Onyx Infos

Yémen: les Houthis revendiquent des frappes contre «deux pétroliers saoudiens» en mer Rouge

Monde · · Par Claire BERNARD

Yémen: les Houthis revendiquent des frappes contre «deux pétroliers saoudiens» en mer Rouge

# Yémen : les Houthis revendiquent des frappes contre « deux pétroliers saoudiens » en mer Rouge Les rebelles Houthis, mouvement armé yéménite soutenu par l'Ira

# Yémen : les Houthis revendiquent des frappes contre « deux pétroliers saoudiens » en mer Rouge Les rebelles Houthis, mouvement armé yéménite soutenu par l'Iran, ont revendiqué des frappes contre deux pétroliers en mer Rouge, une zone maritime stratégique reliant l'océan Indien à la mer Méditerranée via le canal de Suez. Selon des informations rapportées par RFI, l'agence maritime britannique a confirmé qu'un pétrolier avait été touché mercredi 22 juillet par un projectile dans cette zone, au large des côtes de l'Arabie saoudite. Ces attaques interviennent dans un contexte de tensions régionales exacerbées, marqué par l'annonce lundi 20 juillet d'un blocus maritime imposé par l'Arabie saoudite. ## Des avertissements préalables et un trafic maritime perturbé Les Houthis avaient adressé des avertissements radio à plusieurs navires naviguant en mer Rouge, les enjoignant à modifier leurs routes ou à se tenir à distance des zones qu'ils considèrent comme cibles légitimes. Ces menaces, relayées par des canaux maritimes internationaux, ont provoqué des réactions immédiates de la part des armateurs et des compagnies de transport. Des données analysées mercredi 22 juillet montrent qu'au moins neuf bateaux avaient fait demi-tour au large du Yémen, dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb ou en mer Rouge. Ce détroit, large d'une trentaine de kilomètres à son point le plus étroit, constitue un goulet d'étranglement pour le trafic pétrolier mondial, avec environ 4,8 millions de barils de pétrole brut transitant quotidiennement par cette voie, selon les estimations de l'Agence américaine d'information sur l'énergie. ## Un blocus saoudien comme déclencheur des hostilités L'annonce d'un blocus maritime par l'Arabie saoudite, lundi 20 juillet, semble avoir servi de catalyseur aux frappes houthies. Ryad, qui mène depuis 2015 une coalition militaire intervenant au Yémen contre les Houthis, justifie cette mesure par la nécessité de sécuriser les voies maritimes face à la menace que représentent les rebelles. Cependant, les Houthis, qui contrôlent une large partie du nord du Yémen, y compris la capitale Sanaa, considèrent ce blocus comme un acte de guerre. Leurs frappes contre des pétroliers saoudiens visent, selon leur porte-parole militaire, à « répondre à l'agression saoudienne » et à « défendre le peuple yéménite contre la coalition ». Ces attaques pourraient également avoir pour objectif de perturber les approvisionnements énergétiques de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, et d'exercer une pression économique sur Ryad. ## Implications régionales et sécuritaires Ces événements surviennent dans un contexte où la guerre au Yémen, déclenchée en 2014, a déjà provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde, selon l'ONU, avec plus de 20 millions de personnes ayant besoin d'aide. Les frappes en mer Rouge pourraient encore aggraver la situation, en augmentant les primes d'assurance pour les navires transitant par la zone et en allongeant les trajets pour les pétroliers, ce qui aurait des répercussions sur les prix mondiaux du pétrole. Par ailleurs, la présence de navires de guerre iraniens dans la région, rapportée par des sources militaires américaines, ajoute une dimension géopolitique supplémentaire à cette escalade. Téhéran, qui nie officiellement tout soutien militaire direct aux Houthis, est régulièrement accusé par Ryad et Washington de fournir des armes et des renseignements aux rebelles. Si ces frappes devaient se multiplier, elles pourraient entraîner une réponse militaire plus musclée de la coalition saoudienne, voire une intervention navale internationale pour sécuriser le détroit de Bab el-Mandeb, comme cela a été envisagé par le passé lors de précédentes attaques contre des infrastructures pétrolières saoudiennes. ## Une escalade aux conséquences incertaines Alors que les Houthis continuent de revendiquer leurs actions et que la coalition saoudienne durcit sa position, la mer Rouge devient un théâtre supplémentaire du conflit yéménite. Les prochains jours pourraient être décisifs pour déterminer si cette escalade maritime reste ponctuelle ou si elle s'inscrit dans une stratégie plus large de déstabilisation régionale. Les compagnies maritimes, déjà confrontées à des tensions dans le golfe Persique, devront probablement réévaluer leurs itinéraires, tandis que les acteurs internationaux, notamment les États-Unis et l'Union européenne, pourraient être appelés à jouer un rôle de médiation ou de dissuasion pour éviter une confrontation directe entre l'Arabie saoudite et l'Iran par procuration.