Une "cadence industrielle automobile" au service de l'armée française: Renault va lancer "la production de masse" de son drone "avant la fin de l'année"

# Renault va lancer la production de masse de drones militaires dès la fin 2025 La ministre des Armées Catherine Vautrin a annoncé ce samedi que Renault, en par
# Renault va lancer la production de masse de drones militaires dès la fin 2025
La ministre des Armées Catherine Vautrin a annoncé ce samedi que Renault, en partenariat avec le groupe aéronautique Turgis & Gaillard, lancera "la production de masse à cadence industrielle" d'un drone "avant la fin de l'année". Une décision qui marque une incursion inédite du constructeur automobile dans le secteur de la défense, où les besoins en drones explosent sur les théâtres d'opérations contemporains.
## Un projet baptisé Chorus en phase d'essai
Les deux entreprises "en sont à la phase d'essai", a précisé Catherine Vautrin dans un entretien accordé à *Ouest-France* le 6 juin dernier. "La production de masse, à cadence industrielle automobile, débutera avant la fin de cette année", a-t-elle poursuivi. Selon la ministre, les engins sortiront de l'usine Ampère de Cléon, en Seine-Maritime, alors que le site du Mans avait un temps été envisagé. Ce choix logistique s'inscrit dans une volonté d'utiliser les capacités de production existantes du groupe Renault, sans nécessiter d'investissements lourds dans de nouvelles infrastructures.
Le projet Chorus repose sur une alliance entre le savoir-faire automobile de Renault et l'expertise aéronautique de Turgis & Gaillard. "Mais c'est un domaine qui évolue si vite qu'il faudra adapter nos modèles régulièrement. Rien ne sert de constituer de larges stocks de matériels qui pourraient être dépassés rapidement", a nuancé Catherine Vautrin, soulignant la nécessité d'une production agile face à l'évolution rapide des technologies.
## Des capacités de production inédites dans le secteur
Jusqu'à 600 drones pourraient être produits chaque mois, selon les estimations communiquées par la ministre. Un volume qui tranche avec les cadences habituelles de l'industrie de défense française, où les commandes se comptent souvent en centaines d'unités par an. "En tant qu'industriel automobile, le groupe dispose d'un savoir-faire recherché dans la conception, l'industrialisation et la production en grande série d'objets hautement technologiques, tout en maîtrisant la qualité, les coûts et les délais", se vantait Renault en février dernier.
Le constructeur automobile n'avait pas prévu d'investir le champ de la défense. Mais, séduit par ses capacités rapides de production, le ministère des Armées a sollicité l'entreprise pour se lancer dans ce domaine où les besoins sont "colossaux", selon les termes de la ministre. Pour autant, Renault ne souhaite pas "devenir un acteur majeur de la défense", une position qui témoigne d'une volonté de limiter son engagement dans ce secteur stratégique.
## Un accueil syndical mitigé
Les syndicats n'ont pas montré un enthousiasme débordant sur ce projet. Si la CFE-CGC, organisation majoritaire chez Renault, a émis un avis favorable, la CGT et la CFDT se sont abstenues lors des consultations internes. Ces réserves pourraient refléter des inquiétudes sur la reconversion des lignes de production ou sur l'image du groupe associé à l'armement.
La ministre a également rappelé que "nous avons autant besoin de drones que de systèmes de défense antidrones", soulignant la double contrainte à laquelle l'armée française doit faire face. Alors que les conflits modernes, notamment en Ukraine, ont démontré l'importance cruciale des drones dans les opérations militaires, la France cherche à accélérer sa production pour réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers.
Cette annonce intervient dans un contexte où l'industrie de défense française cherche à moderniser ses capacités de production, en s'inspirant des méthodes industrielles du secteur civil. Reste à savoir si ce modèle "automobile" saura s'adapter aux exigences spécifiques du monde militaire, où la fiabilité et la sécurité priment sur la rapidité d'exécution.