Violences familiales, sexuelles, narcobanditisme : "Je serai un procureur général exigeant" annonce Eric Mathais à Montpellier

Un nouveau procureur général prend ses fonctions à Montpellier avec un programme axé sur les violences intrafamiliales, les agressions sexuelles et le narcoband
Un nouveau procureur général prend ses fonctions à Montpellier avec un programme axé sur les violences intrafamiliales, les agressions sexuelles et le narcobanditisme. Eric Mathais, précédemment en poste au parquet de Bobigny, a été officiellement installé ce vendredi 4 septembre à la cour d’appel de Montpellier, succédant à Jean-Marie Beney.
Un parcours forgé dans l’un des parquets les plus sollicités de France
Eric Mathais arrive de Seine-Saint-Denis, où il dirigeait le parquet de Bobigny, l’un des plus importants du territoire national en termes de volume d’affaires traitées et de diversité des contentieux. Selon des informations rapportées par Midi Libre, cette expérience dans un département confronté à des défis sécuritaires et sociaux majeurs aurait façonné sa vision de la justice et ses priorités d’action.
Dès son installation officielle, le haut magistrat aurait affiché une détermination sans équivoque quant aux chantiers qu’il entend porter dans la région montpelliéraine. Son discours inaugural, prononcé vendredi, aurait insisté sur la nécessité d’une réponse pénale ferme et coordonnée face à des phénomènes criminels dont l’ampleur ne cesse de croître dans le ressort de la cour d’appel.
Le parcours d’Eric Mathais dans le système judiciaire français le place parmi les magistrats ayant exercé dans des juridictions confrontées à une pression pénale soutenue. Cette trajectoire pourrait éclairer sa conception du rôle du ministère public, entre exigence répressive et attention portée aux victimes.
Trois priorités affichées pour le ressort de Montpellier
Le nouveau procureur général aurait explicitement nommé trois axes majeurs guidant son action future : les violences familiales, les violences sexuelles et le narcobanditisme. Cette triade refléterait une analyse des fragilités propres au territoire héraultais et aux départements relevant de la cour d’appel de Montpellier.
Concernant les violences familiales, les statistiques nationales publiées ces dernières années montrent une hausse constante des plaintes déposées, un phénomène que les observateurs relient notamment à la libération de la parole post-#MeToo. Dans ce contexte, l’affirmation d’Eric Mathais selon laquelle il sera « un procureur général exigeant » pourrait se traduire par un renforcement des politiques pénales en direction des auteurs de ces infractions.
Les violences sexuelles constituent un second chantier sur lequel le magistrat entendait visiblement marquer sa différence. Les juridictions du ressort devraient ainsi être invitées à porter une attention particulière au traitement de ces dossiers, depuis l’enquête préliminaire jusqu’au jugement.
Le narcobanditisme, un défi structurel pour la région
Le troisième axe, consacré au narcobanditisme, intervient alors que la région Occitanie connaît une intensification des trafics de stupéfiants. Les points de deal urbains et les réseaux d’importation transitant par le littoral méditerranéen alimentent une économie criminelle dont les ramifications dépassent largement les frontières départementales.
Selon plusieurs rapports parlementaires récents, le trafic de drogue générerait en France des flux financiers estimés à plusieurs milliards d’euros annuellement. Dans ce cadre, l’expérience acquise par Eric Mathais à Bobigny, juridiction confrontée de longue date à ces phénomènes, pourrait constituer un atout pour coordonner l’action des parquets de Montpellier, Nîmes, Perpignan et Béziers.
Le ressort de la cour d’appel de Montpellier couvre en effet plusieurs départements où l’implantation de réseaux de narcotrafiquants s’est accompagnée de violences urbaines récurrentes. Les saisies opérées par les forces de l’ordre dans l’Hérault et les Pyrénées-Orientales ont atteint des niveaux records ces dernières années, selon des données communiquées par les services douaniers et la police judiciaire.
Une prise de fonction dans un contexte institutionnel sensible
Cette installation intervient par ailleurs dans un climat de tensions récurrentes entre le pouvoir exécutif et l’institution judiciaire. Les débats autour de la réforme de la justice, les questions liées aux moyens alloués aux tribunaux et les critiques émises par certains magistrats sur les conditions d’exercice de leurs missions constituent autant d’éléments de contexte susceptibles d’influer sur la marge de manœuvre du nouveau procureur général.
La déclaration d’Eric Mathais, rapportée par Midi Libre, selon laquelle il se montrera exigeant pourrait également être lue comme une réponse aux attentes formulées par les associations d’aide aux victimes et par une partie de la population concernant l’efficacité de la réponse pénale. Les audiences solennelles de rentrée, durant lesquelles les chefs de juridiction exposent leurs orientations, devraient permettre de préciser les modalités concrètes de cette politique pénale.
Les prochains mois diront si les annonces faites lors de cette installation se traduiront par des évolutions mesurables dans le traitement judiciaire des violences familiales, des infractions sexuelles et du narcobanditisme dans le ressort de la cour d’appel de Montpellier. L’articulation entre les moyens disponibles et les ambitions affichées constituera, à cet égard, un indicateur à surveiller.