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Tout le monde ne va pas en profiter: les entreprises ont prévu des augmentations de salaire de 3% en 2026 et 2027, mais elles veulent surtout récompenser les plus performants

Economie · · Par Julie MOREAU

Tout le monde ne va pas en profiter: les entreprises ont prévu des augmentations de salaire de 3% en 2026 et 2027, mais elles veulent surtout récompenser les plus performants

Les entreprises françaises tournent la page des augmentations généralisées. Selon l’étude annuelle de l’assureur WTW, seules 17% d’entre elles prévoient des hau

Les entreprises françaises tournent la page des augmentations généralisées. Selon l’étude annuelle de l’assureur WTW, seules 17% d’entre elles prévoient des hausses collectives en 2026, contre 61% en 2025. La tendance est claire : les budgets salariaux, en hausse médiane de 3% pour 2026 et 2027, seront désormais fléchés vers les profils les plus performants, les compétences critiques et les promotions. ### Une rupture avec la logique inflationniste Ce basculement marque la fin d’une époque. Durant la période Covid et les années de forte inflation (2022-2024), les augmentations générales servaient à protéger le pouvoir d’achat des salariés. Aujourd’hui, avec une inflation attendue à 2,5% en 2026 puis 1,7% en 2027 selon la Banque de France, la pression s’est relâchée. Les entreprises estiment que la compensation automatique n’a plus lieu d’être. Elles privilégient une "allocation ciblée" des hausses, fondée sur la performance individuelle, l’équité salariale et la rétention des talents. Un "changement majeur", qualifie WTW, qui souligne une transformation profonde de la philosophie de rémunération. ### La performance comme critère dominant Concrètement, les enveloppes budgétaires ne disparaissent pas, mais leur répartition change radicalement. L’étude révèle que 97% des entreprises s’appuient désormais sur la performance pour distribuer les augmentations. L’évolution de carrière et les promotions arrivent en deuxième position, citées par 59% des répondants. Seuls 22% des employeurs choisissent d’allouer un budget spécifique pour résorber les inégalités salariales, un chiffre qui montre que la logique méritocratique prime sur la logique redistributive. Cette individualisation accrue pourrait creuser les écarts au sein des équipes, mais elle répond à une double contrainte : attirer et garder les profils rares dans un marché du travail tendu, tout en maîtrisant la masse salariale. ### Une convergence européenne La France n’est pas une exception. Les prévisions de WTW pour 2026 font état d’augmentations médianes de 3,5% au Royaume-Uni, 3,2% en Espagne, 3,1% en Allemagne et en Belgique, et 3% en Italie. Cette relative homogénéité traduit "une stabilisation sur le front macroéconomique", selon l’assureur. Les entreprises européennes semblent avoir adopté le même calendrier : après avoir subi l’inflation, elles reprennent la main sur leurs politiques salariales. Reste à savoir si cette stratégie, qui exclut de fait une partie des salariés, ne générera pas des frustrations. Pour l’heure, les directions des ressources humaines assument ce choix, assumant de récompenser d’abord ceux qui créent de la valeur.