Washington leur reproche de ne pas suffisamment lutter contre le commerce de biens issus du travail forcé: les États-Unis envisagent des droits de douane supplémentaires de 10 à 12,5% contre 60 pays

# Washington durcit le ton : des droits de douane de 10 à 12,5% envisagés contre 60 pays pour travail forcé L'administration Trump prépare une nouvelle salve de
# Washington durcit le ton : des droits de douane de 10 à 12,5% envisagés contre 60 pays pour travail forcé
L'administration Trump prépare une nouvelle salve de sanctions commerciales. Le bureau du représentant américain au Commerce (USTR), dirigé par Jamieson Greer, a proposé d'imposer des droits de douane supplémentaires de 10% ou 12,5% sur les importations en provenance de 60 économies, accusées de ne pas lutter suffisamment contre le commerce de biens issus du travail forcé. Cette mesure, qui s'appuie sur la Section 301 du Trade Act de 1974, intervient alors que les vastes taxes "réciproques" annoncées en avril 2025 par la Maison-Blanche ont été invalidées par la Cour suprême américaine en février dernier.
## Une procédure fondée sur la Section 301
La Section 301 permet au gouvernement américain d'enquêter et d'imposer des taxes douanières ou d'autres mesures commerciales contre des pays jugés responsables de pratiques "déloyales". Dans le cas présent, l'USTR a mené une enquête spécifique sur le travail forcé, concluant à des manquements systématiques de la part de plusieurs partenaires commerciaux des États-Unis. Selon le communiqué de l'USTR, "l'incapacité de nos plus importants partenaires commerciaux à répondre à l'importation de biens réalisés avec du travail forcé est inacceptable". Cette déclaration de Jamieson Greer souligne la volonté de l'administration Trump de durcir sa politique commerciale, après que la Cour suprême a retoqué les droits "réciproques" plus larges.
## Deux niveaux de taxation selon les pays
La proposition de l'USTR distingue deux catégories de pays. D'un côté, 14 économies se verraient appliquer un droit de douane de 10% : il s'agit de la Grande-Bretagne, du Canada, de l'Union européenne, de l'Indonésie, du Mexique, du Pakistan, de l'Argentine, du Bangladesh, du Cambodge, de l'Équateur, du Salvador, du Guatemala, de la Malaisie et de Taïwan. De l'autre côté, 45 autres pays seraient soumis à un taux de 12,5%, soit une pénalité plus élevée. La différence de traitement refléterait, selon l'enquête de l'USTR, des niveaux variables de coopération ou de gravité des pratiques constatées. Cette approche graduée vise à envoyer un signal fort tout en maintenant une certaine flexibilité diplomatique.
## Des conséquences économiques potentiellement majeures
L'impact de ces nouveaux droits de douane pourrait être considérable sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. Les pays ciblés représentent une part significative des importations américaines, notamment dans des secteurs comme le textile, l'électronique ou l'agroalimentaire. Le Bangladesh et le Cambodge, par exemple, sont des exportateurs majeurs de vêtements, tandis que le Mexique et le Canada sont des partenaires clés dans le cadre de l'accord USMCA. Les entreprises américaines pourraient voir leurs coûts d'approvisionnement augmenter, ce qui risquerait de se répercuter sur les prix à la consommation. Par ailleurs, cette décision intervient dans un contexte de tensions commerciales déjà vives, après l'invalidation des droits "réciproques" par la Cour suprême, ce qui pourrait pousser certains pays à riposter par des mesures de rétorsion.
## Un signal politique fort à l'international
Cette initiative s'inscrit dans la stratégie plus large de l'administration Trump visant à utiliser le levier douanier comme outil de pression diplomatique et commerciale. En ciblant explicitement le travail forcé, Washington cherche à imposer ses normes sociales à ses partenaires, tout en protégeant les travailleurs américains d'une concurrence jugée déloyale. La mesure pourrait également servir de précédent pour d'autres enquêtes fondées sur la Section 301, notamment dans les domaines de la propriété intellectuelle ou des subventions industrielles. Toutefois, son application effective reste soumise à des consultations et à d'éventuelles négociations, certains pays ayant déjà fait savoir qu'ils contesteraient ces droits devant l'Organisation mondiale du commerce.
Alors que les discussions s'annoncent tendues, l'administration Trump semble déterminée à maintenir une ligne dure. La proposition de l'USTR devra être examinée par la Maison-Blanche avant d'être officiellement mise en œuvre, mais elle témoigne déjà d'une volonté de renouveler l'arsenal commercial américain, au risque d'attiser les frictions avec des partenaires historiques.