"Un pays en guerre, c’est un terrain particulier" : depuis le Gard, ils envoient des appareils de radiologie mobiles sur le front en Ukraine

Contexte : Depuis le Gard, une entreprise spécialisée dans l’imagerie médicale contribue à l’effort de guerre ukrainien en livrant des appareils de radiologie m
Contexte : Depuis le Gard, une entreprise spécialisée dans l’imagerie médicale contribue à l’effort de guerre ukrainien en livrant des appareils de radiologie mobiles destinés au front. Selon les informations rapportées par Midi Libre, le groupe DMS (Diagnostic Medical Systems), basé à Gallargues-le-Montueux, a finalisé la livraison de la moitié des 120 appareils commandés par l’Ukraine.
Une commande stratégique pour un besoin urgent
Le PDG de DMS, Samuel, a confirmé au quotidien régional que son entreprise avait déjà expédié 60 appareils de radiologie mobiles sur les 120 prévus dans le cadre d’un contrat signé avec les autorités ukrainiennes. Ces équipements, conçus pour être déployés rapidement sur le terrain, répondent à un besoin critique dans un contexte où les infrastructures hospitalières sont régulièrement ciblées ou inaccessibles. « Un pays en guerre, c’est un terrain particulier », a-t-il souligné, insistant sur les adaptations techniques nécessaires pour garantir le fonctionnement des appareils dans des conditions extrêmes, notamment les coupures d’électricité et les vibrations liées aux bombardements.
Des appareils adaptés aux conditions du front
Ces dispositifs mobiles permettent de réaliser des radiographies pulmonaires et orthopédiques directement sur place, évitant ainsi des évacuations vers des hôpitaux parfois éloignés ou saturés. D’après les précisions fournies par la direction de DMS, les appareils ont été modifiés pour résister à des températures négatives et à une utilisation intensive. Chaque unité est également équipée de batteries longue durée et d’un système de transmission sécurisé des images vers des centres de télémédecine, ce qui faciliterait le diagnostic à distance par des spécialistes basés en zone plus sûre. Le groupe gardois, qui emploie environ 200 personnes, s’est spécialisé dans l’imagerie médicale depuis les années 1990 et exporte déjà dans une cinquantaine de pays.
Un engagement industriel et humanitaire
Cette livraison s’inscrit dans un cadre plus large d’aide internationale à l’Ukraine, où la demande en matériel médical reste élevée depuis le début du conflit en février 2022. Selon des sources gouvernementales françaises, plusieurs entreprises hexagonales ont été sollicitées pour fournir des équipements de santé, mais peu d’entre elles ont communiqué publiquement sur l’ampleur de leur contribution. Le contrat avec DMS, dont le montant n’a pas été divulgué, aurait été négocié via des circuits diplomatiques et des fonds alloués par des partenaires européens. Samuel a précisé que la seconde moitié des appareils devrait être livrée d’ici la fin de l’année, sous réserve des contraintes logistiques liées aux corridors humanitaires.
Des implications pour le secteur médical gardois
Pour le Gard, cette commande représente une opportunité économique notable, d’autant plus que DMS avait traversé des difficultés financières ces dernières années. L’entreprise a dû augmenter sa cadence de production et recruter temporairement du personnel pour honorer le contrat, ce qui pourrait influencer durablement sa capacité d’innovation. Par ailleurs, ce type d’engagement pose la question de la reconversion des industries civiles face à des besoins militaires, un débat qui émerge régulièrement dans les régions où des PME sont sollicitées pour des contrats de défense. Le groupe gardois semble toutefois considérer cette mission comme un prolongement naturel de son savoir-faire en imagerie d’urgence, plutôt qu’une dérive vers un secteur strictement militaire.
Une perspective incertaine
Alors que la guerre en Ukraine se prolonge sans issue claire, la demande en équipements médicaux mobiles pourrait encore croître. Cependant, l’entreprise reste prudente sur d’éventuelles commandes supplémentaires, évoquant la volatilité des besoins et des financements. Samuel a indiqué que DMS continuait à suivre l’évolution de la situation sur le terrain, tout en maintenant une veille technologique pour adapter ses produits. Cette expérience, unique pour une PME gardoise, pourrait néanmoins servir de modèle pour d’autres entreprises françaises souhaitant contribuer à l’effort humanitaire en zone de conflit, sans pour autant basculer dans une logique d’armement.