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Totalenergies rachète les activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe de Shell et revend une partie de ses parcs solaire et éolien à un fonds d'investissement américain pour 1,8 milliard d'euros

Economie · · Par Julie MOREAU

Totalenergies rachète les activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe de Shell et revend une partie de ses parcs solaire et éolien à un fonds d'investissement américain pour 1,8 milliard d'euros

Le géant pétrogazier français Totalenergies a annoncé lundi le rachat de l'intégralité des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe de son concur

Le géant pétrogazier français Totalenergies a annoncé lundi le rachat de l'intégralité des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe de son concurrent britannique Shell, tout en cédant simultanément 50% d'un portefeuille d'actifs solaires et éoliens en France au fonds d'investissement américain KKR, pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros. Cette double opération illustre la stratégie du groupe visant à renforcer sa présence dans l'électricité verte d'ici 2030, sans pour autant sacrifier ses objectifs de rentabilité, alors que sa production reste très majoritairement issue des énergies fossiles. ### Une acquisition ciblée sur l'Europe du Sud et du Nord Selon le communiqué de presse publié par Totalenergies, cette acquisition porte sur "500 mégawatts d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction principalement situés en Italie et aux Pays-Bas". Le périmètre inclut également "3,5 gigawatts de pipeline de projets solaires, éoliens et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne". Ces actifs viendront alimenter le portefeuille européen déjà conséquent du groupe français, qui affiche près de 10 gigawatts de capacités brutes installées ou en construction, ainsi que 27 gigawatts en développement sur le Vieux Continent. L'opération s'inscrit dans une logique de consolidation du marché européen des renouvelables, où les acteurs historiques du pétrole et du gaz cherchent à sécuriser des positions face à la concurrence croissante des énergéticiens spécialisés. ### Une cession stratégique au fonds KKR Parallèlement à cette acquisition, Totalenergies a confirmé la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs solaires et éoliens situés en France. Cette transaction devrait rapporter 1,8 milliard d'euros au groupe, qui réalise cette année des bénéfices records, portés par la flambée des cours du brut. Le géant de l'énergie n'en est pas à son premier exercice de ce type : il est coutumier de ces opérations de cession partielle, qui permettent d'amortir les investissements faramineux nécessaires à la construction et à l'exploitation de parcs solaires et éoliens. En vendant la moitié de ses actifs renouvelables, l'entreprise s'assure un taux de rentabilité de 12%, l'objectif qu'elle s'est fixé pour maintenir ses performances financières tout en finançant sa transition énergétique. ### Un modèle économique sous tension Cette stratégie de cession-acquisition intervient dans un contexte particulier pour Totalenergies. D'après des calculs récents de l'ONG Greenpeace, 97% de la production du groupe serait encore issue des énergies fossiles, un chiffre qui souligne le chemin restant à parcourir pour atteindre les objectifs de diversification affichés. La multinationale aurait en effet quasiment besoin de tripler sa capacité de production d'électricité renouvelable d'ici 2030 pour tenir ses engagements climatiques. Le modèle retenu, qui consiste à revendre une partie des actifs après leur mise en service, permet de recycler les capitaux investis tout en conservant une part de la production. Cette approche, bien que critiquée par certaines ONG environnementales, est présentée par le groupe comme un moyen pragmatique de financer sa transition sans dépendre uniquement de sa trésorerie interne. ### Un équilibre entre croissance verte et rentabilité financière La double opération annoncée lundi illustre la volonté de Totalenergies de concilier deux impératifs parfois contradictoires : l'expansion rapide dans les énergies renouvelables et le maintien d'une rentabilité élevée pour ses actionnaires. En rachetant les actifs européens de Shell, le groupe français renforce sa position sur des marchés clés comme l'Italie, l'Espagne ou les Pays-Bas, tout en dégageant des liquidités grâce à la cession partielle au fonds KKR. Ce modèle de "build and sell" permet de réduire l'endettement lié aux investissements massifs dans les infrastructures vertes. Reste à savoir si cette stratégie permettra au groupe d'atteindre ses objectifs de capacité renouvelable à l'horizon 2030, alors que la pression réglementaire et sociétale s'intensifie sur les majors pétrolières pour accélérer leur décarbonation.