront anticiper cette transition, qui pourrait s'étaler sur une décennie. Les entreprises qui tarderont à se préparer s'exposeront à des risques de fuites de données, voire d'espionnage économique, si des adversaires stockent dès aujourd'hui des informations chiffrées en attendant de pouvoir les déchiffrer.

Pour aller plus loin

Plusieurs questions demeurent ouvertes à l'issue de cette émission. Comment garantir que les jeunes hackers, souvent attirés par le défi technique, soient orientés vers des carrières de cybersécurité plutôt que vers la délinquance ? Quels indicateurs permettraient de mesurer l'efficacité réelle de l'IA sans tomber dans une surveillance excessive ? Et surtout, qui financera la transition vers le chiffrement post-quantique dans les PME, souvent dépourvues de budgets dédiés à la sécurité ?

Les sujets connexes à suivre incluent l'évolution de l'AI Act européen, les annonces du NIST sur les standards post-quantiques, et les retours d'expérience des entreprises ayant adopté des outils d'IA générative pour la productivité. Pour approfondir, on pourra consulter les rapports de l'ANSSI sur la menace cyber, les publications de l'Observatoire du Long Terme sur l'impact de l'IA, et les travaux du Forum économique mondial sur la sécurité quantique.