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Une louve meurt après s’être attaquée à un troupeau : des éleveurs alpins demandent "des comptes" à l’État qui l’avait relâchée il y a quelques mois

Une · · Par Claire BERNARD

Une louve meurt après s’être attaquée à un troupeau : des éleveurs alpins demandent

Une louve meurt après s’être attaquée à un troupeau : des éleveurs alpins demandent "des comptes" à l’État qui l’avait relâchée il y a quelques mois Dans la nui

Une louve meurt après s’être attaquée à un troupeau : des éleveurs alpins demandent "des comptes" à l’État qui l’avait relâchée il y a quelques mois

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, une louve a été abattue à la Bréole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, après s’être attaquée à un troupeau ovin. Selon des informations rapportées par Midi Libre, cet animal avait pourtant été capturé vivant en mai dernier, avant d’être relâché par les services de l’État, suscitant aujourd’hui la colère des éleveurs locaux qui réclament "des comptes".

Un tir de défense et un passé récent

L’incident s’est produit sur une exploitation située sur la commune de La Bréole, dans la zone pastorale des Alpes-de-Haute-Provence. La louve, qui s’en était prise à un troupeau de moutons, a été tuée lors d’un "tir de défense", une procédure autorisée pour protéger les troupeaux contre les attaques de prédateurs. Ce qui rend cette affaire particulièrement controversée, c’est le parcours récent de l’animal : celui-ci avait été capturé vivant par un piège à renard en mai dernier, puis relâché dans son milieu naturel après une intervention des agents de l’Office français de la biodiversité (OFB). D’après des sources proches du dossier, la décision de relâcher la louve avait été prise après une évaluation sanitaire et comportementale jugée favorable. Cependant, les éleveurs estiment aujourd’hui que cette décision était une erreur, l’animal ayant récidivé quelques semaines plus tard.

"On nous avait promis qu’elle ne poserait plus de problème"

Les éleveurs de la région, représentés par la Fédération nationale ovine (FNO), expriment leur exaspération. "On nous avait promis qu’elle ne poserait plus de problème", a déclaré un éleveur local cité par Midi Libre. "Aujourd’hui, on demande des comptes à l’État qui a choisi de la relâcher plutôt que de la placer dans un parc ou de l’euthanasier." Selon des données compilées par la Direction départementale des territoires (DDT), les attaques de loups dans les Alpes-de-Haute-Provence ont augmenté de 15 % en un an, avec plus de 200 têtes de bétail perdues sur le seul premier semestre 2023. Cette situation alimente un débat ancien sur la gestion du loup en France, où le Plan national d’actions (PNA) sur le loup et les activités d’élevage, en vigueur depuis 2018, prévoit des tirs de défense mais aussi des mesures de protection comme les chiens Patou ou les clôtures électrifiées. Le cas de cette louve relâchée illustre, selon les critiques, les limites d’une politique qui privilégie la conservation de l’espèce au détriment de la sécurité des exploitations.

Une gestion contestée et des précédents

Le relâcher d’un prédateur après capture n’est pas un cas isolé. Selon un rapport de l’OFB consulté par la rédaction, plusieurs loups ont été relâchés ces dernières années dans les Alpes après des captures accidentelles ou programmées, souvent après avoir été équipés de colliers GPS pour le suivi scientifique. Cependant, les éleveurs dénoncent un manque de transparence et une évaluation insuffisante des risques. "L’État doit assumer ses choix", a ajouté un représentant de la FNO. "Si un animal est capturé vivant et qu’on décide de le relâcher, il doit être suivi et, en cas de récidive, retiré définitivement du territoire." La question se pose d’autant plus que la population lupine en France est estimée à environ 580 individus en 2023, selon les données du Réseau Loup-Lynx, un chiffre en hausse constante depuis les années 1990. Les tirs de défense, bien que réglementés, sont souvent perçus comme une solution d’urgence insuffisante face à une prédation chronique.

Vers une remise en cause des pratiques ?

Cet incident relance les appels à une révision des protocoles de gestion du loup en France. Plusieurs syndicats agricoles, dont la Coordination rurale, ont demandé une réunion urgente avec le ministère de la Transition écologique pour clarifier les critères de relâcher des animaux capturés. "On ne peut pas continuer à jouer avec le feu", a conclu un éleveur interrogé par Midi Libre. "Chaque fois qu’on relâche un loup, on met en danger nos troupeaux et notre travail." De son côté, l’OFB a indiqué qu’une enquête interne était en cours pour déterminer les circonstances exactes de la capture et du relâcher, sans pour autant confirmer si des sanctions pourraient être prises. La question de la cohabitation entre l’homme et le loup, déjà au cœur de tensions dans plusieurs massifs alpins, pourrait connaître de nouveaux développements dans les semaines à venir, notamment à l’approche de la saison d’estive où les troupeaux montent en alpage.