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Un apéro avec Grand Corps Malade : « J’ai grandi dans une époque où être raciste était honteux »

Culture · · Par Emma ROUSSEAU

Un apéro avec Grand Corps Malade : « J’ai grandi dans une époque où être raciste était honteux »

## Grand Corps Malade : « J’ai grandi dans une époque où être raciste était honteux » À l’occasion de la sortie de « Voir la mer », son nouvel album paru vingt

## Grand Corps Malade : « J’ai grandi dans une époque où être raciste était honteux » À l’occasion de la sortie de « Voir la mer », son nouvel album paru vingt ans après son tout premier disque, le slameur et réalisateur se confie au Monde Culture sur son parcours et son rapport au monde. L’artiste s’apprête à repartir en tournée, porté par une œuvre résolument engagée, nourrie de deux décennies d’écriture et de scène. ## Une carrière placée sous le signe de l’engagement Depuis ses débuts, Grand Corps Malade a construit une œuvre où la parole occupe une place centrale. Le slam, genre qu’il a largement contribué à populariser en France, lui a offert un espace d’expression où les mots se font à la fois intimes et politiques. Vingt ans après son premier album, l’artiste dresse un bilan sans détour, évoquant une trajectoire cohérente, guidée par une même exigence : dire le réel, sans se réfugier derrière les artifices du spectacle. Cette constance, rare dans un paysage musical souvent soumis aux modes, constitue sans doute la marque de fabrique de celui qui fut d’abord un slameur de scène avant de devenir une figure familière du grand public. ## « Être raciste était honteux » Interrogé sur l’évolution des mentalités, Grand Corps Malade livre une réflexion qui résonne avec une actualité brûlante. « J’ai grandi dans une époque où être raciste était honteux », confie-t-il au quotidien du soir. La formule, rapportée par Le Monde, agit comme un miroir tendu à notre présent. Elle suggère, en creux, que ce qui relevait autrefois d’une forme de réprobation sociale semble, sinon s’effriter, du moins se recomposer sous d’autres formes. L’artiste, dont le parcours personnel et artistique s’est toujours tenu à distance des postures clivantes, préfère ici la lucidité à la polémique. Son propos n’est pas celui d’un tribun, mais d’un témoin : celui d’une génération qui a vu les mots changer de valeur, et parfois se retourner. ## Le slam, une parole qui résiste Cette conscience du langage traverse toute l’œuvre de Grand Corps Malade. Le slam, par nature, repose sur la proximité, l’adresse directe, la simplicité du verbe. Il ne s’embarrasse pas des hiérarchies culturelles et parle à tous, sans condescendance. C’est précisément cette qualité qui donne à ses prises de position une portée singulière : elles ne surplombent pas, elles accompagnent. En vingt ans, l’artiste a su faire entendre une voix qui ne renonce ni à la nuance ni à la conviction. « Voir la mer », titre de ce nouvel album, dit assez bien ce geste : regarder au-delà de l’horizon familier, sans jamais oublier d’où l’on vient. ## Un bilan, et une suite à écrire Alors que s’ouvre une nouvelle tournée, Grand Corps Malade semble moins dans la nostalgie que dans la continuité. Le bilan qu’il dresse n’est pas un adieu, mais une étape. À l’heure où les discours identitaires se durcissent et où la mémoire collective devient un terrain disputé, sa parole rappelle qu’une époque n’est jamais tout à fait révolue tant que des artistes continuent d’en interroger l’héritage. Reste à savoir ce que la scène, ce lieu où tout se dit sans filtre, fera résonner de ces vingt années.