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Un «hold-up intellectuel et politique» : le patron du Medef Patrick Martin s’en prend de nouveau à la taxe Zucman

Une · · Par Claire BERNARD

Un «hold-up intellectuel et politique» : le patron du Medef Patrick Martin s’en prend de nouveau à la taxe Zucman

Le Medef a choisi le terrain de la confrontation idéologique avant même l'ouverture des discussions budgétaires de l'automne. Lors de son discours d'ouverture à

Le Medef a choisi le terrain de la confrontation idéologique avant même l'ouverture des discussions budgétaires de l'automne. Lors de son discours d'ouverture à la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), qui se tenait ce mercredi à Roland-Garros, le président de l'organisation patronale, Patrick Martin, a vivement critiqué la proposition de taxation des ultra-riches, communément désignée sous le nom de « taxe Zucman ». Une sortie qui intervient alors que ce prélèvement, porté par les forces de gauche, pourrait structurer le débat parlementaire sur le prochain projet de loi de finances. ### Une charge frontale contre un impôt « contre-productif » Selon des informations rapportées par Le Figaro, Patrick Martin a qualifié cette mesure de « hold-up intellectuel et politique », estimant que « fantasmer sur la taxe Zucman et ses avatars ne réglera rien au déclassement de la France, bien au contraire ». Le représentant des entrepreneurs a justifié sa position en affirmant que la France figure déjà parmi « les pays les plus égalitaires du monde ». Pour appuyer son propos, il a souligné que ce prélèvement, qui viserait un taux plancher de 2 % sur les patrimoines excédant 100 millions d'euros, ne répondrait pas aux difficultés de pouvoir d'achat, désormais « inférieur à la moyenne européenne ». « Ça ne créera pas un euro de PIB supplémentaire, au contraire », a-t-il martelé devant un parterre de chefs d'entreprise et de responsables politiques. ### Un appel à la reconnaissance du rôle des entrepreneurs Au-delà de la critique économique, le discours de Patrick Martin semble traduire une inquiétude plus profonde quant à la perception du rôle des créateurs de richesse dans le pays. Le patron du Medef a lancé un appel direct aux pouvoirs publics, estimant qu'« il faut cesser d'écœurer ceux qui consacrent leur patrimoine, souvent leur vie à la prospérité du pays : nous, les entrepreneurs ! ». Cette prise de parole intervient dans un contexte où la trajectoire des finances publiques françaises est scrutée par Bruxelles et où la recherche de nouvelles recettes fiscales pourrait s'intensifier. La proposition, élaborée par l'économiste Gabriel Zucman, avait été initialement avancée comme une piste pour financer des mesures de justice sociale et réduire les déficits, mais elle cristallise les oppositions entre les différents blocs politiques. ### Une opposition qui s'installe avant l'échéance budgétaire Cette nouvelle sortie du président du Medef pourrait également être interprétée comme une tentative d'influencer le calendrier législatif. En effet, le gouvernement devra présenter son budget pour 2027 dans les prochaines semaines, et la question de la contribution des plus hauts patrimoines devrait être au cœur des négociations. Toutefois, l'impact réel d'une telle mesure sur la croissance et l'attractivité du territoire français demeure sujet à débat parmi les économistes. Si certains soulignent les gains potentiels pour les finances publiques, d'autres, comme les organisations patronales, mettent en garde contre un risque de fuite des capitaux et une dégradation du climat des affaires. L'issue de cette confrontation dépendra en grande partie des arbitrages rendus par l'exécutif et de la capacité des différentes forces politiques à trouver un compromis sur un sujet profondément clivant.