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"Une attaque contre ceux qui ont gardé un peu de pouvoir d'achat": Eric Coquerel assure que le gel partiel des pensions de retraite serait "stupide dans une période de récession économique"

Economie · · Par Julie MOREAU

Le président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, a vivement critiqué ce mardi matin sur LCI la piste d’un gel partiel ou total

Le président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, a vivement critiqué ce mardi matin sur LCI la piste d’un gel partiel ou total des pensions de retraite pour le budget 2027. Une mesure qualifiée de "stupide" par le député de La France Insoumise, qui y voit une "attaque contre ceux qui ont gardé un peu de pouvoir d'achat", alors que la France traverse une période de récession économique. ### Une mesure d'économie sous arbitrage à Bercy Selon les informations rapportées par BFM Business, cette proposition, actuellement étudiée par Bercy et Matignon, consisterait à geler en tout ou partie les pensions de retraite, qui évoluent d'ordinaire en fonction de l'inflation de l'année précédente. Le principe serait globalement acté, mais le "curseur" reste en cours d'arbitrage : la question centrale demeure de savoir à partir de quel niveau de pension un retraité serait considéré comme "aisé". Le seuil envisagé oscillerait entre 2.000 et 3.000 euros bruts par mois, un paramètre encore indéterminé qui conditionnera l'ampleur de la mesure. Lundi, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a apporté un éclairage chiffré pour illustrer le débat. Pour "un retraité qui gagne aujourd'hui 2.000 euros par mois, l'inflation (attendue autour de 2% cette année) représente 40 euros en plus", a-t-il expliqué. "La question, c'est 'est-ce qu'on met en place ces 40 euros ou moins?'. Il n'y a pas un salarié en France, à part ceux qui sont au Smic, qui soit automatiquement indexé", a-t-il ajouté, suggérant une remise en cause de l'automaticité de l'indexation. ### Un rendement budgétaire potentiel de 6 milliards d'euros L'enjeu budgétaire est considérable. Si la désindexation était intégrale, la mesure pourrait rapporter jusqu'à 6 milliards d'euros d'économies à l'État, selon les estimations rapportées par la source. Un montant non négligeable dans un contexte de recherche d'économies pour réduire le déficit public. Cependant, pour Éric Coquerel, ce gain potentiel ne justifie pas une telle décision en période de fragilité économique. "Dans une période de récession économique, c'est stupide", a-t-il martelé, jugeant "difficile" de déclarer "que les retraités à plus de 2.000 euros par mois sont les plus aisés de ce pays". Le président de la commission des Finances estime que le gouvernement fait fausse route en ciblant les retraités, alors que d'autres pistes permettraient selon lui de dégager des recettes supplémentaires. "Il faudrait d'abord s'intéresser à ceux qui sont les vrais privilégiés et reçoivent des cadeaux fiscaux depuis plusieurs années", a-t-il insisté. "Il y a des dizaines de milliards d'euros à récupérer", a-t-il affirmé, sans préciser davantage le détail de ces mesures alternatives, mais en pointant implicitement la taxation des superprofits comme une piste prioritaire. ### Une dette trop dépendante des marchés financiers Au-delà de la mesure elle-même, Éric Coquerel a élargi son propos à la trajectoire des finances publiques. Il a notamment souligné que la dette française est "trop dépendante des marchés financiers", une fragilité structurelle qui limite la marge de manœuvre du gouvernement et le pousse à rechercher des économies immédiates, parfois au détriment du pouvoir d'achat des ménages. Cette dépendance, conjuguée à la conjoncture économique dégradée, rend selon lui d'autant plus contre-productive une politique de rigueur ciblant les retraités. La sortie du député intervient alors que les arbitrages budgétaires pour 2027 se précisent. Le gouvernement devra trancher rapidement sur le seuil de désindexation, une décision qui sera scrutée de près par les associations de retraités et l'opposition. Alors que les débats s'annoncent houleux, la question du financement de la protection sociale et de la soutenabilité de la dette publique reste au cœur des discussions, dans un climat économique marqué par une croissance atone et une inflation qui, bien qu'en ralentissement, continue d'éroder le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes.