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Togo : les deux réalisateurs français détenus sont «en règle» et l’un d’eux est malade, assure leur société de production

Une · · Par Claire BERNARD

Togo : les deux réalisateurs français détenus sont «en règle» et l’un d’eux est malade, assure leur société de production

Depuis trois semaines, la détention de deux réalisateurs français au Togo suscite une vive inquiétude au sein du milieu audiovisuel et des organisations de défe

Depuis trois semaines, la détention de deux réalisateurs français au Togo suscite une vive inquiétude au sein du milieu audiovisuel et des organisations de défense de la liberté de la presse. La société de production Tony Comiti Productions a assuré mercredi 19 août 2026, auprès de l’AFP, que les deux hommes étaient « en règle » administrativement, tout en révélant que l’un d’eux est actuellement malade. Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique tendu entre Paris et Lomé, alors que les trois hommes ont été inculpés pour « fausses déclarations » après avoir été arrêtés lors d’un tournage. ## Une interpellation lors d’un tournage documentaire Les deux réalisateurs français, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ont été arrêtés le 27 juillet dernier dans le nord du Togo, selon les informations rapportées par Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué publié mardi. Ils étaient partis tourner un épisode de l’émission « Les routes de l’impossible », une série documentaire diffusée sur France Télévisions, pour le compte de la société de production basée à Marseille. Un fixeur togolais, Fred Vedomey, collaborateur de médias à ce titre, a également été interpellé avec eux. Patrice Lucchini, directeur général de Tony Comiti Productions, a confirmé ces éléments à l’AFP, précisant que le tournage se déroulait dans la région septentrionale du pays. Les trois hommes ont d’abord été assignés à résidence avant d’être placés en détention provisoire le 17 août. Ils ont été inculpés pour « fausses déclarations », une charge que la société de production conteste fermement. Selon les informations de RSF, ils sont actuellement « privés de liberté et retenus au camp d’Agoè Logopé, près de Lomé », une installation des forces de l’ordre située dans le quartier éponyme de la capitale togolaise. ## Une situation sanitaire préoccupante La société de production a tenu à alerter sur l’état de santé de l’un des deux réalisateurs, sans toutefois préciser la nature de la maladie ni l’identité de la personne concernée. Cette révélation ajoute une dimension sanitaire à une situation déjà complexe sur le plan juridique et diplomatique. Tony Comiti Productions insiste sur le fait que les deux hommes sont « en règle » sur le plan administratif, laissant entendre que les charges retenues contre eux pourraient reposer sur une base fragile. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les autorités togolaises et les médias étrangers. Le Togo a connu ces dernières années plusieurs épisodes de restrictions à l’égard de journalistes, notamment lors de la couverture de manifestations politiques. Les organisations de défense de la liberté de la presse, comme RSF, ont régulièrement pointé du doigt les entraves à l’exercice du métier de journaliste dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. ## Des précédents dans la région Cette détention n’est pas un cas isolé dans la sous-région ouest-africaine. Plusieurs journalistes et réalisateurs étrangers ont été arrêtés ces dernières années dans des pays voisins, souvent pour des motifs liés à des tournages dans des zones sensibles ou à des sujets jugés délicats par les autorités locales. Les procédures judiciaires engagées contre des professionnels des médias étrangers suscitent régulièrement des réactions diplomatiques de la part des pays concernés. La France, par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, n’a pas encore officiellement réagi à cette affaire, selon les informations disponibles. Toutefois, le Quai d’Orsay suit généralement de près ce type de dossiers, notamment lorsqu’il s’agit de ressortissants français détenus à l’étranger. L’issue de cette affaire pourrait dépendre de l’évolution de la procédure judiciaire togolaise ainsi que des éventuelles négociations diplomatiques en coulisses. ## Une procédure judiciaire à suivre La qualification de « fausses déclarations » retenue contre les trois hommes interroge sur la nature des faits reprochés. Cette infraction, prévue par le droit togolais, pourrait concerner des déclarations inexactes faites aux autorités lors de leur entrée sur le territoire ou de l’obtention de leurs autorisations de tournage. La société de production affirme que les deux réalisateurs étaient en règle, ce qui pourrait laisser présager un vice de procédure ou une interprétation extensive de la loi par les autorités judiciaires locales. L’audience de confirmation des charges ou une éventuelle demande de mise en liberté provisoire pourrait intervenir dans les prochains jours, selon les sources proches du dossier. Les avocats des trois hommes, dont l’identité n’a pas été communiquée, devraient plaider en faveur d’une libération rapide, compte tenu notamment de l’état de santé de l’un des réalisateurs. L’évolution de cette affaire sera suivie de près par les observateurs, tant sur le plan judiciaire que diplomatique, alors que les relations entre la France et le Togo traversent une période marquée par des enjeux sécuritaires et économiques dans la région du Sahel.