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«Une guerre commerciale serait une erreur» : la Chine met en garde l’Europe, mais redoute une escalade

Une · · Par Claire BERNARD

«Une guerre commerciale serait une erreur» : la Chine met en garde l’Europe, mais redoute une escalade

## La Chine met en garde l’Europe contre une guerre commerciale À la veille de l’arrivée à Pékin de Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, la Chine a

## La Chine met en garde l’Europe contre une guerre commerciale À la veille de l’arrivée à Pékin de Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, la Chine a adressé un avertissement explicite à l’Union européenne. Selon des informations rapportées par Le Figaro, le ministère chinois du Commerce a ouvert, le 3 octobre 2026, une enquête antidumping visant les importations européennes de paranitrotoluène, un produit chimique. Cette procédure, engagée avant même l’atterrissage du responsable européen, pourrait déboucher sur des mesures de rétorsion ciblant l’industrie chimique du Vieux Continent. ## Un avertissement avant la visite de Sefcovic La séquence est éloquente. Maros Sefcovic, en mission officielle à Pékin les 7 et 8 octobre 2026, devait tenter de prévenir une escalade commerciale entre Bruxelles et la deuxième puissance mondiale. Mais le ministère chinois du Commerce a choisi d’agir en amont, ouvrant une enquête antidumping sur le paranitrotoluène, produit accusé d’inonder le marché chinois à des prix cassés et de porter préjudice aux industriels locaux. Selon une note récente de Laurent Malvezin, chercheur à l’Institut Thomas More, citée par Le Figaro, il s’agit d’un « avertissement politique pour dissuader l’Europe ». Une manière, pour Pékin, de brandir l’étendard du libre-échange tout en jouant sur les divisions internes aux Vingt-Sept. ## L’Allemagne en première ligne Les conséquences potentielles de cette procédure dépassent le seul cadre du paranitrotoluène. L’industrie chimique européenne, dont l’Allemagne constitue la locomotive, serait directement exposée à d’éventuelles mesures de rétorsion. Cette configuration n’est pas anodine : Berlin, traditionnellement prudent face aux tensions commerciales avec Pékin, pourrait se retrouver en porte-à-faux au sein d’une Union européenne tentée par un raidissement. En effet, la Chine mise sur ces fractures pour prévenir une réponse coordonnée des Vingt-Sept, alors que le marché européen demeure essentiel à ses exportations. D’après des sources gouvernementales citées par Le Figaro, Pékin appelle parallèlement au « dialogue », une posture qui contraste avec la fermeté affichée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. ## Une escalade redoutée de part et d’autre Si la Chine multiplie les mises en garde, elle redouterait elle aussi une escalade. Selon l’analyse du Figaro, Pékin chercherait à éviter un raidissement durable d’un partenaire commercial incontournable, tout en affichant une fermeté destinée à ses propres industriels. Cette ambivalence pourrait expliquer le double langage observé : ouverture au dialogue d’un côté, enquête antidumping de l’autre. Toutefois, la multiplication de ces procédures pourrait enclencher une dynamique de représailles croisées difficile à enrayer. Par ailleurs, l’issue de la visite de Maros Sefcovic, dont le déroulé n’a pas été détaillé, semblerait déterminante pour la suite des relations commerciales entre Bruxelles et Pékin. ## Un précédent dans les tensions sino-européennes Cette séquence s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre l’Union européenne et la Chine, notamment autour des échanges industriels et des subventions publiques. L’enquête antidumping sur le paranitrotoluène rappelle des précédents similaires visant des secteurs stratégiques européens. D’après des sources gouvernementales, la Chine pourrait élargir le spectre de ces procédures si les négociations n’aboutissent pas. Le caractère réservé aux abonnés de l’article du Figaro souligne également la sensibilité du dossier. En définitive, les prochains jours diront si la voie du dialogue l’emporte sur la logique de représailles, alors que les deux blocs mesurent le coût potentiel d’une rupture commerciale.