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Usage de la force, corruption, personnes tuées en opération… Ce que révèle le dernier bilan annuel de la police des polices

Une · · Par Claire BERNARD

Usage de la force, corruption, personnes tuées en opération… Ce que révèle le dernier bilan annuel de la police des polices

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), communément appelée « police des polices », a rendu public mercredi son rapport annuel d'activité. Long de

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), communément appelée « police des polices », a rendu public mercredi son rapport annuel d'activité. Long de près de 180 pages, ce document, révélé par Le Figaro dans un décryptage signé Christophe Cornevin, dresse un état des lieux détaillé des manquements reprochés aux forces de l'ordre et de leur traitement disciplinaire. Il intervient dans un contexte particulièrement tendu, moins d'une semaine après une manifestation violente contre la proposition de loi relative à la présomption d'usage légitime des armes par les policiers, un texte qualifié de « permis de tuer » par ses détracteurs, notamment à La France insoumise. ## Une baisse de 40 % des affaires liées à l'usage de la violence Selon les données compilées dans ce bilan annuel, les affaires liées à l'usage de la violence par des agents auraient chuté de 40 % sur une période de cinq ans. Cette tendance à la baisse constituerait, d'après la lecture qu'en fait Le Figaro, un élément de nature à relativiser la représentation d'une police se livrant à des violences arbitraires et généralisées. Le quotidien souligne en effet que la France ne correspondrait pas au « Far West » dépeint par certains courants politiques, où les fonctionnaires pourraient frapper les délinquants sans conséquence et dégainer à tout propos. ## Corruption et personnes tuées en opération Au-delà des seules questions de violence, le rapport aborderait également des dossiers relevant de la probité des agents, notamment des faits de corruption, ainsi que des situations où des personnes ont été tuées lors d'opérations de police. Ces catégories de signalements, plus sensibles, viendraient compléter le panorama des saisines traitées par l'IGPN. Le document ne se limiterait donc pas à un seul volet, mais embrasserait l'ensemble des manquements susceptibles d'être reprochés aux fonctionnaires dans l'exercice de leurs missions. ## Une institution au cœur des débats politiques Ce bilan intervient à un moment où l'action des forces de l'ordre fait l'objet d'un vif débat public. La proposition de loi sur la présomption d'usage légitime des armes, portée par une partie de la majorité, cristallise les tensions entre partisans d'un cadre juridique plus protecteur pour les policiers et opposants qui y voient un affaiblissement des garanties pour les citoyens. Dans ce climat, la publication des chiffres de l'IGPN pourrait être mobilisée par les différents camps, les uns y trouvant la confirmation d'une pratique maîtrisée de la force, les autres soulignant que toute baisse statistique ne saurait effacer la gravité des cas signalés. Le rapport souligne par ailleurs que les agents exercent leurs missions en première ligne face à une délinquance qui demeure préoccupante, ce qui constituerait un facteur explicatif du recours à la force dans certaines situations. Cette mise en perspective vise à replacer les chiffres dans un contexte opérationnel où les interventions à risque restent fréquentes. ## Une publication qui ne clôt pas le débat Si le document met en avant une diminution des affaires de violence sur cinq ans, il ne permet pas, à lui seul, de trancher les controverses en cours. Les données relatives à la corruption et aux décès survenus en opération pourraient, quant à elles, nourrir des interrogations sur les dispositifs de contrôle et de sanction. La publication de ce bilan devrait donc alimenter les discussions à venir, tant au Parlement que dans l'espace public, sur l'équilibre entre protection des agents et garanties pour les citoyens.