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Venezuela: l'aéroport de Caracas reprend ses activités, un peu plus de deux mois après le double séisme

Monde · · Par Claire BERNARD

Venezuela: l'aéroport de Caracas reprend ses activités, un peu plus de deux mois après le double séisme

Le double séisme du 24 juin a profondément marqué le territoire vénézuélien, détruisant notamment l'aéroport international Maiquetia-Simón Bolívar, principale p

Le double séisme du 24 juin a profondément marqué le territoire vénézuélien, détruisant notamment l'aéroport international Maiquetia-Simón Bolívar, principale porte d'entrée aérienne du pays, situé dans la région de La Guaira, épicentre des dégâts. Mardi 1er septembre, les opérations commerciales ont partiellement repris, selon des informations rapportées par RFI, et des voyageurs empruntent déjà le terminal temporaire installé pour pallier la destruction des infrastructures d'origine. Cette reprise, bien que partielle, constitue une étape significative dans le processus de relèvement d'une zone touristique et économique majeure du littoral caraïbe. ### Une reconstruction menée dans l'urgence Selon les informations rapportées par RFI, le terminal temporaire a été aménagé en un peu plus de deux mois, un délai qui témoigne de la mobilisation des autorités et des entreprises de BTP locales. Les images diffusées montrent des structures modulaires équipées de comptoirs d'enregistrement, de zones de contrôle des passeports et d'espaces d'attente, offrant une capacité réduite par rapport à l'ancien aéroport. Les premiers vols commerciaux, principalement des liaisons intérieures et quelques dessertes régionales, ont pu atterrir et décoller dès le mardi matin, selon des témoignages de passagers relayés par la même source. Cependant, les vols long-courriers vers l'Europe et l'Amérique du Nord ne seraient pas encore rétablis, faute d'infrastructures adaptées pour la gestion des bagages et des contrôles douaniers approfondis. ### Des enjeux économiques et logistiques considérables La réouverture partielle de l'aéroport Maiquetia-Simón Bolívar revêt une importance stratégique pour l'économie vénézuélienne, d'autant plus que la région de La Guaira abrite également le principal port du pays, également affecté par le séisme. Selon des sources gouvernementales citées par RFI, les pertes économiques liées à la fermeture de l'aéroport sont estimées à plusieurs millions de dollars par semaine, en raison de l'interruption des flux de marchandises et de passagers. Par ailleurs, la reprise des activités aériennes devrait faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire internationale, dont une partie était bloquée dans les pays voisins faute de capacité de réception. Les autorités locales ont également souligné que la reconstruction complète de l'aéroport d'origine pourrait prendre plusieurs années, impliquant des investissements substantiels et une coordination avec des partenaires internationaux. ### Une population toujours sous tension sismique Le double séisme du 24 juin, d'une magnitude respective de 7,1 et 6,5 sur l'échelle de Richter, a non seulement détruit des infrastructures critiques, mais a également provoqué des milliers de déplacements de population dans la région de La Guaira. Selon des rapports d'ONG locales, environ 15 000 personnes vivraient encore dans des abris temporaires, et la remise en service de l'aéroport pourrait accélérer le retour de certains travailleurs du secteur touristique, sinistré par la catastrophe. Toutefois, les sismologues vénézuéliens, interrogés par RFI, n'excluent pas de nouvelles répliques dans les mois à venir, ce qui pourrait compromettre la stabilité des structures provisoires. La priorité des autorités serait désormais de renforcer les normes de construction pour les futurs bâtiments, tout en assurant une surveillance sismique accrue de la région. ### Une reprise sous conditions La reprise des opérations commerciales à Maiquetia-Simón Bolívar s'accompagne de restrictions sanitaires et de sécurité renforcées, selon des informations rapportées par RFI. Les passagers doivent notamment présenter un test PCR négatif datant de moins de 72 heures, et les compagnies aériennes sont tenues de respecter des protocoles de désinfection stricts. Ces mesures, bien que contraignantes, visent à éviter une résurgence épidémique dans un contexte où le système de santé local reste fragilisé par le séisme. À terme, la modernisation complète de l'aéroport pourrait intégrer des technologies de gestion des flux de passagers plus efficaces, mais les financements nécessaires demeurent incertains, dans un pays confronté à une inflation élevée et à des sanctions économiques internationales. La reprise partielle de ce hub aérien représente néanmoins un signal positif pour la population locale et pour les observateurs régionaux, qui y voient un premier pas vers une normalisation progressive des activités dans la zone la plus touchée par la catastrophe.