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Travailleuse du sexe, producteurs télé, historiens de l’art... Qui sont vraiment les 2000 signataires de la pétition anti-Bolloré ?

Une · · Par Claire BERNARD

Travailleuse du sexe, producteurs télé, historiens de l’art... Qui sont vraiment les 2000 signataires de la pétition anti-Bolloré ?

Travailleuse du sexe, producteurs télé, historiens de l’art… Qui sont vraiment les 2000 signataires de la pétition anti-Bolloré ? Alors que le 79e Festival de C

Travailleuse du sexe, producteurs télé, historiens de l’art… Qui sont vraiment les 2000 signataires de la pétition anti-Bolloré ?

Alors que le 79e Festival de Cannes bat son plein, une tribune signée par plus de 2 400 personnes et visant Vincent Bolloré a provoqué des remous dans le milieu culturel. Publiée en début de semaine, cette pétition se présente comme un appel de « professionnels du cinéma » contre l’influence du groupe Vivendi et de Canal+. Pourtant, selon une analyse détaillée menée par Le Figaro et publiée le 20 mai 2026, la liste des signataires réserve de nombreuses surprises, allant bien au-delà du seul secteur cinématographique.

D’après les informations rapportées par le quotidien, les auteurs de la tribune mettent régulièrement en avant le nombre de signatures recueillies — plus de 2 400 au dernier décompte, contre 600 en début de semaine. Ce mardi 19 mai, cette mobilisation a poussé la ministre de la Culture, Catherine Pégard, à s’exprimer sur le sujet. Le texte, qui dénonce notamment l’emprise de Vincent Bolloré sur le paysage audiovisuel français, présente tous les signataires comme des professionnels du cinéma. Une affirmation qui a étonné plusieurs grands producteurs contactés par Le Figaro.

En épluchant en diagonale la liste des frondeurs, ces producteurs n’auraient reconnu qu’une poignée de noms. Parmi les personnalités connues du grand public figurent des acteurs tels que Blanche Gardin, Adèle Haenel, Juliette Binoche, Anna Mouglalis, Swann Arlaud, Charles Berling, Agathe Bonitzer ou Jean-Pascal Zadi. Cependant, l’examen approfondi de la pétition révèle une composition bien plus hétéroclite. Selon Le Figaro, on y trouverait notamment des travailleuses du sexe, des producteurs de télévision, des historiens de l’art, mais aussi des personnes dont l’activité professionnelle serait éloignée du monde du cinéma.

Cette diversité soulève des questions sur la représentativité réelle du mouvement. Certains signataires s’estimeraient d’ailleurs floués par un appel au boycott des salles UGC ajouté sans prévenir, selon des sources proches du dossier. La tribune, initialement centrée sur une critique des pratiques de Vincent Bolloré, aurait ainsi vu son périmètre élargi, ce qui pourrait expliquer en partie la multiplication rapide des signatures. Le Figaro note que parmi les frondeurs, nombreux sont ceux qui ne travaillent pas pour le cinéma, ce qui relativise le caractère corporatiste de l’appel.

Par ailleurs, l’onde de choc provoquée par cette pétition a également suscité une réponse de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui aurait dénoncé une « instrumentalisation » du Festival de Cannes à des fins politiques. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a quant à elle appelé à ne pas « diaboliser » un groupe industriel, tout en reconnaissant la nécessité d’un débat sur la concentration des médias.

Si la tribune anti-Bolloré a indéniablement réussi à fédérer un large spectre de la société civile, son analyse détaillée montre que le cinéma n’en est pas le seul moteur. Cette hétérogénéité pourrait renforcer la portée politique du message, mais elle interroge également sur la cohérence des revendications et sur la stratégie de communication de ses initiateurs. Alors que le Festival de Cannes se poursuit, il semblerait que ce débat sur la gouvernance des médias français soit loin d’être clos.