Vianney d’Alançon : «Tandis que le président déroule le tapis rouge aux investisseurs saoudiens, la culture française souffre»

Patrimoine contre parcs d’attractions : le cri d’alarme de Vianney d’Alançon L’annonce présidentielle de la création de trois parcs d’attractions en Île-de-Fran
Patrimoine contre parcs d’attractions : le cri d’alarme de Vianney d’Alançon
L’annonce présidentielle de la création de trois parcs d’attractions en Île-de-France, financés à hauteur de 6 milliards d’euros par l’Arabie saoudite, suscite un vif débat. Dans une tribune publiée par Le Figaro ce lundi 26 août 2026, Vianney d’Alançon, fondateur du parc de spectacles historiques Rocher Mistral, s’interroge sur la disparité de traitement entre ces investissements massifs et le sort réservé aux acteurs de la préservation du patrimoine français.
Des milliards pour le divertissement, des miettes pour l’histoire
Le contraste est saisissant. D’un côté, un projet pharaonique articulé autour de l’univers de Dragon Ball Z, promettant 22 000 emplois et trois sites près de Cergy-Pontoise. De l’autre, des entrepreneurs comme Vianney d’Alançon, qui portent depuis 2020 un projet « profondément français » : la sauvegarde du plus ancien château de Provence, celui de La Barben, ainsi que la forteresse de Saint-Vidal, tous deux classés Monuments historiques. Le créateur du Rocher Mistral déplore une « bienveillance de l’État » qui ne s’appliquerait pas également à ceux qui œuvrent pour faire revivre le patrimoine national.
Dans sa tribune, il précise ne « mépriser ni les mangas, ni les parcs de loisirs, ni l’investissement étranger », tout en appelant à la réussite de toute initiative créatrice d’activité. Mais la question centrale demeure : comment justifier un tel écart de traitement financier ? Les porteurs de projets patrimoniaux, souvent contraints de recourir au mécénat et à des financements privés complexes, ne bénéficient pas d’une telle manne étatique.
Une ingérence culturelle qui interroge
Au-delà de la question financière, Vianney d’Alançon soulève un point plus sensible : l’ingérence culturelle. Il s’interroge explicitement sur la position de la France face à cette influence saoudienne grandissante dans le paysage culturel et touristique hexagonal. Le terme « tapis rouge » utilisé dans son titre est évocateur d’une complaisance qu’il juge problématique, tandis que les acteurs locaux du patrimoine peinent à obtenir des soutiens à la hauteur de leurs ambitions.
Le président de l’association Avenir Culture et Patrimoine pointe ainsi une forme de paradoxe : alors que le gouvernement affiche régulièrement son attachement à la culture française, les moyens colossaux déployés pour des projets de divertissement inspirés de la pop culture japonaise contrastent avec la relative discrétion des aides publiques en faveur des sites historiques. Une situation qui, selon lui, mérite un débat de fond sur les priorités culturelles du pays.
Un appel à la refonte des priorités
Cette tribune intervient dans un contexte où la question de la souveraineté culturelle et de la préservation du patrimoine est régulièrement évoquée. Pour Vianney d’Alançon, il ne s’agit pas de s’opposer frontalement à l’investissement étranger, mais de réclamer une vision plus équilibrée et plus ambitieuse pour le patrimoine national. Les projets comme le sien, qui allient spectacle historique et conservation architecturale, incarnent selon lui une autre forme de création d’emplois et d’attractivité touristique, plus ancrée dans l’identité française.
La question posée par le fondateur du Rocher Mistral dépasse le simple cadre budgétaire. Elle interroge la définition même de ce que la France souhaite valoriser : une culture mondialisée et spectaculaire, ou un héritage historique unique qui nécessite des moyens à la hauteur de son importance ? Alors que les discussions sur le financement de ces parcs d’attractions se poursuivent, les acteurs du patrimoine, eux, attendent des réponses concrètes. L’équilibre entre ouverture aux investissements étrangers et défense des intérêts culturels nationaux reste, plus que jamais, au cœur des préoccupations.