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Il part en Chine avec les patrons d'Apple, Goldman Sachs, Tesla, Boeing ou Visa mais pas avec le plus puissant d'entre eux: pourquoi Trump a décidé de laisser le PDG de Nvidia à la maison

Economie · · Par Julie MOREAU

Il part en Chine avec les patrons d'Apple, Goldman Sachs, Tesla, Boeing ou Visa mais pas avec le plus puissant d'entre eux: pourquoi Trump a décidé de laisser le PDG de Nvidia à la maison

## L'essentiel Le voyage de Donald Trump en Chine, prévu avec une délégation de grands patrons d'entreprises, soulève des questions quant à l'absence de Jensen

L'essentiel

Le voyage de Donald Trump en Chine, prévu avec une délégation de grands patrons d'entreprises, soulève des questions quant à l'absence de Jensen Huang, le PDG de Nvidia. Alors que le président américain sera accompagné de figures emblématiques comme Elon Musk (Tesla), Tim Cook (Apple) et David Solomon (Goldman Sachs), le leader de Nvidia, pourtant à la tête d'une entreprise valorisée à 5,333 milliards de dollars, ne fera pas partie du voyage. Ce choix pourrait refléter les tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine, notamment dans le domaine technologique.

Jensen Huang avait exprimé son souhait de participer à cette visite, la qualifiant de "grand honneur". Cependant, son absence pourrait être interprétée comme un signal négatif concernant les perspectives commerciales de Nvidia en Chine, un marché crucial pour l'entreprise. En effet, Nvidia avait autrefois vu la Chine représenter jusqu'à 20 % de ses revenus liés aux centres de données. Le pays a été un terrain fertile pour la société, en particulier avec l'essor des applications d'intelligence artificielle.

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Malgré ses efforts pour maintenir des relations commerciales avec le marché chinois, Huang n'a pas été en mesure de surmonter les obstacles posés par les restrictions américaines. Depuis quatre ans, les exportations des puces avancées de Nvidia, essentielles pour l'entraînement des modèles d'IA, sont soumises à des limitations strictes. Même les versions modifiées de ces puces, adaptées pour répondre aux exigences de Washington, rencontrent des difficultés d'exportation vers la Chine. Ces restrictions viennent s'ajouter à un climat de rivalité technologique de plus en plus intense entre les deux superpuissances.

La présence d'autres dirigeants dans la délégation de Trump pourrait également renforcer l'idée d'une séparation croissante entre Nvidia et les opportunités commerciales en Chine. Des entreprises comme Qualcomm, Tesla et Boeing, qui sont également confrontées à des défis similaires, ont choisi de maintenir leurs liens avec le pays. Pour Boeing, par exemple, la visite pourrait être l'occasion de décrocher une commande majeure, ce qui témoigne de l'importance de la Chine en tant que marché pour l'industrie aéronautique.

Ces tensions commerciales rappellent que les ventes d'armes américaines à Taïwan constituent un autre point de friction récurrent entre Washington et Pékin.

Le fait que Huang ne soit pas inclus dans cette mission pourrait également s'expliquer par des considérations stratégiques de la part de l'administration Trump. Les relations avec la Chine sont marquées par des tensions géopolitiques, et l'absence de Nvidia pourrait être interprétée comme une volonté de l'administration de signaler une distinction entre les entreprises jugées compatibles avec les objectifs de sécurité nationale des États-Unis et celles qui ne le sont pas.

Dans ce contexte, la décision de ne pas inclure Jensen Huang dans la délégation pourrait également avoir des répercussions sur l'avenir de Nvidia. La société a déjà connu des difficultés pour s'adapter aux nouvelles régulations américaines, et son positionnement sur le marché chinois pourrait devenir de plus en plus précaire. Les investisseurs et analystes observent de près cette dynamique, car l'évolution des relations entre les États-Unis et la Chine pourrait avoir un impact direct sur les performances de Nvidia.

