"Tout s'accumule contre nous": après les canicules, les élevages bovins frappés par un virus

# "Tout s'accumule contre nous" : après les canicules, les élevages bovins frappés par un virus Une dizaine d'élevages bovins de l'est de la France sont touchés
# "Tout s'accumule contre nous" : après les canicules, les élevages bovins frappés par un virus
Une dizaine d'élevages bovins de l'est de la France sont touchés depuis fin juillet par un virus de type Shamonda, transmis par les moucherons piqueurs. Si les autorités sanitaires relativisent l'impact de cette maladie, nettement moins grave que la dermatose nodulaire qui avait forcé l'abattage de plus de 3.000 vaches l'an dernier, les éleveurs, déjà éprouvés par les canicules et la sécheresse, expriment leur lassitude face à l'accumulation des difficultés.
## Un virus inédit sur le territoire français
Détecté pour la première fois au Nigeria dans les années 1960, le virus Shamonda n'avait jamais été recensé en France jusqu'à présent. Selon le ministère de l'Agriculture, qui affirme suivre "de près" les exploitations concernées, ce pathogène touche "les petits ruminants" mais surtout les bovins, qui présentent des symptômes de diarrhées et une perte d'appétit. L'Allemagne et la Suisse ont également recensé plusieurs cas sur leurs territoires respectifs.
Le ministère précise dans un communiqué que "son impact est pour le moment jugé faible dans les élevages touchés", ajoutant que "ce virus n'est à cet égard pas similaire au virus de la dermatose nodulaire contagieuse bovine dont les effets sur la santé des bovins sont bien plus importants". La situation reste néanmoins "évolutive", les services sanitaires maintenant une surveillance renforcée sur les exploitations concernées.
## Des pertes essentiellement économiques
Contrairement à la dermatose nodulaire, qui impose l'abattage de l'ensemble du troupeau dès qu'un cas est détecté, aucune mesure de ce type n'a été décrétée contre les bêtes touchées par ce nouveau virus. Les pertes se révèlent donc principalement économiques, les éleveurs constatant une diminution de la production laitière. Les premières évaluations font état d'une perte d'environ 4 kilos de lait par animal, un manque à gagner non négligeable pour des exploitations déjà fragilisées.
Le virus ne présente par ailleurs aucun risque pour l'humain, ce qui écarte tout danger sanitaire pour les consommateurs et les professionnels manipulant les animaux. Les autorités sanitaires appellent toutefois à la vigilance, la circulation des moucherons piqueurs, vecteurs de la maladie, étant favorisée par les conditions climatiques estivales.
## Un secteur bovin éprouvé
Cette nouvelle alerte sanitaire survient dans un contexte particulièrement difficile pour la filière bovine française. Il y a moins d'un an, les éleveurs avaient été durement touchés par la dermatose nodulaire, une maladie plus grave et plus contagieuse, qui avait contraint les professionnels à abattre plus de 3.000 vaches. Cette maladie, dont les effets sur la santé des bovins sont "bien plus importants", avait imposé des mesures sanitaires drastiques dans plusieurs départements.
"Tous les éléments s'accumulent contre nous, se désespère Frédéric Fontis, éleveur bovin au micro de BFMTV. À un moment, on a envie de baisser les bras." Il ajoute : "Cela va être compliqué de motiver les troupes pour reprendre les fermes." Les épisodes successifs de canicule et la sécheresse avaient déjà considérablement réduit les rendements fourragers, contraignant de nombreux éleveurs à puiser dans leurs réserves ou à acheter du fourrage à des prix élevés.
La succession de ces aléas climatiques et sanitaires interroge sur la résilience d'une filière déjà confrontée à des défis structurels, entre transmission des exploitations, volatilité des prix et exigences réglementaires croissantes. Les services de l'État indiquent suivre l'évolution de la situation avec attention, sans qu'aucune mesure d'indemnisation spécifique n'ait pour l'heure été annoncée.