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"Toute la France doit être aux côtés des agriculteurs": après la sécheresse et les canicules qui ont causé de lourdes pertes, la ministre de l'Agriculture réclame "un effort de solidarité global"

Economie · · Par Emma ROUSSEAU

Sécheresse et canicules : Annie Genevard appelle à un « effort de solidarité global » en faveur des agriculteurs Alors que l’été caniculaire a lourdement éprouv

Sécheresse et canicules : Annie Genevard appelle à un « effort de solidarité global » en faveur des agriculteurs

Alors que l’été caniculaire a lourdement éprouvé les exploitations agricoles françaises, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a lancé un appel solennel ce vendredi matin sur France Inter. Face aux pertes considérables enregistrées dans les cultures, elle a exhorté l’ensemble de la société à se mobiliser, réclamant « un effort de solidarité global » pour soutenir un secteur en première ligne du dérèglement climatique. Une prise de parole qui intervient dans un climat de tensions, alors que les syndicats agricoles réclament des réponses concrètes face à une crise qui s’installe dans la durée.

Une ministre qui écarte le spectre de l’inflation alimentaire

Malgré l’ampleur des dégâts causés par la sécheresse et les vagues de chaleur successives, Annie Genevard a tenu à tempérer les craintes d’une flambée des prix dans les rayons. « J’observe qu’il n’y a pas une envolée des prix » des produits alimentaires, a-t-elle affirmé, tout en reconnaissant la nécessité de trouver un équilibre fragile. « Il est clair qu’entre le consommateur et le producteur il doit y avoir une recherche d’équilibre », a-t-elle nuancé, avant de préciser que « l’alimentation doit être évaluée à un juste prix, ce qui ne signifie pas que ça va nourrir l’inflation de façon dramatique ». Une position qui se veut rassurante pour les ménages, mais qui soulève la question délicate de la rémunération des producteurs, un enjeu central pour la souveraineté alimentaire du pays.

Un appel à la responsabilité collective élargie

Pour la ministre, la réponse à cette crise ne peut être uniquement le fait de l’État. Si elle a reconnu que la situation « implique évidemment un engagement puissant, total, de l’État et du gouvernement », elle a surtout insisté sur la nécessité d’une mobilisation de toutes les parties prenantes. « Toute la France doit être aux côtés de ses agriculteurs », a-t-elle martelé, en listant les acteurs concernés : « le consommateur, qui doit soutenir nos agriculteurs en achetant des produits français », mais aussi « la grande distribution, qui doit revoir les contrats pour les calibrages de fruits et légumes plus petits ». Elle a également évoqué le rôle des « assureurs, les banquiers, les collectivités », dessinant les contours d’un pacte national pour l’agriculture. Par ailleurs, la ministre a justifié cette exigence de « mieux rémunérer » les agriculteurs par un impératif stratégique : « si nous ne voulons pas importer la totalité de notre alimentation, il nous faut produire en France ».

Le « moment de vérité » de la FNSEA

Cette intervention survient dans un contexte de forte mobilisation du monde agricole. Mercredi, lors d’une table ronde sur le thème du courage organisée dans le cadre de l’université d’été du Medef, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, avait employé des mots forts, appelant à un « moment de vérité ». « Dans l’inconscient collectif, se nourrir ne doit pas coûter cher », avait-il déploré, alors que « derrière ça il y a des réalités d’entreprise ». Cette déclaration révèle un profond malaise dans une profession qui voit ses marges se réduire, tiraillée entre les exigences de production, les aléas climatiques et la pression sur les prix. Le défi pour le gouvernement sera désormais de traduire ces appels à la solidarité en mesures concrètes, capables de répondre à l’urgence immédiate tout en préparant l’avenir d’une agriculture française durable et résiliente.