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Néanmoins, il reste à voir comment cette absence affectera les projets futurs de Nvidia en Chine. Huang a maintenu une présence active dans le pays, multipliant les déplacements pour entretenir des relations avec des partenaires locaux. Toutefois, l'absence de son nom aux côtés d'autres leaders d'industrie pourrait affaiblir la perception de Nvidia en tant qu'acteur clé sur le marché chinois, surtout à un moment où la compétition pour l'innovation technologique est particulièrement féroce.

En conclusion, l'absence de Jensen Huang lors de la visite de Donald Trump en Chine pourrait symboliser non seulement les défis auxquels fait face Nvidia, mais également les tensions plus larges dans les relations entre les États-Unis et la Chine. Les décisions stratégiques des entreprises et des gouvernements dans ce contexte continueront d'évoluer, et il sera crucial pour Nvidia de naviguer habilement dans ces eaux tumultueuses pour préserver ses intérêts commerciaux en Chine.

Contexte

La décision d'exclure Nvidia de la délégation présidentielle américaine s'inscrit dans un paysage géopolitique et technologique marqué par une rivalité croissante entre Washington et Pékin. Depuis l'administration Trump, puis sous la présidence Biden, les États-Unis ont multiplié les restrictions à l'exportation de semi-conducteurs avancés vers la Chine, visant à freiner l'essor technologique chinois, en particulier dans le domaine de l'intelligence artificielle. Nvidia, dont les puces graphiques sont devenues indispensables à l'entraînement des modèles d'IA, s'est retrouvée au cœur de cette confrontation.

La guerre technologique américano-chinoise trouve ses racines dans les années 2010, mais s'est intensifiée à partir de 2022, lorsque Washington a imposé un premier train de sanctions ciblant les exportations de puces et d'équipements de fabrication. Nvidia a dû concevoir des versions allégées de ses GPU, comme la série A800 et H800, destinées au marché chinois dans le respect des nouvelles réglementations. Malgré ces adaptations, l'administration américaine a resserré l'étau en 2023, rendant même ces versions modifiées difficilement exportables.

Parallèlement, la Chine a développé ses propres champions technologiques, comme Huawei, et investi massivement dans la production locale de semi-conducteurs. Pékin perçoit les restrictions américaines comme une tentative d'asphyxie technologique et répond par des mesures de rétorsion, notamment en limitant l'accès à des matières premières critiques comme le gallium et le germanium. Dans ce climat, chaque décision de l'exécutif américain concernant la composition des délégations commerciales prend une dimension stratégique.

Le contexte est également marqué par la personnalité de Donald Trump, dont le premier mandat a été caractérisé par une approche transactionnelle des relations internationales. Le président américain avait déjà engagé une guerre commerciale avec la Chine en 2018, imposant des droits de douane sur des centaines de milliards de dollars de marchandises. Son retour aux affaires, s'il se confirme, pourrait raviver ces tensions, même si ses positions sur Taïwan et la technologie restent sujettes à interprétation.

Analyse

L'absence de Jensen Huang dans la délégation présidentielle peut être analysée sous plusieurs angles, qui s'entrecroisent sans s'exclure nécessairement. La première lecture, la plus immédiate, est celle d'un signal politique délibéré. En excluant Nvidia, l'administration Trump enverrait un message clair à Pékin : les entreprises américaines jugées stratégiques pour la sécurité nationale ne bénéficieront pas d'un accès privilégié au marché chinois tant que les restrictions en vigueur ne seront pas respectées ou que des garanties suffisantes n'auront pas été obtenues.

Une seconde hypothèse, plus nuancée, renvoie aux relations personnelles et aux calculs politiques de Donald Trump. Le président américain, connu pour valoriser la loyauté et les liens directs, aurait pu écarter Huang en raison de divergences passées ou d'une perception d'alignement insuffisant avec sa ligne. Elon Musk, Tim Cook et David Solomon entretiennent des relations plus visibles avec Trump, ce qui pourrait expliquer leur présence. Nvidia, bien que puissante, n'a pas cultivé une proximité politique aussi marquée.

