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"Un risque grave et caractérisé sur la santé physique et mentale": la justice suspend un projet de suppressions de postes liées à l'IA dans les médias du groupe Gisi

Economie · · Par Julie MOREAU

## La justice suspend un projet de suppressions de postes liées à l'IA chez Gisi Le tribunal judiciaire de Créteil a suspendu, mardi, en référé, un projet de su

## La justice suspend un projet de suppressions de postes liées à l'IA chez Gisi Le tribunal judiciaire de Créteil a suspendu, mardi, en référé, un projet de suppression de huit postes au sein du groupe de presse professionnelle Gisi (L'Usine nouvelle, LSA, L'Argus de l'assurance…), rapporte BFM Business, confirmant une information de L'Informé. En cause : le remplacement partiel de ces postes par des outils d'intelligence artificielle, jugé prématuré par la justice en l'absence de tests préalables. ## Un plan jugé dangereux pour les salariés Saisi par le Comité social et économique (CSE) de Gisi, le tribunal a estimé que le déploiement de ce plan présentait « un risque grave et caractérisé sur la santé physique et mentale de plusieurs catégories de salariés », selon la décision citée par l'AFP. La juridiction a donc suspendu le projet jusqu'à la réalisation de tests complets, soulignant l'absence de « mise en situation réelle » préalable. Cette décision marque une étape judiciaire importante dans le conflit qui oppose la direction du groupe à ses salariés depuis plusieurs mois. ## La direction se réserve la possibilité de faire appel Contactée par l'AFP, la direction de Gisi a indiqué se réserver la possibilité de faire appel de cette décision. « Nous allons poursuivre les tests et faire des numéros complets », a déclaré Isabelle André, présidente de Gisi et directrice exécutive du groupe de presse professionnelle Infopro Digital, dont fait partie la société. Infopro Digital comprend également Groupe Moniteur (Le Moniteur, La Gazette des communes…), où le déploiement d'outils d'IA est également programmé, mais selon un calendrier moins avancé, précise BFM Business. ## Un mouvement de grève inédit au printemps Ce projet s'inscrit dans un contexte social tendu. Les quelque 250 journalistes des 26 titres concernés avaient lancé une grève au printemps pour s'opposer au plan de leur propriétaire, qui prévoyait la suppression de 19 postes de secrétaires de rédaction en conséquence du déploiement de l'IA. En presse écrite, les secrétaires de rédaction sont des journalistes chargés de vérifier et d'améliorer le contenu des articles rédigés par leurs collègues, ainsi que de les mettre en page avant publication. Au sein de Gisi, huit de ces postes étaient directement visés par le plan suspendu. ## Un précédent pour le secteur des médias La décision du tribunal de Créteil pourrait faire jurisprudence alors que les groupes de presse multiplient les expérimentations d'outils d'IA génératives. Elle rappelle que l'introduction de ces technologies ne peut se faire au détriment de l'évaluation des risques professionnels, une obligation légale pesant sur l'employeur. Pour les syndicats, cette suspension constitue une reconnaissance du danger que représentent des déploiements précipités, sans accompagnement ni phase de test. La balle est désormais dans le camp de la direction, qui devra démontrer, tests complets à l'appui, que son projet ne compromet ni la santé des salariés ni la qualité éditoriale des titres concernés.