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«Tout le monde lui faisait confiance aveuglément» : un ancien prêtre parisien mis en examen pour viols sur mineur

Une · · Par Claire BERNARD

«Tout le monde lui faisait confiance aveuglément» : un ancien prêtre parisien mis en examen pour viols sur mineur

« Tout le monde lui faisait confiance aveuglément » : un ancien prêtre parisien mis en examen pour viols sur mineur Un ecclésiastique de 81 ans, ayant officié p

« Tout le monde lui faisait confiance aveuglément » : un ancien prêtre parisien mis en examen pour viols sur mineur

Un ecclésiastique de 81 ans, ayant officié pendant plus de trois décennies dans plusieurs paroisses de la capitale, a été mis en examen jeudi dernier à Paris pour des viols répétés sur mineur, selon des informations rapportées par Le Figaro. Francis B., ancien prêtre notamment en poste au sein de l’église Notre-Dame d’Espérance dans le 11ᵉ arrondissement, est accusé d’abus sexuels commis lors de camps de louveteaux ou à l’occasion des journées mondiales de la jeunesse. Une victime, Jean-Charles, 41 ans, a accepté de livrer son témoignage au quotidien dans l’espoir de « faire avancer la machine ».

### Des faits présumés s’étalant sur plusieurs années

D’après les éléments recueillis auprès de la victime, la première tentative d’agression remonterait à 1994, alors que Jean-Charles n’était âgé que de 9 ans. « Il a tenté de m’embrasser alors qu’on préparait la cérémonie de la promesse des louveteaux », confie-t-il au Figaro. Trois ans plus tard, en 1997, lors des journées mondiales de la jeunesse organisées à Paris, la prédation aurait franchi un nouveau cap. « À partir de cet instant, il y a eu des viols répétés », affirme le quadragénaire, qui précise que les agissements se seraient poursuivis durant sa minorité.

La plainte de Jean-Charles a été déposée en juin 2024, après des années de silence. Cette démarche intervient dans un contexte où la parole des victimes d’abus sexuels au sein de l’Église catholique s’est progressivement libérée, notamment depuis la publication du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) en octobre 2021, qui estimait à environ 216 000 le nombre de mineurs victimes de clercs ou de religieux en France depuis les années 1950.

### Une procédure judiciaire en cours et d’autres victimes potentielles

Selon les informations rapportées par Le Figaro, trois autres victimes se seraient signalées, mais les faits les concernant seraient prescrits. La mise en examen de Francis B. pour des viols répétés commis sur mineur intervient donc dans un cadre juridique précis, où seule la période de minorité de Jean-Charles pourrait être retenue. L’enquête, confiée aux autorités judiciaires parisiennes, devra déterminer l’étendue exacte des faits reprochés à l’ecclésiastique, qui a exercé durant plus de trente ans dans différentes paroisses de la capitale.

Le parcours de Francis B. au sein de l’église Notre-Dame d’Espérance, dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, ainsi que dans d’autres lieux de culte parisiens, pourrait être examiné à la lumière des témoignages recueillis. La question de la connaissance par la hiérarchie catholique de ces agissements présumés pourrait également se poser, dans la lignée des affaires qui ont ébranlé l’institution ces dernières années.

### Un témoignage qui s’inscrit dans un mouvement plus large

Le témoignage de Jean-Charles s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole des victimes d’abus sexuels dans le contexte ecclésial. Depuis les révélations de 2021, plusieurs affaires ont conduit à des condamnations et à des mesures de prévention au sein de l’Église de France. Toutefois, le cas de Francis B. illustre la difficulté persistante à appréhender des faits anciens, où la prescription constitue un obstacle majeur pour de nombreuses victimes.

La procédure en cours contre cet ancien prêtre de 81 ans pourrait, selon des sources proches du dossier, aboutir à d’autres signalements. L’audition de Jean-Charles, qui espère « faire avancer la machine », pourrait inciter d’autres personnes ayant fréquenté les paroisses où officiait Francis B. à se manifester. L’enquête devra également déterminer si les faits dénoncés ont pu se reproduire après la majorité de la victime, ce qui élargirait le champ des poursuites possibles.

Alors que l’Église catholique française a mis en place des dispositifs d’écoute et d’accompagnement des victimes, cette affaire rappelle que la reconnaissance des abus commis par des clercs demeure un chantier en cours. La mise en examen de Francis B., bien que tardive, constitue une étape procédurale significative pour les victimes présumées, dont la parole, longtemps étouffée, trouve désormais un écho judiciaire.