Un contrat qui peut atteindre 850 millions d'euros: le Portugal hésite entre Alstom et l'espagnol Talgo pour ses nouveaux TGV

# TGV au Portugal : Alstom et Talgo en finale pour un contrat pouvant atteindre 850 millions d'euros Le Portugal s'apprête à franchir une étape décisive dans la
# TGV au Portugal : Alstom et Talgo en finale pour un contrat pouvant atteindre 850 millions d'euros
Le Portugal s'apprête à franchir une étape décisive dans la modernisation de son réseau ferroviaire. Lancé il y a un an par l'État portugais et la compagnie nationale Comboios de Portugal (CP), l'appel d'offres pour la fourniture des premiers trains à grande vitesse du pays est entré dans sa phase finale. Deux industriels européens restent en lice : le français Alstom et l'espagnol Talgo. Le contrat, dont le montant de base s'élève à 504 millions d'euros pour 12 rames neuves et leur maintenance, pourrait atteindre 850 millions d'euros si l'option pour huit trains supplémentaires était levée. Selon plusieurs médias espagnols et portugais, les deux groupes disposent désormais de trois mois pour finaliser leurs offres, avant une attribution prévue à la fin de l'année.
## Alstom en position de force grâce à l'Avelia Horizon
L'industriel français aborde cette compétition avec un avantage certain. Son modèle Avelia Horizon, qui sert également de base au TGV M commandé par la SNCF, répondrait à une large part des exigences formulées par l'appel d'offres portugais. Les critères d'évaluation, dont 75 % portent sur des aspects techniques, semblent en effet taillés sur mesure pour ce matériel. La capacité d'au moins 500 sièges, l'expérience préalable dans l'exploitation de trains à 300 km/h sur le réseau européen, le profil technique, les aménagements intérieurs et l'économie d'énergie constituent autant de points sur lesquels l'Avelia Horizon peut faire valoir ses références. La condition d'un train homologué et interopérable, déjà en service commercial en Europe, joue également en faveur du constructeur français, qui peut s'appuyer sur un retour d'expérience conséquent.
## Des spécificités ibériques à intégrer
Le cahier des charges portugais comporte néanmoins des contraintes singulières. La principale concerne l'écartement des rails : le futur TGV devra circuler sur l'écartement ibérique de 1 668 mm, et non sur l'écartement standard UIC de 1 435 mm utilisé en France et imposé par la Commission européenne pour toute nouvelle infrastructure ferroviaire dans l'Union. Le Portugal a obtenu une dérogation à cette règle, ce qui oblige les constructeurs à adapter leurs plateformes. Talgo pourrait tirer profit de cette spécificité, son dernier modèle, le S106 Avril, étant déjà conçu pour cet écartement. Toutefois, ce train connaîtrait de nombreux problèmes techniques en Espagne, ce qui pourrait fragiliser la candidature de l'industriel espagnol. Alstom devra, de son côté, adapter son Avelia Horizon à cette configuration, un travail d'ingénierie non négligeable mais maîtrisé par le groupe français.
## Un aménagement intérieur repensé
Au-delà des contraintes techniques liées à l'infrastructure, Comboios de Portugal a exprimé des exigences précises concernant l'aménagement des rames. La compagnie nationale a notamment fait savoir qu'elle ne souhaitait pas de rangées de trois sièges, une configuration courante sur les TGV français. Cette demande implique une refonte de l'agencement intérieur pour les deux candidats, avec des implications sur la capacité totale des rames et sur l'équilibre économique du projet. La capacité de production des deux industriels sera également scrutée : la commande portugaise s'ajoute en effet à un carnet de commandes déjà chargé chez Alstom comme chez Talgo, dans un contexte européen où la demande de matériel ferroviaire ne cesse de croître. La décision finale, attendue pour la fin de l'année, déterminera quel constructeur accompagnera le Portugal dans l'avènement de sa première ligne à grande vitesse, un projet structurant pour le pays et un enjeu stratégique majeur pour l'industrie ferroviaire européenne.