Trenitalia n'a pas la recette de la SNCF: quand la compagnie française affiche 1,2 milliard d'euros de profits, sa concurrente italienne creuse ses pertes à 200 millions, plombée par l'international

# Ferrovie dello Stato creuse ses pertes pendant que la SNCF engrange les profits Le contraste est saisissant entre les deux grands opérateurs ferroviaires euro
# Ferrovie dello Stato creuse ses pertes pendant que la SNCF engrange les profits
Le contraste est saisissant entre les deux grands opérateurs ferroviaires européens. Tandis que la SNCF affiche le meilleur semestre de son histoire avec 1,2 milliard d'euros de bénéfices nets entre janvier et juin, son homologue italien Ferrovie dello Stato Italiane (FS), qui opère sous la marque Trenitalia, enregistre une perte nette de 200 millions d'euros sur la même période, soit 111 millions de plus qu'il y a un an. Un écart qui interroge sur la stratégie d'expansion internationale de la compagnie italienne.
## Des revenus en hausse mais une activité transport en repli
Le chiffre d'affaires de Ferrovie dello Stato Italiane progresse pourtant de 8% sur un an, atteignant 8,9 milliards d'euros au premier semestre. Cette croissance provient toutefois principalement des services d'infrastructure ferroviaire, avec une hausse de 214 millions d'euros des péages payés par Trenitalia et son concurrent Italo, soit une progression annuelle de 9%. Les autres revenus contribuent également à hauteur de 489 millions d'euros supplémentaires.
L'activité transport, cœur de métier historique de la compagnie, se replie en revanche de 25 millions d'euros en revenus et ne dégage plus qu'un profit de 34 millions d'euros, en chute de 65%. La fréquentation des trains à grande vitesse italienne recule de 0,6% à 8,02 millions de passagers, sous l'effet d'une concurrence accrue sur le marché domestique. À titre de comparaison, la SNCF enregistre une hausse de 3,3% de sa fréquentation TGV avec 83,4 millions de passagers sur la même période.
Au total, en incluant les trains régionaux et Intercity, le groupe italien transporte 18,3 millions de passagers, soit une hausse annuelle limitée à 0,5%. Un chiffre qui masque des disparités importantes selon les segments d'activité.
## L'international, principal foyer de pertes
La situation se dégrade particulièrement à l'international, où Trenitalia est présente en Allemagne, en Grèce, en Espagne et en France. La perte nette globale de ces activités atteint 141 millions d'euros, en aggravation de 35,6% sur un an. Le nombre de passagers internationaux chute de 12% à 5 millions, avec un repli encore plus marqué dans la grande vitesse.
Ce contraste avec la SNCF interroge sur la pertinence des stratégies d'expansion européenne. La compagnie française, qui n'a pas déployé de filiales à grande vitesse à l'étranger sur le même modèle, semble privilégier la consolidation de son marché domestique et de ses activités historiques. Le modèle italien, plus offensif sur les marchés européens libéralisés, peine pour l'instant à trouver sa rentabilité face à des concurrents établis comme la Deutsche Bahn en Allemagne ou la SNCF en France.
Les observateurs du secteur notent que la libéralisation ferroviaire européenne, censée stimuler la concurrence et faire baisser les prix, profite davantage aux opérateurs historiques bien implantés qu'aux nouveaux entrants. Trenitalia devra probablement revoir sa stratégie internationale si elle souhaite inverser la tendance lors des prochains exercices.