Y a-t-il vraiment moins d’arrêts maladie en France qu’en Belgique, en Espagne et en Allemagne, comme l’affirme Jean-Luc Mélenchon ?

Selon des informations rapportées par Le Figaro dans son édition du 22 septembre 2026, la déclaration de Jean-Luc Mélenchon comparant le nombre d'arrêts maladie
Selon des informations rapportées par Le Figaro dans son édition du 22 septembre 2026, la déclaration de Jean-Luc Mélenchon comparant le nombre d'arrêts maladie en France à celui de plusieurs pays européens mérite d'être examinée à l'aune des données disponibles. Le leader de La France Insoumise a affirmé sur le réseau social X, vendredi 18 septembre, qu'« il y a moins d'arrêts maladie en France (14 jours) qu'en Belgique, en Espagne, en Norvège ou en Allemagne (25 jours) ». Cette sortie intervient dans un contexte de vives tensions autour du projet gouvernemental visant à réaliser 2 milliards d'euros d'économies sur l'indemnisation des arrêts de travail d'ici 2027.
## Une controverse budgétaire avant tout politique
La publication de Jean-Luc Mélenchon s'inscrit dans une séquence politique tendue. Le candidat LFI à la présidentielle de 2027 critique ouvertement la piste d'économies portée par l'exécutif, s'en prenant également à Édouard Philippe, qui a récemment promis de « mettre fin à l'open bar » des arrêts de travail. Pour appuyer sa démonstration, l'ancien député s'appuie sur un graphique attribué à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), institution dont les travaux statistiques font régulièrement référence en matière de comparaisons internationales. Selon les éléments relayés par Le Figaro, cette affirmation mérite toutefois d'être replacée dans un cadre méthodologique précis, tant les systèmes d'indemnisation varient d'un pays à l'autre.
## Des comparaisons internationales délicates
Les données de l'OCDE, souvent mobilisées dans les débats sur les dépenses sociales, reposent sur des définitions hétérogènes selon les pays. En effet, le nombre de jours d'arrêt moyen par salarié ne reflète pas nécessairement le niveau global de dépenses, ni la fréquence des congés maladie. La Belgique, l'Espagne, la Norvège et l'Allemagne disposent de régimes d'assurance maladie distincts, avec des durées de carence, des taux de remplacement et des critères médicaux qui diffèrent sensiblement du modèle français. D'après des sources gouvernementales citées par Le Figaro, la prudence reste donc de mise avant toute conclusion hâtive sur une prétendue sous-utilisation française du dispositif.
## Un enjeu financier au cœur du débat
Le gouvernement souhaite réduire de 2 milliards d'euros les dépenses liées à l'indemnisation des arrêts de travail à l'horizon 2027. Cette ambition s'appuie sur l'idée que les arrêts maladie connaîtraient une progression préoccupante en France. Toutefois, la comparaison avec les voisins européens, telle que présentée par Jean-Luc Mélenchon, pourrait fragiliser cet argumentaire. Par ailleurs, les experts rappellent que la France se distingue par un taux de remplacement élevé et une absence de jour de carence dans le secteur privé, contrairement à l'Allemagne notamment, où les trois premiers jours ne sont pas indemnisés par l'employeur dans certaines conventions.
## Une vérification qui reste ouverte
En l'état des éléments disponibles, la véracité de l'affirmation de Jean-Luc Mélenchon dépend étroitement des indicateurs retenus. Si les chiffres avancés semblent issus de sources institutionnelles reconnues, leur interprétation demeure sujette à caution. Le Figaro, dans son article, souligne que la vérification complète nécessiterait un accès détaillé aux bases de données de l'OCDE, notamment pour distinguer les arrêts courts des arrêts longs. Cette controverse illustre la difficulté persistante à comparer les systèmes sociaux européens, alors que les enjeux budgétaires liés à la protection sociale devraient continuer d'alimenter le débat public dans les mois à venir.