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Traînées blanches laissées par les avions : ce que révèle le rapport de l’ONG Transport & Environment

Une · · Par Sophie DURAND

Traînées blanches laissées par les avions : ce que révèle le rapport de l’ONG Transport & Environment

## Traînées de condensation : le levier climatique oublié du transport aérien L'ONG Transport & Environment a publié, mardi 22 septembre, un rapport consacré à

## Traînées de condensation : le levier climatique oublié du transport aérien L'ONG Transport & Environment a publié, mardi 22 septembre, un rapport consacré à l'impact climatique des traînées de condensation laissées par les avions. Selon l'organisation, ces traînées blanches, souvent perçues comme de simples nuages artificiels sans conséquence, seraient responsables d'un réchauffement comparable à celui du CO2 émis par l'aviation. Un constat qui pourrait rebattre les cartes des politiques climatiques du secteur aérien. ## Un phénomène sous-estimé Les traînées de condensation, ou contrails, se forment lorsque les avions volent à haute altitude, dans des zones froides et humides. La vapeur d'eau émise par les réacteurs se condense alors en cristaux de glace, créant ces bandes blanches visibles dans le ciel. Selon les conclusions relayées par Midi Libre, ces formations nuageuses piègent la chaleur émise par la Terre, contribuant ainsi à l'effet de serre. Le rapport de Transport & Environment souligne que leur impact serait du même ordre de grandeur que celui du dioxyde de carbone rejeté par les moteurs. Une réalité longtemps éclipsée dans les débats sur la décarbonation du transport aérien. ## Des solutions techniques à portée de main Le rapport met en avant une piste concrète : modifier légèrement l'altitude ou la trajectoire de certains vols pour éviter les zones propices à la formation de ces traînées. Cette approche, déjà testée par plusieurs compagnies aériennes et organismes de recherche, pourrait réduire significativement l'impact climatique de l'aviation à court terme. Contrairement à la transition vers des carburants durables ou à l'électrification des appareils, qui prendront des années, la gestion des contrails offrirait un levier immédiat. Toutefois, sa mise en œuvre à grande échelle suppose une coordination internationale et des investissements dans des systèmes de prévision météorologique adaptés. ## Un enjeu de régulation Pour l'ONG, ces conclusions doivent inciter les régulateurs à intégrer les traînées de condensation dans les politiques de réduction des émissions du secteur aérien. Actuellement, les mécanismes comme le système d'échange de quotas d'émission de l'Union européenne ne prennent en compte que le CO2, laissant de côté les effets non-CO2 du transport aérien. Transport & Environment plaide pour une révision de ces dispositifs afin d'y inclure l'ensemble des impacts climatiques. Une position qui pourrait se heurter à la résistance des compagnies aériennes, soucieuses de ne pas alourdir leurs coûts dans un contexte économique déjà tendu. ## Vers une prise de conscience Ce rapport intervient alors que la pression s'accentue sur l'industrie aéronautique pour qu'elle aligne ses pratiques sur les objectifs de l'accord de Paris. Si les traînées de condensation restent un sujet technique peu connu du grand public, leur prise en compte pourrait devenir un critère différenciant pour les compagnies les plus vertueuses. Reste à savoir si les États et les instances internationales s'empareront de cette question avec l'urgence qu'elle semble exiger. Une chose est sûre : le ciel, lui, n'a pas fini de révéler ses secrets climatiques.