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Violences sexuelles sur mineurs : 1 275 procédures "fantômes" à Nîmes, des centaines à Caen… Gérald Darmanin pointe les défaillances de la justice

Une · · Par Claire BERNARD

Violences sexuelles sur mineurs : 1 275 procédures

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a adressé une lettre le 29 juillet dernier, révélée par Le Monde ce 8 août, dans laquelle il dénonce des défaillances syst

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a adressé une lettre le 29 juillet dernier, révélée par *Le Monde* ce 8 août, dans laquelle il dénonce des défaillances systémiques au sein des services d'enquête dans le traitement des violences sexuelles commises sur des mineurs. Selon des informations rapportées par *Midi Libre*, cette correspondance ministérielle met en lumière l'existence de milliers de procédures dites « fantômes », restées sans suite faute de traitement effectif par les forces de l'ordre. ## Des chiffres alarmants dans plusieurs ressorts judiciaires D'après le contenu de la lettre ministérielle, le parquet de Nîmes compterait à lui seul 1 275 procédures « fantômes » liées à des violences sexuelles sur mineurs. Le ressort de Caen serait également concerné, avec plusieurs centaines de dossiers similaires identifiés par l'inspection. Ces chiffres, qui émanent du ministère de la Justice, sembleraient révéler un phénomène d'une ampleur significative, touchant potentiellement d'autres juridictions du territoire national. Le ministre aurait demandé un recensement exhaustif dans l'ensemble des parquets afin de mesurer l'étendue exacte de ces défaillances. ## Une lettre qui pointe des responsabilités policières Dans ce courrier adressé aux services concernés, Gérald Darmanin aurait directement mis en cause les pratiques de certains services d'enquête, évoquant des procédures ouvertes mais jamais réellement instruites. Selon les éléments rapportés par la presse régionale, ces dossiers seraient restés en sommeil, sans actes d'enquête, sans audition des victimes ni identification des auteurs présumés. Le ministre aurait également insisté sur la nécessité de rétablir une confiance des victimes envers l'institution judiciaire, d'autant plus que ces affaires concernent des mineurs particulièrement vulnérables. ## Une réaction politique et institutionnelle attendue Cette révélation intervient dans un contexte où la question des violences sexuelles sur mineurs occupe une place croissante dans le débat public français. La lettre du garde des Sceaux pourrait conduire à des inspections ciblées dans les services concernés et, potentiellement, à des sanctions disciplinaires. Par ailleurs, des instructions auraient été données pour que ces procédures « fantômes » soient traitées en priorité, avec un accompagnement renforcé des victimes concernées. Les annonces du ministre pourraient également ouvrir la voie à une réflexion plus large sur les moyens alloués aux services d'enquête spécialisés dans la protection de l'enfance. ## Des conséquences potentielles sur la politique judiciaire Au-delà du constat chiffré, cette lettre soulève des interrogations sur l'organisation du traitement judiciaire des violences sexuelles sur mineurs en France. Selon des sources proches du dossier, des audits complémentaires pourraient être diligentés dans d'autres ressorts afin de vérifier l'existence de situations analogues. La publication de ces éléments pourrait également relancer les débats sur la spécialisation des juridictions et la formation des enquêteurs dans ce domaine sensible. Les associations de protection de l'enfance, régulièrement mobilisées sur ces questions, pourraient saisir l'opportunité de ces révélations pour réclamer des réformes structurelles. Le ministère de la Justice n'a, pour l'heure, pas communiqué officiellement sur les suites qui seront données à ces constats, laissant planer une incertitude sur le calendrier des mesures correctives.