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Une majorité de patrons français appréhende la politique économique du prochain président, selon une étude du Medef

Une · · Par Claire BERNARD

Une majorité de patrons français appréhende la politique économique du prochain président, selon une étude du Medef

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le climat économique français se teinte d’un pessimisme marqué chez les dirigeants d’entreprise. Selon une va

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le climat économique français se teinte d’un pessimisme marqué chez les dirigeants d’entreprise. Selon une vaste étude publiée mardi par le Medef, et rapportée par Le Figaro, 82% des chefs d’entreprise se déclarent pessimistes quant aux effets de la politique économique du prochain président de la République sur leur activité. Cette enquête, menée auprès de 65.872 dirigeants entre le 15 avril et le 15 juillet, intervient à la veille de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) à Roland-Garros. ## Un pessimisme économique largement partagé L’étude du Medef, première organisation patronale française, dresse un constat sans appel : seuls 17% des dirigeants interrogés se disent optimistes, dont 2% très optimistes, face aux effets de la future politique économique. À l’inverse, 82% se déclarent pessimistes, avec une proportion notable de 29% se disant « très pessimistes ». Cette enquête, qui ne cite aucun nom de candidat, reflète une appréhension profonde du monde entrepreneurial à l’égard des orientations économiques qui pourraient être prises à partir de 2027. Le pessimisme ne se limite pas à la politique nationale. En effet, les dirigeants français se montrent encore plus réservés concernant l’Union européenne : seulement 11% se disent optimistes quant aux effets de l’UE sur leur entreprise dans les prochaines années, tandis que 58% se déclarent pessimistes et 31% sans opinion. Ce scepticisme européen s’ajoute à une défiance globale envers les perspectives économiques, dans un contexte où la fiscalité, la bureaucratie et la dette publique figurent parmi les principales préoccupations. ## Des craintes fiscales et réglementaires prédominantes Les chefs d’entreprise redoutent particulièrement les mesures économiques qui pourraient être adoptées après 2027. Selon l’étude, 85% des dirigeants craignent une augmentation de la fiscalité, un chiffre qui témoigne d’une inquiétude majeure face au poids des prélèvements obligatoires. Cette appréhension s’inscrit dans un contexte budgétaire contraint, où la question de la réduction de la dette publique et des déficits constitue un enjeu central des débats électoraux. La bureaucratie administrative représente également une source de préoccupation significative pour les entrepreneurs français. Cette défiance envers les charges administratives et réglementaires s’ajoute aux craintes fiscales pour dessiner un tableau d’ensemble marqué par l’incertitude. Le climat général semble ainsi pénaliser la confiance des dirigeants dans leur capacité à anticiper et à investir, dans un environnement économique déjà fragilisé par les tensions budgétaires et les évolutions réglementaires européennes. ## Un rendez-vous électoral décisif à Roland-Garros Cette étude paraît à un moment stratégique, à la veille de la REF organisée par le Medef à Roland-Garros. Le point d’orgue de cette rencontre sera un débat économique entre sept candidats, prévu jeudi, réunissant Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier. Ce débat constitue une occasion unique pour les dirigeants d’entreprise de confronter les programmes économiques des principaux prétendants à l’Élysée. Le timing de cette publication n’est probablement pas anodin : elle vise à placer la question économique au cœur de la campagne présidentielle naissante. Les résultats de cette enquête pourraient ainsi influencer les échanges entre candidats, d’autant plus que les préoccupations exprimées par les chefs d’entreprise – fiscalité, bureaucratie, dette publique – correspondent aux thèmes qui structureront vraisemblablement le débat économique des prochains mois. La capacité des candidats à répondre à ces inquiétudes sera déterminante pour convaincre un électorat entrepreneurial particulièrement attentif aux signaux économiques. ## Perspectives et enjeux pour l’économie française Les résultats de cette étude du Medef soulèvent des questions fondamentales sur la trajectoire économique française. Le pessimisme exprimé par une majorité écrasante de dirigeants pourrait avoir des conséquences concrètes sur l’investissement, l’emploi et la compétitivité des entreprises françaises. Dans un environnement marqué par la persistance de l’inflation et les tensions budgétaires, la confiance des acteurs économiques apparaît comme un levier essentiel pour soutenir la croissance. Toutefois, il convient de nuancer ces résultats : l’enquête reflète un état d’esprit à un instant donné, et les programmes des candidats, une fois précisés, pourraient modifier la perception des entrepreneurs. Le débat de jeudi à Roland-Garros constituera un premier test décisif pour jauger la capacité des prétendants à rassurer le monde économique. L’enjeu dépasse la seule question électorale : il s’agit de déterminer si la France parviendra à créer un climat de confiance propice à l’investissement et à la création d’emplois, dans un contexte européen et international incertain.