Une entreprise russe sur trois déficitaire, pas de prime à Noël pour les salariés, moins d'1% de croissance... Étouffée par des taux d'intérêt à 20%, la Russie touche aux limites d'une économie de guerre

L'économie russe montre des signes d'essoufflement de plus en plus marqués. Selon les dernières données de Rosstat, le service fédéral des statistiques, plus d'
L'économie russe montre des signes d'essoufflement de plus en plus marqués. Selon les dernières données de Rosstat, le service fédéral des statistiques, plus d'une entreprise russe sur trois est désormais déficitaire. Une situation qui s'explique par des taux d'intérêt maintenus autour de 20%, des hausses d'impôts et une demande en berne, dans un contexte d'économie de guerre qui semble atteindre ses limites.
## Un tiers des entreprises dans le rouge
Entre janvier et juillet 2026, 33% des grandes et moyennes entreprises suivies par Rosstat étaient déficitaires, rapporte BFM Business. Ce chiffre est en hausse de deux points par rapport à l'année précédente. Et les entreprises qui parviennent encore à dégager des bénéfices gagnent moins d'argent qu'auparavant : au total, les bénéfices cumulés des entreprises russes ont chuté de 16% sur un an.
Cette dégradation ne semble pas encore avoir atteint son point le plus bas. « Nous ne pouvons pas encore dire que nous avons atteint le point le plus bas », a déclaré Vladimir Potanin, principal actionnaire de la plus grande société minière du pays, lors d'une récente interview. Un avertissement qui pèse sur les perspectives de redressement à court terme.
## La contagion gagne l'ensemble des secteurs
Les difficultés ont tendance à se diffuser au sein de l'économie russe. Le nombre de secteurs d'activité déficitaires a été multiplié par presque quatre cette année, passant de trois à onze, selon le média russe Izvestia, qui s'appuie sur les chiffres de Rosstat. La métallurgie, le travail du bois, l'extraction de minéraux, la construction automobile, les loisirs ou encore les assurances sont désormais considérés comme des secteurs non-rentables.
Le pétrole et le gaz conservent toutefois une position plus favorable et gardent la tête hors de l'eau, selon la même source. Mais cette résilience partielle ne suffit pas à compenser l'élargissement des pertes dans le reste de l'appareil productif.
## Les salariés directement touchés
Pour les salariés russes, ces difficultés auront bientôt des conséquences très concrètes. Beaucoup d'entre eux ne recevront pas la prime de fin d'année qui fait normalement partie de leur rémunération classique. Près de la moitié des entreprises russes ne comptent pas en verser, selon une étude du cabinet d'expertise comptable Aktion Bukhgalteriya, relayée par la version russe de Forbes.
Ce recul du pouvoir d'achat risque d'aggraver la demande en berne déjà observée, créant un cercle vicieux pour les entreprises qui comptaient sur la consommation intérieure pour soutenir leur activité.
## Un modèle sous tension
La combinaison de taux d'intérêt à 20%, de hausses d'impôts et d'une demande affaiblie place l'économie russe face à un dilemme. Le financement de l'effort de guerre a soutenu l'activité ces dernières années, mais il pèse désormais sur le secteur privé, freiné par des coûts d'emprunt prohibitifs.
Selon les données relayées par BFM Business, la croissance devrait rester sous la barre de 1%. Une perspective qui confirme que le modèle d'économie de guerre, longtemps présenté comme une source de dynamisme, touche désormais à ses limites. Reste à savoir si les autorités russes choisiront d'assouplir leur politique monétaire pour soutenir les entreprises, au risque de raviver l'inflation.