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Un rapport propose de supprimer les APL pour les jeunes dont les parents ont les moyens: des organisations étudiantes redoutent une grave perte d'autonomie, surtout en cas de rupture familiale

Economie · · Par Julie MOREAU

Un rapport propose de supprimer les APL pour les jeunes dont les parents ont les moyens: des organisations étudiantes redoutent une grave perte d'autonomie, surtout en cas de rupture familiale

# APL étudiantes : un rapport gouvernemental propose d'intégrer les revenus parentaux, les organisations étudiantes s'alarment Un rapport commandé par le gouver

# APL étudiantes : un rapport gouvernemental propose d'intégrer les revenus parentaux, les organisations étudiantes s'alarment Un rapport commandé par le gouvernement préconise de prendre en compte les ressources des parents dans le calcul des aides personnalisées au logement (APL) versées aux étudiants, une mesure qui permettrait à l'État d'économiser 550 millions d'euros. Les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) ont rendu en juin un document intitulé "Revue de dépenses relative à l'efficacité des politiques familiales", repéré le 12 août par le journal Les Échos. L'Union étudiante dénonce une proposition qui "mettrait à la rue des dizaines de milliers d'étudiants". ## Un dispositif actuellement déconnecté des ressources parentales Aujourd'hui, les étudiants peuvent rester rattachés au foyer fiscal de leurs parents jusqu'à leurs 25 ans, mais les revenus de ces derniers n'entrent pas dans le calcul de leurs APL. En 2021, 700 000 foyers comptaient au moins un étudiant bénéficiaire de cette aide, pour un montant moyen de 200 euros par étudiant et un coût total de 1,65 milliard d'euros, selon les données du rapport. Les inspections soulignent que "près de 40% des étudiants bénéficiaires de cette aide sont associés à des revenus familiaux des deux déciles les plus élevés", ce qui interroge sur le ciblage de cette dépense publique. ## 310 000 foyers concernés par une baisse ou une suppression de l'aide L'introduction des ressources parentales dans le calcul des APL "conduirait à diminuer les APL perçues par 310 000 foyers (soit 44%), dont 200 000 (soit 29%)" en perdraient totalement "le bénéfice", détaillent les inspections. Les auteurs du rapport estiment qu'une telle réforme permettrait d'"améliorer le caractère redistributif des APL versées aux étudiants rattachés au foyer fiscal de leurs parents". Pour les pouvoirs publics, l'objectif serait de concentrer les aides sur les étudiants issus de familles aux revenus modestes, tout en réalisant des économies substantielles dans un contexte budgétaire contraint. ## Les organisations étudiantes dénoncent une atteinte à l'autonomie des jeunes L'Union étudiante a vivement réagi à cette proposition, évoquant des "nouvelles mesures antisociales, visant à asphyxier encore davantage les plus précaires". Selon cette organisation, la mise en place d'un tel dispositif "mettrait à la rue des dizaines de milliers d'étudiants". Plusieurs organisations étudiantes s'opposent à cette réforme, qui affaiblirait selon elles l'autonomie des jeunes, particulièrement dans les situations de rupture familiale. En effet, les étudiants dont les parents refusent de les soutenir financièrement, ou avec lesquels ils ont rompu tout lien, se verraient privés d'une aide essentielle à leur logement, sans que leur situation personnelle ne soit prise en compte. ## Un débat sur l'équité et l'efficacité de la dépense publique Cette proposition relance le débat sur l'équilibre entre justice sociale et maîtrise des dépenses publiques. Les inspections générales estiment que la prise en compte des revenus parentaux améliorerait la redistribution des aides, en les orientant vers les étudiants qui en ont le plus besoin. À l'inverse, les critiques soulignent que ce dispositif pénaliserait des jeunes qui, bien que rattachés fiscalement à leurs parents, assument seuls le coût de leur logement. La question des bourses et des aides au logement reste un sujet sensible, alors que le coût de la vie étudiante ne cesse d'augmenter dans les grandes métropoles françaises. Le gouvernement n'a pas encore indiqué s'il entendait donner une suite concrète à ce rapport, ni dans quels délais une éventuelle réforme pourrait être engagée. Les organisations étudiantes, de leur côté, promettent de se mobiliser pour défendre le système actuel.