"Une énorme puissance de calcul": sept gigafactories dédiées à l'IA vont sortir de terre en Europe, financées à hauteur de 10 milliards d'euros par l'UE

# L’Europe lance un vaste plan d’investissement de 10 milliards d’euros pour sept gigafactories d’intelligence artificielle L’Union européenne a dévoilé ce jeud
# L’Europe lance un vaste plan d’investissement de 10 milliards d’euros pour sept gigafactories d’intelligence artificielle
L’Union européenne a dévoilé ce jeudi un projet ambitieux visant à financer la création de sept gigafactories dédiées à l’intelligence artificielle (IA) sur son territoire, pour un montant total de 10 milliards d’euros mobilisés via des fonds européens et nationaux. Cette initiative, rapportée par BFM Business, entend combler le retard technologique du Vieux Continent face aux États-Unis et à la Chine, en misant sur une infrastructure de calcul massive et performante.
## Un investissement public doublé par des fonds privés
Selon le communiqué de la Commission européenne, ces sept gigafactories d’IA bénéficieront d’un financement public de 10 milliards d’euros, mais l’exécutif européen espère attirer au moins 20 milliards d’euros supplémentaires d’investissements privés. Le nombre initial de cinq sites a été porté à sept en raison du vif intérêt manifesté par les États membres. Ces infrastructures combineront des processeurs d’IA de pointe, des logiciels et technologies cloud, une connectivité à haut débit, ainsi que des centres de données économes en énergie.
## Un réseau de 19 usines d’IA pour renforcer l’autonomie stratégique
La Commission a précisé que ces gigafactories s’intégreront dans un réseau européen plus large, comprenant déjà 19 usines d’IA. “Avec ce réseau, ils renforceront le leadership technologique, la résilience et l’autonomie stratégique de l’Europe”, a-t-elle fait valoir dans son communiqué. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la Souveraineté technologique, a souligné que “l’accès à l’énorme puissance de calcul au sein des gigafactories d’IA est une nécessité stratégique pour l’Europe à mesure que le développement de l’IA s’accélère”.
## Un appel d’offres ouvert jusqu’au 12 novembre
La procédure d’appel d’offres, lancée jeudi, est ouverte aux consortiums ou entités ad hoc composés de fournisseurs de technologies, de prestataires de services cloud, d’entités publiques et d’investisseurs. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 12 novembre. La Commission prévoit d’annoncer les lauréats dans les mois suivants, avec un objectif de mise en service progressive à partir de 2026.
## Un enjeu de souveraineté technologique
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de course mondiale à la puissance de calcul, où les États-Unis et la Chine dominent largement le secteur. L’Europe, qui accuse un retard significatif dans le déploiement d’infrastructures de calcul dédiées à l’IA, cherche à rattraper son retard en mutualisant les efforts publics et privés. Les gigafactories devraient permettre de former des modèles d’IA de grande envergure, de développer des applications industrielles et de renforcer la compétitivité des entreprises européennes.
## Des perspectives économiques et technologiques
Au-delà de l’aspect stratégique, ce plan pourrait générer des retombées économiques significatives. Les 20 milliards d’euros d’investissements privés attendus devraient stimuler la création d’emplois hautement qualifiés, notamment dans les secteurs de la conception de puces, du cloud computing et de la recherche en IA. Les centres de données économes en énergie constituent également un axe clé, alors que l’empreinte carbone du numérique devient une préoccupation croissante.
## Conclusion
Avec ce plan de 10 milliards d’euros, l’Union européenne affiche une volonté claire de se positionner comme un acteur majeur de l’IA, en misant sur une infrastructure de calcul massive et mutualisée. Reste à savoir si les appels d’offres, clos le 12 novembre, parviendront à attirer les investissements privés nécessaires pour concrétiser cette ambition. L’Europe joue là une carte décisive pour sa souveraineté technologique face à la concurrence américaine et chinoise.