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Un PIB en baisse de 0,2% au premier trimestre et une croissance nulle au deuxième: Roland Lescure voit dans les derniers chiffres de l'Insee "le premier impact concret de l'été horrible qu'on a vécu"

Economie · · Par Julie MOREAU

Un PIB en baisse de 0,2% au premier trimestre et une croissance nulle au deuxième: Roland Lescure voit dans les derniers chiffres de l'Insee

La croissance française vacille. L'Insee a révisé ce vendredi ses estimations pour le premier semestre 2024, confirmant un recul du PIB de 0,2% au premier trime

La croissance française vacille. L'Insee a révisé ce vendredi ses estimations pour le premier semestre 2024, confirmant un recul du PIB de 0,2% au premier trimestre et une croissance ramenée à 0% au deuxième trimestre. Une situation que le ministre de l'Économie, Roland Lescure, attribue directement aux conséquences économiques de la crise agricole et des tensions sociales de l'été. ## Une révision à la baisse qui rapproche la France de la récession Les chiffres publiés par l'Institut national de la statistique et des études économiques marquent un net coup de frein par rapport aux premières estimations. Pour le premier trimestre, la contraction du PIB était initialement chiffrée à 0,1%; elle est désormais établie à 0,2%. Dans le même temps, la croissance de 0,2% enregistrée au deuxième trimestre a été purement et simplement annulée, ramenée à 0%. Ces deux trimestres consécutifs de stagnation ou de baisse placent techniquement la France aux portes de la récession, définie par deux trimestres consécutifs de croissance négative. L'Insee justifie ces révisions par une "prise en compte de la situation encore plus dégradée de la production agricole par rapport aux informations disponibles fin juillet". Les intempéries et les aléas climatiques ayant frappé les exploitations ont donc eu un impact plus lourd que prévu sur la valeur ajoutée du secteur. Par ailleurs, l'institut note que les "prix dans les services marchands" se sont "avérés plus dynamiques qu'anticipés, en particulier dans les services de transports", un élément qui a également pesé dans la balance. ## Roland Lescure pointe un "été horrible" et ses conséquences concrètes Interrogé depuis les universités d'été du Parti socialiste, Roland Lescure a livré une analyse directe de cette situation. "C'est le premier impact concret de l'été horrible qu'on a eu", a-t-il déclaré, reliant explicitement ces chiffres aux perturbations qui ont marqué la période estivale. Le ministre de l'Économie s'appuie sur le détail des données fournies par l'Insee pour étayer son propos, y voyant la traduction chiffrée d'une séquence marquée par des tensions multiples. Cette lecture gouvernementale intervient dans un contexte où l'inflation montre des signes de reprise. L'indice des prix à la consommation a en effet atteint 2,4% sur un an au mois d'août, une accélération qui pourrait fragiliser davantage le pouvoir d'achat des ménages. La combinaison d'une croissance atone et d'une inflation qui repart pose la question des marges de manœuvre budgétaires, alors que les débats sur les finances publiques s'annoncent vifs à l'approche de la présentation du projet de loi de finances. ## Un signal préoccupant pour l'économie française Au-delà du discours politique, ces chiffres constituent un indicateur majeur pour les acteurs économiques. La révision à la baisse du PIB intervient dans un environnement européen déjà fragile, marqué par des divergences de politique budgétaire entre les États membres. La France, dont la dette publique reste sous surveillance, voit ses perspectives de croissance se réduire, ce qui pourrait compliquer l'équation budgétaire du gouvernement. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si cette stagnation conjoncturelle se transforme en tendance durable. Les effets de la politique monétaire restrictive menée par la Banque centrale européenne, conjugués aux incertitudes géopolitiques, pourraient continuer de peser sur l'activité. Les analystes attendent désormais les chiffres du troisième trimestre pour évaluer si l'économie française parvient à éviter une récession technique complète.