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"Un signal fort pour l'industrie européenne de défense": l'Américain Lockheed Martin et Rheinmetall vont produire en Allemagne des missiles Atacms

Economie · · Par Julie MOREAU

# Lockheed Martin et Rheinmetall s’associent pour produire des missiles Atacms en Allemagne C’est une première historique dans l’industrie de défense transatlan

# Lockheed Martin et Rheinmetall s’associent pour produire des missiles Atacms en Allemagne C’est une première historique dans l’industrie de défense transatlantique : l’américain Lockheed Martin et l’allemand Rheinmetall ont signé mardi un accord en vue de produire conjointement des missiles tactiques Atacms sur le sol allemand. Si ce projet aboutit, il s’agirait de la toute première usine de fabrication de ces missiles guidés en dehors des États-Unis, destinée à équiper les forces armées de l’Otan et des pays européens alliés. ## Un partenariat industriel inédit sur le site d’Unterlüß Les deux groupes ont paraphé une déclaration d’intention en marge du sommet de l’Otan à Ankara, prévoyant la création d’une coentreprise. La production serait installée sur le site de Rheinmetall à Unterlüß, dans le Land de Basse-Saxe, l’un des plus importants du groupe allemand avec environ 4 000 salariés. Ce site produit déjà des systèmes d’armes, des munitions et des véhicules chenillés. Une usine de moteurs-fusées y est en voie d’achèvement et doit entrer en production en 2027, renforçant encore la capacité industrielle du lieu. Le projet bénéficie du soutien explicite des gouvernements allemand et américain, ont précisé les entreprises dans un communiqué commun. Cette caution politique est essentielle dans un secteur où les transferts de technologies sensibles et les autorisations d’exportation sont soumis à des contrôles stricts. ## Un missile stratégique aux performances éprouvées Le missile sol-sol Atacms (Army Tactical Missile System) peut frapper des cibles jusqu’à 300 kilomètres de distance. Il a été livré par Washington à l’Ukraine depuis 2023 et a également été utilisé lors du récent conflit impliquant l’Iran. Sa production en Europe répondrait à une demande croissante des armées européennes, confrontées à la nécessité de renforcer leurs capacités de frappe à longue portée dans un contexte géopolitique tendu. Lockheed Martin prévoit de maintenir sa ligne de production actuelle à Camden, dans l’Arkansas, jusqu’à l’achèvement du transfert industriel vers l’Europe. Cette double capacité temporaire permettrait d’assurer la continuité des livraisons pendant la montée en puissance de l’usine allemande. ## Un "signal fort" pour l’industrie européenne de défense Le président du directoire de Rheinmetall, Armin Papperger, a salué l’accord : "Avec nos partenaires de Lockheed Martin, nous créons désormais en Allemagne la base industrielle nécessaire à des systèmes de défense modernes très demandés par les armées européennes." De son côté, Dennis Goege, homologue pour l’Europe chez Lockheed Martin, a qualifié l’initiative de "signal fort pour l’industrie européenne de défense et la résilience de l’Otan". Ce partenariat illustre une évolution majeure dans les relations transatlantiques de défense : alors que les États-Unis ont longtemps conservé jalousement la production de leurs systèmes d’armes les plus sophistiqués, la guerre en Ukraine et les tensions avec la Russie poussent Washington à accepter des transferts de production vers l’Europe. Pour Rheinmetall, déjà engagé dans une montée en puissance de ses capacités industrielles, cette coentreprise représente une diversification stratégique et un renforcement de son positionnement sur le segment des missiles. ## Des implications économiques et géopolitiques La concrétisation de ce projet aurait des conséquences importantes pour l’équilibre industriel de la défense européenne. En produisant des Atacms sur le sol allemand, les pays européens réduiraient leur dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement américaines et gagneraient en autonomie stratégique. Pour l’Otan, c’est aussi un gage de résilience : en cas de conflit majeur, disposer d’une capacité de production locale limiterait les risques de rupture d’approvisionnement. Reste à savoir si ce précédent ouvrira la voie à d’autres transferts de technologies militaires américaines vers l’Europe. Les discussions entre Lockheed Martin et Rheinmetall devront encore être formalisées dans un contrat définitif, et les autorisations réglementaires obtenues. Mais le simple fait que les deux géants de l’armement aient rendu public cet accord témoigne d’une volonté politique et industrielle partagée de renforcer la base industrielle de défense européenne.