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WEEK-END HISTOIRE (1/2) L’historien et résistant héraultais Marc Bloch enfin au Panthéon

Une · · Par Claire BERNARD

WEEK-END HISTOIRE (1/2) L’historien et résistant héraultais Marc Bloch enfin au Panthéon

# L’historien et résistant héraultais Marc Bloch enfin au Panthéon Le 23 juin prochain, la France rendra un hommage solennel à l’une de ses figures intellectuel

# L’historien et résistant héraultais Marc Bloch enfin au Panthéon Le 23 juin prochain, la France rendra un hommage solennel à l’une de ses figures intellectuelles et patriotiques les plus marquantes du XXe siècle. L’historien et résistant Marc Bloch, cofondateur de l’école des Annales, fera son entrée au Panthéon, soixante-dix-neuf ans après sa mort sous les balles de l’occupant nazi. Cette panthéonisation, annoncée par la présidence de la République, vient couronner une trajectoire exceptionnelle, mêlant rigueur scientifique et engagement citoyen, dans un contexte où la mémoire de la Résistance continue d’être un enjeu national. ## Un médiéviste de génie, cofondateur de l’école des Annales Né à Lyon en 1886 dans une famille d’universitaires juifs alsaciens, Marc Bloch s’impose très tôt comme l’un des plus grands historiens de son temps. Spécialiste du Moyen Âge, il révolutionne la discipline en fondant, avec Lucien Febvre, la revue *Annales d’histoire économique et sociale* en 1929. Cette école, connue sous le nom d’école des Annales, prône une histoire totale, ouverte aux apports de la sociologie, de l’économie et de la géographie. Selon des archives universitaires consultées par Midi Libre, Bloch publie des ouvrages majeurs comme *Les Rois thaumaturges* (1924) ou *La Société féodale* (1939), qui deviennent des références incontournables. Son approche, centrée sur les structures sociales et les mentalités collectives, marque durablement la recherche historique française et internationale. ## Un passage héraultais dans un climat hostile Marc Bloch a brièvement enseigné à l’université de Montpellier, entre 1919 et 1920, dans des conditions alors difficiles. D’après des sources locales rapportées par Midi Libre, ce séjour dans l’Hérault se déroule dans un climat politique tendu, marqué par la montée des nationalismes et des préjugés antisémites. Bien que court, ce passage laisse une empreinte dans la mémoire universitaire montpelliéraine, où Bloch est salué pour la qualité de son enseignement et sa rigueur intellectuelle. Ce lien avec la région, bien que souvent méconnu du grand public, est mis en avant par les autorités locales pour souligner l’attachement de l’historien à la culture méditerranéenne et à la transmission du savoir. ## Un résistant exemplaire, fusillé à Saint-Didier-de-Formans Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Marc Bloch, alors âgé de 53 ans, s’engage volontairement dans l’armée française. Après la défaite de 1940, il rejoint la Résistance intérieure sous le pseudonyme de « Narbonne ». Selon des témoignages d’historiens cités par Midi Libre, il devient l’un des chefs du mouvement Franc-Tireur dans la région lyonnaise, participant activement à la coordination des actions de sabotage et de renseignement. Arrêté par la Gestapo en mars 1944, il est torturé puis fusillé le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans (Ain), aux côtés de vingt-neuf autres résistants. Son dernier texte, *L’Étrange Défaite*, rédigé en 1940, reste un témoignage saisissant sur les causes de l’effondrement militaire français, mêlant analyse historique et réflexion civique. ## Une panthéonisation pour réparer une injustice mémorielle L’entrée de Marc Bloch au Panthéon, décidée par le président de la République, intervient après des années de mobilisation d’historiens, d’élus locaux et de descendants. Pour ses défenseurs, cette panthéonisation vise à réparer un oubli : celui d’un intellectuel qui a sacrifié sa vie pour la liberté, tout en ayant posé les fondements d’une historiographie moderne. Selon des sources gouvernementales, la cérémonie, prévue mardi 23 juin, se déroulera en présence de membres de sa famille et de représentants de l’université de Montpellier. Une plaque commémorative pourrait également être dévoilée dans la ville héraultaise pour rappeler son passage. Cette reconnaissance, bien que tardive, s’inscrit dans un mouvement plus large de réhabilitation des figures de la Résistance souvent négligées par la mémoire officielle. ## Un héritage intellectuel toujours vivant Au-delà de l’hommage national, la panthéonisation de Marc Bloch soulève des questions sur la place de l’histoire dans le débat public contemporain. Son œuvre, qui prône une analyse rigoureuse des sociétés, pourrait offrir des clés de lecture pour comprendre les tensions identitaires et politiques actuelles. Cependant, certains critiques, cités par Midi Libre, estiment que cette entrée au Panthéon risque d’instrumentaliser sa mémoire à des fins politiques, alors que Bloch lui-même se méfiait des récupérations idéologiques. Quoi qu’il en soit, cette reconnaissance marque une étape importante dans la transmission de son héritage, tant pour les historiens que pour les citoyens en quête de repères. Alors que la France célèbre les 80 ans de la Libération, le parcours de Marc Bloch rappelle que la connaissance historique et l’engagement civique peuvent, et doivent, aller de pair.