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"Une vraie colère des entrepreneurs": 96% des chefs de très petites entreprises se disent pessimistes, 71% voient une diminution de leur marge nette

Economie · · Par Julie MOREAU

## Le moral des très petites entreprises s'effondre : 96 % de dirigeants pessimistes Le pessimisme gagne du terrain dans les rangs des très petites entreprises

## Le moral des très petites entreprises s'effondre : 96 % de dirigeants pessimistes Le pessimisme gagne du terrain dans les rangs des très petites entreprises françaises. Selon le baromètre trimestriel du Syndicat des indépendants (SDI), publié mardi et relayé par BFM Business, 96 % des chefs de très petites entreprises se déclarent pessimistes quant à l'évolution de la situation économique du pays. Un niveau record qui traduit, selon l'organisation patronale, une défiance profonde et durable. ## Une dégradation généralisée de l'activité Les chiffres du baromètre dessinent une situation préoccupante. Au troisième trimestre, 61 % des dirigeants interrogés constatent une baisse de leur chiffre d'affaires, tandis que 71 % observent une diminution de leur marge nette. La trésorerie n'est pas épargnée : 66 % des chefs d'entreprise signalent une contraction de leurs liquidités. Ces trois indicateurs convergent et confirment une érosion de la santé financière des structures les plus fragiles du tissu économique français. Pour Marc Sanchez, secrétaire général du SDI, cité par l'AFP, cette situation dépasse le cadre conjoncturel : « Depuis presque deux ans, on n'est plus dans une crise conjoncturelle », affirme-t-il. Il pointe l'accumulation ininterrompue des difficultés — crise énergétique, baisse de la consommation, instabilité politique — qui a durablement affecté la confiance des entrepreneurs. ## Une crise de confiance massive Le pessimisme s'accompagne d'une défiance profonde à l'égard de la situation nationale. Selon l'enquête, 98 % des personnes interrogées estiment que la France traverse une crise économique, et 93 % d'entre elles pensent que cette crise va durer. Ce diagnostic partagé alimente une « crise de confiance massive » qui pèse sur les décisions d'investissement et de recrutement des petites structures. Le coût du travail s'impose comme la principale préoccupation des dirigeants. Pour 67 % d'entre eux, sa baisse constitue une priorité. Or, le SDI estime que le budget 2027, présenté jeudi, « est en totale contradiction avec les impératifs de survie exprimés », en pesant à hauteur de 6,6 milliards d'euros sur les allègements de cotisations patronales. ## Une colère qui monte Selon Marc Sanchez, cette situation nourrit une « vraie colère des entrepreneurs ». Un sentiment d'autant plus vif que 51 % des chefs de très petites entreprises déclarent percevoir une rémunération inférieure au Smic. Cette réalité économique alimente un ressentiment croissant à l'égard des décisions publiques. À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, le secrétaire général du SDI regrette que les prises de position de certains candidats, pourtant favorables aux petites entreprises, « ne soient construites » sur des mesures concrètes et applicables. Le baromètre du SDI, par sa régularité trimestrielle, constitue un indicateur suivi de la santé des TPE françaises, dont la fragilité s'accentue depuis près de deux ans. La question du coût du travail et des allègements de cotisations patronales s'annonce comme un enjeu central des prochains débats budgétaires et de la campagne présidentielle à venir.