Onyx Infos

Une croissance modeste de 0,2 % du PIB au troisième trimestre: malgré les prévisions optimistes, la Banque de France reste vigilante avec les futures vagues de chaleur qui pèsent sur l'économie

Economie · · Par Julie MOREAU

Une croissance modeste de 0,2 % du PIB au troisième trimestre: malgré les prévisions optimistes, la Banque de France reste vigilante avec les futures vagues de chaleur qui pèsent sur l'économie

La Banque de France table sur une croissance de 0,2 % du produit intérieur brut (PIB) français au troisième trimestre, une prévision portée par le dynamisme des

La Banque de France table sur une croissance de 0,2 % du produit intérieur brut (PIB) français au troisième trimestre, une prévision portée par le dynamisme des services marchands mais assortie d'une "incertitude importante". L'institution monétaire pointe notamment le risque que de nouvelles vagues de chaleur, dans un contexte de sécheresse aggravée, viennent peser sur l'activité économique. ### Une prévision supérieure à celle de l'Insee Selon l'enquête publiée mardi par la Banque de France, le PIB progresserait entre juillet et septembre au même rythme qu'au deuxième trimestre, soit 0,2 %. Cette estimation s'avère légèrement plus optimiste que la plus récente projection de l'Insee, diffusée en juin, qui anticipait une croissance de 0,1 % sur la même période. La banque centrale nuance toutefois ce chiffre en soulignant qu'il reste "sujet à une incertitude importante". Plusieurs facteurs pourraient en effet remettre en cause cette trajectoire, à commencer par l'éventualité de nouvelles vagues de chaleur. La sécheresse continue de s'aggraver sur le territoire, et deux tiers des nappes phréatiques présentaient des niveaux sous les normales début août, selon les données disponibles. L'institution mentionne également la situation géopolitique au Moyen-Orient ainsi que le manque de données économiques consolidées à mi-trimestre. ### Une industrie qui ralentit malgré des secteurs porteurs L'enquête, qui s'appuie sur les réponses de 8 500 chefs d'entreprise, fait état d'une progression de l'activité industrielle en juillet, mais à un rythme ralenti et inférieur aux attentes des professionnels. Certains secteurs connaissent des difficultés marquées : l'habillement-textile a subi une "faiblesse des ventes lors des soldes d'été", tandis que l'aéronautique a enregistré un "recul ponctuel de la production" dans un contexte de "tensions persistantes" susceptibles d'entraver certains approvisionnements. La production industrielle bénéficie néanmoins de dynamiques structurelles favorables. La Banque de France relève que les investissements dans les technologies, l'énergie et la défense soutiennent l'activité. Les équipements électriques profitent notamment du développement des centres de données (data centers) et de l'électrification des infrastructures, deux tendances de fond qui devraient se poursuivre dans les prochains trimestres. ### Des services marchands en progression lente Côté services, l'activité a également progressé, mais à un rythme modéré. Les services marchands, qui représentent une part prépondérante de la valeur ajoutée française, constituent le principal moteur de la croissance anticipée pour le troisième trimestre. Cette progression lente mais régulière contraste avec les difficultés rencontrées dans certains segments industriels. La Banque de France observe que la dynamique des services s'inscrit dans la continuité des mois précédents, sans accélération notable. Les chefs d'entreprise interrogés font état d'une demande qui demeure soutenue, mais dans un environnement marqué par des incertitudes multiples, qu'elles soient climatiques, géopolitiques ou liées aux chaînes d'approvisionnement. La prudence reste donc de mise pour les prochains mois, d'autant que les effets économiques d'une sécheresse prolongée pourraient se matérialiser avec un décalage temporel. ### Une vigilance renforcée face aux aléas climatiques La question climatique s'impose comme un paramètre central dans les projections de la banque centrale. Les vagues de chaleur successives observées ces dernières années ont des conséquences directes sur la productivité, la consommation d'énergie et certains secteurs comme l'agriculture ou le tourisme. La Banque de France intègre désormais explicitement ces aléas dans son analyse conjoncturelle, ce qui traduit une prise de conscience des risques physiques liés au changement climatique sur l'économie française. La prévision de 0,2 % pour le troisième trimestre devra être confirmée par les données définitives, mais elle illustre une croissance qui reste modeste, loin des niveaux nécessaires pour réduire significativement le chômage ou assainir durablement les finances publiques. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l'ampleur réelle des tensions sur l'appareil productif français, entre contraintes climatiques, incertitudes géopolitiques et fragilités sectorielles persistantes.