Valérie Pécresse veut faire rouler une centaine de navettes autonomes d'ici 2030, accessibles avec le pass Navigo

## Île-de-France : une centaine de navettes autonomes en circulation d'ici 2030 Île-de-France Mobilités (IDFM) a présenté jeudi ses objectifs de développement d
## Île-de-France : une centaine de navettes autonomes en circulation d'ici 2030
Île-de-France Mobilités (IDFM) a présenté jeudi ses objectifs de développement du transport collectif autonome dans la région capitale. L'ambition affichée par Valérie Pécresse, présidente d'IDFM et de la région Île-de-France, est de faire circuler une centaine de minibus sans chauffeur sur les routes franciliennes à horizon 2030, accessibles avec le pass Navigo. Le projet, encore au stade de la définition des critères techniques, prévoit un budget de 20 millions d'euros par an pendant la phase de déploiement.
## Un calendrier progressif jusqu'en 2030
Selon les informations de BFM Business, l'appel d'offres destiné à sélectionner les minibus, les logiciels de conduite et les systèmes autonomes doit être lancé en 2027. L'arrivée de la première navette autonome de transport collectif à la demande est programmée en 2028 sur le territoire de Paris-Saclay, Versailles Grand Parc ou Saint-Quentin-en-Yvelines, au sud-ouest de Paris. Cette zone concentre de nombreux établissements d'enseignement supérieur et de recherche, ce qui en ferait un terrain d'expérimentation privilégié. L'objectif affiché est d'atteindre une vingtaine de robonavettes en circulation fin 2029, avant une généralisation du service à horizon 2030 avec plus de 100 véhicules.
## Des navettes testées gratuitement depuis Austerlitz
Les navettes autonomes actuellement testées par la RATP jusqu'au mois d'avril sont accessibles gratuitement et relient la gare d'Austerlitz à la gare de Lyon. Ces minibus autonomes d'une douzaine de places permettraient par exemple d'améliorer la desserte de zones peu desservies, aux heures creuses ou en horaires décalés, a expliqué Valérie Pécresse. L'intégration de ces robonavettes dans l'abonnement Navigo constitue un axe central du projet, tout comme leur déploiement prioritaire sur les plages horaires où l'offre de transport classique est la plus faible.
## Structurer une filière industrielle française
À travers ce projet, IDFM voudrait structurer une véritable filière industrielle, avec des navettes de transport collectif fabriquées en série. « Notre ambition, c'est vraiment de devenir la référence des transports collectifs autonomes dans le monde », a déclaré Valérie Pécresse lors d'une conférence de presse. « Pour nous, l'objectif c'est de développer une filière de transport public autonome afin de transporter le plus de monde possible et de réduire la congestion du trafic », a-t-elle ajouté. La question du modèle industriel reste toutefois entière : la fabrication en série de ces véhicules suppose des volumes de commandes suffisants pour intéresser les constructeurs, alors que le marché mondial des navettes autonomes demeure encore embryonnaire.
## Des interrogations persistantes
Plusieurs points restent en suspens. Le choix des territoires pilotes n'est pas encore arbitré entre Paris-Saclay, Versailles Grand Parc et Saint-Quentin-en-Yvelines. La question de la sécurité et de l'homologation de ces véhicules sur voirie ouverte n'est pas détaillée dans les objectifs présentés. Enfin, le coût réel du service pour les finances régionales, au-delà des 20 millions d'euros annuels annoncés, dépendra du rythme effectif de déploiement et du prix unitaire des navettes, deux paramètres qui ne seront connus qu'après l'appel d'offres de 2027.
Le projet s'inscrit dans une compétition internationale où plusieurs métropoles testent déjà des services similaires. Pour IDFM, l'enjeu consiste désormais à transformer une phase d'expérimentation gratuite en un service commercial intégré au réseau existant, sans dégrader la qualité de desserte des lignes classiques.