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Vingt mille euros pour ne pas venir à la barre : au procès du violeur sadique de Meetic, la révélation choc de trois jeunes femmes

Une · · Par Claire BERNARD

Vingt mille euros pour ne pas venir à la barre : au procès du violeur sadique de Meetic, la révélation choc de trois jeunes femmes

Vingt mille euros. C'est la somme qu'auraient proposée, selon les révélations livrées à l'audience, l'entourage d'un accusé à trois jeunes femmes pour qu'elles

Vingt mille euros. C'est la somme qu'auraient proposée, selon les révélations livrées à l'audience, l'entourage d'un accusé à trois jeunes femmes pour qu'elles renoncent à témoigner. Le procès d'Alexandre Karaa, 40 ans, s'est ouvert devant la cour criminelle départementale de l'Hérault, où il comparaît pour les viols de six jeunes femmes rencontrées sur la plateforme Meetic entre 2016 et 2023. ## Une proposition financière au cœur de l'audience Selon les informations rapportées par Midi Libre, trois des plaignantes auraient affirmé avoir reçu des propositions financières destinées à les dissuader de se présenter à la barre. La somme évoquée, vingt mille euros, aurait été avancée par l'entourage de l'accusé, une allégation qui, si elle était confirmée, pourrait constituer une tentative d'entrave à la justice. Cette révélation, intervenue en cours de procès, a visiblement marqué les débats, d'autant plus qu'elle touche directement à la sincérité des témoignages dans une affaire où la parole des victimes constitue le cœur du dossier. ## Six plaignantes, sept années de faits dénoncés L'accusé est poursuivi pour des faits qui se seraient déroulés sur une période de sept ans, entre 2016 et 2023. Les six jeunes femmes, qui ne se connaissaient pas, disent toutes l'avoir rencontré via Meetic, un site de rencontres amoureuses. Elles dénoncent des pratiques qu'elles qualifient de violentes et de dégradantes, survenues dans un contexte de relation présentée comme consentie au départ. La cour criminelle départementale de l'Hérault, juridiction créée pour juger les crimes punis de quinze à vingt ans de réclusion, examine depuis l'ouverture des débats la convergence de ces récits, un élément que la défense pourrait contester en invoquant l'absence de lien entre les plaignantes avant le procès. ## La question du consentement au centre des débats En effet, dans les affaires de viols dits « de rencontre », la qualification des faits repose souvent sur l'analyse du consentement, un point particulièrement délicat lorsque les relations ont été initiées sur des plateformes de mise en relation. La défense pourrait soutenir que les échanges préalables en ligne, les rendez-vous organisés et la durée des relations établies témoignent d'une adhésion initiale des plaignantes, tandis que l'accusation devrait démontrer que cette adhésion a été dépassée par des actes imposés. Selon des sources judiciaires, ce type de dossier mobilise fréquemment des expertises psychologiques et l'analyse des messages échangés sur les applications de rencontre. ## Un contexte de vigilance accrue sur les violences en ligne Par ailleurs, cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience collective concernant les violences commises via les applications de rencontre. Plusieurs plateformes ont renforcé, ces dernières années, leurs dispositifs de signalement et de vérification d'identité, sous la pression d'associations de victimes et de recommandations d'autorités publiques. Toutefois, ces mesures demeurent limitées face à des situations où la relation s'installe dans la durée avant que les violences n'apparaissent. Le procès d'Alexandre Karaa pourrait ainsi devenir un cas d'école pour les magistrats comme pour les plateformes, notamment sur la manière dont les signalements successifs de plusieurs femmes auraient pu, ou non, être détectés en amont. ## Une décision attendue et ses suites possibles Le verdict de la cour criminelle départementale de l'Hérault est attendu dans les prochains jours. Si la culpabilité de l'accusé était retenue sur l'ensemble des faits, la peine encourue pourrait atteindre plusieurs années de réclusion, la cour criminelle départementale pouvant prononcer jusqu'à vingt ans. Au-delà du sort de l'accusé, cette affaire pourrait également relancer le débat sur la protection des victimes de violences sexuelles au cours d'un procès, alors que la question de la pression exercée sur les témoins, y compris par des moyens financiers, reste rarement abordée dans les prétoires.