Onyx Infos

Vers un tiers d'entités russes sanctionnées en plus par l'Union européenne cet automne? La cheffe de la diplomatie européenne veut renforcer les sanctions contre la Russie

Economie · · Par Julie MOREAU

Vers un tiers d'entités russes sanctionnées en plus par l'Union européenne cet automne? La cheffe de la diplomatie européenne veut renforcer les sanctions contre la Russie

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a annoncé lundi dans le quotidien allemand Die Welt son intention de proposer, dès cet automne, un nouveau t

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a annoncé lundi dans le quotidien allemand *Die Welt* son intention de proposer, dès cet automne, un nouveau train de sanctions « le plus ambitieux depuis le début de la guerre » contre la Russie. Selon elle, ces mesures augmenteraient « immédiatement d'un tiers » le nombre total d'entités russes sanctionnées par l'Union européenne. Une déclaration qui intervient alors que Bruxelles a déjà adopté 21 paquets de restrictions depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, ciblant près de 3.000 personnes et entités. ### Une hausse significative du nombre d'entités visées Dans l'édition du 17 août du journal *Die Welt*, Kaja Kallas a précisé que cette nouvelle liste, proposée pour l'automne, constituerait une étape inédite depuis le début du conflit. « Une fois adoptées, ces mesures augmenteraient immédiatement d'un tiers le nombre total d'entités russes sanctionnées », a-t-elle déclaré. Cette augmentation porterait le total des entités visées à environ 4.000, si l'on se base sur les chiffres actuels fournis par la Commission européenne. La diplomate estoniienne n'a pas détaillé les secteurs précis qui seraient concernés par cette extension, mais a insisté sur la nécessité de maintenir une pression constante sur Moscou. ### Un bilan chiffré de l'impact des sanctions La cheffe de la diplomatie européenne a également rappelé le coût économique déjà supporté par la Russie. « Les sanctions de l'UE ont déjà coûté très cher à la Russie, privant sa machine de guerre de plus de 1.000 milliards d'euros », a-t-elle assuré dans le même entretien. Ce chiffre, avancé par la responsable, vise à justifier la poursuite et l'intensification du régime de restrictions. Depuis février 2022, l'Union européenne a adopté 21 trains de sanctions successifs, allant des interdictions d'importation de pétrole et de charbon aux restrictions sur les technologies duales, en passant par le gel des avoirs de nombreuses personnalités et entités russes. Le dernier paquet en date, adopté fin juillet, illustre toutefois la complexité des négociations intra-européennes. ### Un compromis fragile sur le gaz naturel liquéfié Le 21e train de sanctions, fruit de plusieurs semaines de tractations, a dû être allégé par rapport à la proposition initiale de Bruxelles afin de lever les réticences de la Grèce concernant le gaz naturel liquéfié (GNL). Athènes plaidait pour que ses entreprises puissent continuer à transporter du GNL russe, à condition qu'il soit destiné à des clients en dehors de l'Europe. Un compromis a finalement été trouvé : ces transferts vers les pays tiers seront autorisés par dérogation pour les contrats conclus avant le 24 février 2022, date du début de l'invasion de l'Ukraine. Ce mécanisme complexe témoigne des équilibres délicats entre les États membres, dont les intérêts économiques divergent parfois sensiblement. Ce nouveau train prévoit également la prolongation pour un an du dispositif de plafonnement du prix du pétrole russe exporté, fixé à 44 dollars le baril. ### Un calendrier politique chargé L'annonce de Kaja Kallas intervient dans un contexte diplomatique tendu, où l'UE cherche à maintenir un front uni face à Moscou. La proposition d'élargir d'un tiers les entités sanctionnées, si elle était adoptée, marquerait une escalade significative dans la stratégie européenne. Toutefois, la mise en œuvre d'un tel paquet nécessitera l'unanimité des 27 États membres, un exercice qui s'est avéré de plus en plus difficile à mesure que les mesures se multiplient et touchent des secteurs économiques sensibles. Les prochaines semaines seront décisives pour transformer cette ambition en actes concrets, alors que la guerre en Ukraine entre dans son troisième hiver.