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Ukraine: l'ONU alerte sur l'emploi des violences sexuelles comme arme de guerre

Monde · · Par Claire BERNARD

Ukraine: l'ONU alerte sur l'emploi des violences sexuelles comme arme de guerre

L'Organisation des Nations unies a de nouveau tiré la sonnette d'alarme, ce mois-ci, sur l'utilisation systématique de violences sexuelles comme arme de guerre

L'Organisation des Nations unies a de nouveau tiré la sonnette d'alarme, ce mois-ci, sur l'utilisation systématique de violences sexuelles comme arme de guerre en Ukraine. Selon des informations rapportées par RFI, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme qualifie ces agissements d'« actes odieux », assimilables à des actes de torture, et impute leur emploi généralisé aux forces russes dans les territoires qu'elles occupent. ## Un constat onusien documenté D'après les éléments relayés par RFI, l'ONU ne se contente pas d'évoquer des cas isolés : elle décrit un recours généralisé à la violence sexuelle dans les zones sous contrôle russe. Le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme, instance de référence en matière de documentation des violations du droit international, assimile explicitement ces pratiques à de la torture. Cette qualification n'est pas neutre : elle inscrit ces actes dans le cadre des crimes de guerre et du droit international humanitaire, ouvrant potentiellement la voie à des poursuites devant les juridictions compétentes. ## Une arme de guerre aux ressorts multiples L'emploi de la violence sexuelle comme arme de guerre n'est pas un phénomène nouveau. Des conflits en ex-Yougoslavie, au Rwanda ou en République démocratique du Congo ont déjà documenté ces pratiques, systématisées pour terroriser les populations, briser les liens communautaires et pousser aux déplacements forcés. En Ukraine, ce constat s'inscrit dans un contexte de guerre à grande échelle depuis février 2022, où les organisations internationales documentent par ailleurs des exécutions sommaires, des disparitions forcées et des transferts de populations. La violence sexuelle s'ajouterait donc à un ensemble de violations déjà documentées, mais dont la dimension genrée reste souvent sous-rapportée. ## Un défi de documentation et de justice La qualification de ces actes par l'ONU pose la question de leur documentation et de leur sanction. En effet, les victimes hésitent fréquemment à témoigner, en raison de la stigmatisation, de la peur des représailles ou de l'absence de mécanismes de protection. Les enquêteurs internationaux travaillent souvent à distance, dans des zones difficiles d'accès, ce qui complique l'établissement des faits. Toutefois, la qualification juridique retenue par le Haut-Commissariat pourrait faciliter la saisine de la Cour pénale internationale, déjà mobilisée sur le dossier ukrainien. Par ailleurs, la pression diplomatique sur Moscou reste limitée, la Russie n'étant pas partie au Statut de Rome. ## Un enjeu au-delà du conflit ukrainien Au-delà du cas ukrainien, cette alerte onusienne rappelle que la violence sexuelle en temps de guerre demeure un phénomène sous-documenté à l'échelle mondiale. Les mécanismes de signalement des Nations unies existent, mais leur efficacité dépend largement de la coopération des États concernés et de la protection offerte aux victimes. Dans le cas ukrainien, la poursuite des hostilités rend toute enquête exhaustive difficile à court terme. Le travail de documentation se poursuit néanmoins, en vue de constituer des dossiers exploitables par les instances judiciaires internationales.