Un train laveur pourrait ensuite passer pour enlever les cendres sur les rails: la SNCF envoie un train éclaireur sur les voies pour évaluer les dégâts causés par les incendies

Incendies en Gironde : la SNCF mobilise un train éclaireur pour ausculter 160 kilomètres de voies ferrées Alors que les incendies qui ont ravagé la Gironde depu
Incendies en Gironde : la SNCF mobilise un train éclaireur pour ausculter 160 kilomètres de voies ferrées
Alors que les incendies qui ont ravagé la Gironde depuis dimanche laissent place à un paysage de cendres et de désolation, la SNCF engage une opération de diagnostic d’une ampleur inédite sur son réseau ferroviaire. Un train de reconnaissance, véritable éclaireur technique, a été dépêché sur les 160 kilomètres de voies fermées au sud de Bordeaux pour évaluer l’impact des flammes sur les infrastructures. Ce travail préparatoire, qui pourrait être suivi par le passage d’un train laveur chargé de projeter de l’eau à haute pression pour nettoyer les rails, conditionne la reprise du trafic, suspendu depuis dimanche sur les axes Bordeaux-Arcachon et Bordeaux-Morcenx.
Un diagnostic de grande ampleur sur deux tronçons stratégiques
SNCF Réseau a indiqué jeudi avoir rétabli l’électricité et lancé des trains de reconnaissance pour inspecter l’état des voies sur deux secteurs clés. Le premier tronçon, long d’une soixantaine de kilomètres, relie Bordeaux à Arcachon, destination touristique majeure du littoral aquitain. Le second, d’une centaine de kilomètres, s’étend entre Bordeaux et Morcenx, dans les Landes, au nord de Dax. « Nous sommes en phase d’inspection et de diagnostic pour déterminer l’impact des feux sur l’état du réseau, avant l’éventuel passage d’un train laveur, qui projette du liquide haute pression sur les rails pour enlever des cendres s’il y en a », a précisé un responsable de la filiale de la SNCF chargée des infrastructures ferroviaires. Au total, ce sont 160 kilomètres de lignes qui sont sous surveillance étroite.
Cette inspection ne se limite pas à l’examen des rails. La mission des équipes techniques porte également sur l’intégrité de la caténaire, qui alimente les trains en électricité, ainsi que sur les systèmes de signalisation et de télécommunications. Chaque élément endommagé pourrait compromettre la sécurité des circulations futures. Le travail est décrit comme « de grande ampleur » par un responsable, compte tenu de l’étendue des zones touchées et de la complexité des infrastructures à vérifier.
Une mobilisation humaine et technique en préparation
Si les diagnostics révèlent des dégradations, SNCF Réseau se tient prêt à déployer des moyens conséquents. « Jusqu’à une centaine d’agents » pourront être mobilisés pour travailler à la remise en état de l’infrastructure, a indiqué la filiale dans un communiqué. Ces équipes, composées de techniciens spécialisés dans la voie ferrée, les caténaires et la signalisation, interviendront par tronçons pour réparer les éventuels dommages causés par les flammes et la chaleur intense. La priorité est de garantir que chaque mètre de rail, chaque câble électrique et chaque panneau de signalisation soit pleinement opérationnel avant toute reprise du trafic.
La préfecture de la Gironde avait demandé dimanche à SNCF Réseau d’interrompre les circulations ferroviaires au sud de Bordeaux, jusqu’à Arcachon et Morcenx, en raison du danger immédiat des incendies. Elle a autorisé jeudi matin à 8h la réalimentation en électricité, une étape cruciale pour permettre les tests techniques. Depuis dimanche, aucun TGV ne circule plus au sud de Bordeaux, à l’exception de ceux qui empruntent des itinéraires alternatifs vers la côte basque ou l’Espagne. La reprise partielle ou progressive des circulations, par axe ou par tronçon, pourra être envisagée en fonction de l’état des installations, précise SNCF Réseau.
Perspectives et enjeux pour la reprise du trafic
L’opération de reconnaissance en cours est une première étape indispensable avant d’envisager un retour à la normale. Si les cendres et les résidus d’incendie sont présents sur les rails, le passage d’un train laveur, projetant de l’eau à haute pression, pourrait être nécessaire pour nettoyer la surface et éviter tout risque de déraillement ou de dysfonctionnement. Ce processus, bien que technique, est rodé par SNCF Réseau lors d’épisodes de pollution ou d’incendies à proximité des voies.
Pour les voyageurs, l’attente pourrait encore se prolonger de plusieurs jours. Les autorités locales et la SNCF travaillent en étroite collaboration pour minimiser les perturbations, mais la sécurité reste la priorité absolue. Les prochains jours seront décisifs : les résultats des diagnostics détermineront si un simple nettoyage suffit ou si des réparations plus lourdes sont nécessaires. En attendant, les trains restent à l’arrêt au sud de Bordeaux, et les automobilistes sont invités à privilégier les itinéraires routiers alternatifs. La situation demeure sous surveillance, avec une reprise du trafic qui pourrait intervenir de manière progressive dès que les conditions le permettront.