D'un point de vue économique, l'absence de Nvidia interroge sur la stratégie de l'entreprise face à un marché chinois qui représentait jusqu'à un cinquième de ses revenus dans le secteur des centres de données. Certains analystes estiment que Nvidia pourrait être en train de réorienter ses efforts vers d'autres marchés, comme l'Inde, l'Europe ou le Japon, où la demande pour ses puces IA explose. Dans cette optique, l'exclusion de la délégation ne serait pas une fatalité mais le reflet d'une diversification géographique déjà engagée.

Enfin, il convient de noter que d'autres entreprises technologiques américaines, comme Qualcomm ou AMD, sont également confrontées à des restrictions similaires sans avoir été exclues de la délégation. La décision semble donc cibler spécifiquement Nvidia, peut-être en raison de sa position dominante sur le marché des GPU pour l'IA, qui en fait un enjeu central de la compétition technologique. L'administration Trump pourrait ainsi chercher à éviter que la présence de Huang ne soit interprétée comme un feu vert pour des négociations commerciales que Washington souhaite maintenir sous haute surveillance.

Implications

À court terme, l'absence de Nvidia dans la délégation risque de compliquer les relations de l'entreprise avec ses partenaires chinois. Les clients potentiels, qu'il s'agisse de géants du cloud comme Alibaba ou Tencent, ou de start-up spécialisées dans l'IA, pourraient interpréter cette exclusion comme un signe que Nvidia n'est plus en mesure de garantir un approvisionnement stable. Certains pourraient accélérer leurs efforts de diversification vers des fournisseurs alternatifs, notamment chinois, comme Huawei avec ses puces Ascend.

Sur le plan boursier, l'annonce pourrait peser sur le titre Nvidia, déjà volatil en raison des incertitudes réglementaires. Les investisseurs surveillent de près tout signal indiquant une détérioration des perspectives commerciales en Chine, un marché qui, malgré les restrictions, reste crucial pour les volumes de vente et les marges de l'entreprise. Une baisse de la confiance pourrait entraîner une correction, même si les fondamentaux de Nvidia restent solides grâce à la demande mondiale pour l'IA.

À moyen terme, cette décision pourrait inciter Nvidia à accélérer sa stratégie de contournement des restrictions américaines. L'entreprise pourrait investir davantage dans des partenariats avec des fabricants locaux en Chine, ou développer des puces spécifiquement conçues pour le marché chinois, en collaboration avec des autorités locales. Toutefois, ces initiatives se heurteraient aux limites imposées par Washington, qui pourrait resserrer encore les mailles du filet réglementaire.

Pour l'administration Trump, cette exclusion pourrait servir de test pour évaluer la réaction de Pékin. Si la Chine répond par des mesures de rétorsion ciblant Nvidia, cela conforterait la ligne dure. Si, au contraire, Pékin choisit d'ignorer l'affront pour préserver d'autres intérêts commerciaux, cela pourrait ouvrir la voie à des négociations plus larges. Dans tous les cas, la décision renforce l'idée que les entreprises technologiques américaines sont désormais des acteurs géopolitiques à part entière, dont les déplacements et les alliances sont scrutés comme des indicateurs diplomatiques.

Pour aller plus loin

Cette affaire soulève des questions plus vastes sur la nature des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine à l'ère de la rivalité technologique. Jusqu'où les entreprises américaines sont-elles prêtes à aller pour préserver leur accès au marché chinois, et jusqu'où Washington est-il prêt à sacrifier les intérêts économiques à court terme au nom de la sécurité nationale ? Le cas de Nvidia pourrait préfigurer un schéma plus large de segmentation des marchés technologiques mondiaux.

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