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"Une crise légumière majeure": des pertes de la production de légumes allant de 15 % à 100 % pour certains producteurs à cause des sécheresses, selon Prince de Bretagne

Economie · · Par Julie MOREAU

La sécheresse qui frappe la façade ouest de la France a provoqué des pertes de rendement spectaculaires dans les exploitations légumières bretonnes. Selon un co

La sécheresse qui frappe la façade ouest de la France a provoqué des pertes de rendement spectaculaires dans les exploitations légumières bretonnes. Selon un communiqué publié lundi 10 août par Prince de Bretagne, marque regroupant les principales coopératives de légumes frais de la région, les dégâts varient de 15 % à 100 % selon les cultures et les conditions d'irrigation. Les producteurs évoquent une "crise légumière majeure" qui pourrait encore s'aggraver si les conditions météorologiques ne s'améliorent pas rapidement. ## Un bilan chiffré alarmant pour les principales cultures Les premières estimations des organisations de producteurs dressent un tableau précis des pertes constatées à ce stade. Les petits pois enregistrent des baisses supérieures à 40 %, tandis que le brocolis affiche environ 60 % de pertes. La situation est encore plus critique pour l'artichaut, avec des pertes oscillant entre 50 % et 100 % selon les exploitations. Les autres cultures ne sont pas épargnées : la courgette perd 25 % de son volume habituel, les salades 35 %, et les poireaux subissent des pertes comprises entre 10 % et 30 %. Ces chiffres, issus des remontées terrain des coopératives adhérentes, pourraient évoluer défavorablement dans les prochaines semaines. ## Des infrastructures d'irrigation mises à rude épreuve La Bretagne, l'un des plus gros producteurs de légumes frais de France, a particulièrement souffert des épisodes caniculaires successifs. La vague de chaleur de juin a anéanti des hectares entiers de cultures, et les réserves destinées à l'irrigation ont été largement entamées, empêchant de nouvelles plantations. Les serres ne protègent plus complètement les tomates, dont les volumes connaissent des baisses conséquentes. Les Pays-de-la-Loire et plus largement toute la façade ouest du pays subissent également ces conditions extrêmes, mais la concentration des exploitations légumières en Bretagne rend la situation particulièrement visible dans cette région. ## Des demandes adressées aux distributeurs et aux pouvoirs publics Face à cette situation, Prince de Bretagne formule plusieurs requêtes. La marque demande aux centrales d'achat des distributeurs d'assouplir les critères de sélection appliqués aux légumes et d'accepter temporairement des produits présentant des défauts liés à la sécheresse. Elle en appelle également aux consommateurs pour qu'ils soutiennent la filière en achetant ces légumes "visuellement imparfaits". La majorité des demandes sont toutefois dirigées vers les pouvoirs publics, notamment pour accélérer les décisions et les dispositifs d'aide destinés à soutenir les producteurs face à cette crise sans précédent. ## Un avenir incertain pour la filière légumière Cette crise intervient dans un contexte où les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents et plus intenses. Les producteurs bretons, déjà confrontés à des marges comprimées, doivent désormais faire face à des pertes de volumes qui pourraient peser durablement sur leur trésorerie et leur capacité d'investissement. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l'ampleur réelle des dégâts et la capacité de la filière à se relever. La réponse des pouvoirs publics et la solidarité de l'ensemble de la chaîne, des distributeurs aux consommateurs, seront des éléments clés pour traverser cette période critique.