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"Un mépris patronal et gouvernemental”: les retraites complémentaires n’augmenteront que de 1,4%, la CGT a claqué la porte des négociations et appelle à la mobilisation

Economie · · Par Julie MOREAU

## Retraites complémentaires : une revalorisation de 1,4% qui passe mal Les partenaires sociaux qui administrent le régime de retraite complémentaire Agirc-Arrc

## Retraites complémentaires : une revalorisation de 1,4% qui passe mal Les partenaires sociaux qui administrent le régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco ont trouvé un accord, mercredi 14 octobre, sur une revalorisation des pensions de 1,4% à compter du 1er novembre 2026. Cette décision concerne directement les 14 millions de retraités du secteur privé, mais elle a été arrachée dans un climat particulièrement tendu, la CGT ayant claqué la porte des négociations. ## Un arbitrage à mi-chemin entre les positions en présence Les règles de fonctionnement du régime encadraient strictement la marge de manœuvre des négociateurs : la revalorisation devait s'inscrire dans une fourchette comprise entre 1,2% et 1,9%. Cette amplitude résultait de deux paramètres objectifs, à savoir une inflation estimée à 2% pour l'année en cours et la progression constatée des salaires. Les organisations syndicales, CGT en tête, plaidaient pour le haut de la fourchette, soit 1,9%, afin de compenser le gel des pensions complémentaires intervenu en 2025, faute d'accord entre les partenaires sociaux. Le patronat, de son côté, serait parti d'une proposition initiale de 1,2%. L'accord final à 1,4% se situe donc à mi-chemin, plus près du plancher que du plafond revendiqué par les syndicats. ## La CGT dénonce un « mépris » et quitte la séance Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT en charge des retraites, accuse le patronat de s'être « arc-bouté » sur sa position de départ. Le syndicat réclamait non seulement le taux maximal, mais aussi un rattrapage des sous-revalorisations accumulées lors des exercices précédents. Face au refus essuyé, la CGT indique avoir voté contre la décision avant de quitter la séance. La CFE-CGC a adopté la même position. Cette rupture illustre la fracture persistante entre organisations salariales et patronales au sein de l'instance paritaire qui pilote l'Agirc-Arrco, l'un des principaux régimes de retraite complémentaire obligatoire du pays. ## Un contentieux judiciaire toujours pendant Le bras de fer ne se limite pas à la table des négociations. La CGT rappelle qu'une procédure judiciaire est en cours concernant l'absence de revalorisation des pensions en 2025. Le tribunal judiciaire de Paris doit se prononcer le 8 décembre prochain sur ce dossier. Le syndicat estime que ce gel était illégal et attend de la justice qu'elle tranche cette question de fond, dont l'issue pourrait avoir des conséquences financières pour le régime et ses ressortissants. ## Un contexte budgétaire qui pèse sur les débats Cette revalorisation intervient alors que l'exécutif cherche lui aussi à contenir la progression des pensions pour réduire le déficit public. Le gouvernement a notamment intégré dans ses prévisions budgétaires pour 2027 une hypothèse de sous-indexation des retraites complémentaires, comme l'a relevé le Haut Conseil des finances publiques dans son avis de septembre. Le régime Agirc-Arrco dispose par ailleurs d'environ 90 milliards d'euros de réserves, un montant que les syndicats mettent en avant pour justifier une revalorisation plus généreuse. La CGT appelle désormais à la mobilisation, estimant que le traitement réservé aux retraités traduit un choix politique assumé.