«Une question de sécurité collective» : en Anjou, Édouard Philippe plaide pour une écologie «régalienne»

Édouard Philippe défend une écologie « régalienne » lors d'un déplacement en Anjou En déplacement jeudi 17 septembre dans le Maine-et-Loire, le candidat d'Horiz
Édouard Philippe défend une écologie « régalienne » lors d'un déplacement en Anjou
En déplacement jeudi 17 septembre dans le Maine-et-Loire, le candidat d'Horizons à l'élection présidentielle a présenté son plan d'adaptation de la France au changement climatique, articulant son propos autour d'une notion qu'il entend imposer dans le débat : celle d'une écologie « régalienne », placée sous le signe de la « sécurité collective ». Selon les informations rapportées par Le Figaro, cette visite s'est déroulée à Corzé et aux Ponts-de-Cé, où l'ancien Premier ministre a multiplié les échanges avec des exploitants agricoles.
Un discours présenté comme « fondateur »
L'entourage du maire du Havre qualifie cette intervention de « discours fondateur », selon les éléments relayés par Le Figaro. Édouard Philippe a choisi le cadre des vergers de Souzay, à Corzé, pour illustrer concrètement les effets du dérèglement climatique. Aux côtés de l'exploitant Albert Richard, les discussions ont porté sur la sécheresse récente, les moyens de stocker l'eau et la baisse des rendements agricoles. « On perd de la richesse », a-t-il déclaré, imputant cette situation à une « nouvelle réalité climatique ». Le candidat a également repris la formule « Mangez des pommes ! », chère à Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995, un clin d'œil qui semble inscrire son propos dans une filiation politique assumée.
Un positionnement critique face au RN et à LFI
Selon Le Figaro, Édouard Philippe a explicitement critiqué ce qu'il désigne comme le « déni » du Rassemblement national et le « dogme » de La France insoumise sur les questions climatiques. Cette double mise en cause pourrait lui permettre de se positionner au centre de l'échiquier politique sur un sujet souvent clivant. En effet, la stratégie consistant à qualifier l'écologie de « régalienne » — c'est-à-dire relevant des fonctions souveraines de l'État — semble viser à déplacer le traitement du climat du registre idéologique vers celui de la gestion publique et de la sécurité des populations.
Des propositions concrètes sur les moyens de l'État
Parmi les mesures avancées, le candidat d'Horizons appelle à « construire en France des Canadairs français », un enjeu qui renvoie directement à la lutte contre les incendies de forêt, notamment dans le sud du pays. Il propose également la mise en place d'un « service national » de type environnemental. Ces deux propositions, si elles étaient appliquées, pourraient impliquer des arbitrages budgétaires et industriels importants, d'autant plus que la question de la souveraineté capacitaire en matière de secours aériens revient régulièrement dans le débat public.
Toutefois, le contenu détaillé du plan d'adaptation reste, à ce stade, partiellement connu. Les implications concrètes de cette « écologie régalienne » — notamment sur le financement, la gouvernance territoriale ou l'articulation avec les compétences des collectivités — devraient être précisées dans les semaines à venir. La portée politique de cette prise de position, dans un contexte de pré-campagne présidentielle, pourrait dépendre de la manière dont les autres formations s'empareront de cette thématique.