Onyx Infos

«Tant qu’il y a besoin d’aide, on reste»: les agriculteurs mobilisés aux côté des pompiers dans la lutte contre les incendies en Gironde

Une · · Par Claire BERNARD

«Tant qu’il y a besoin d’aide, on reste»: les agriculteurs mobilisés aux côté des pompiers dans la lutte contre les incendies en Gironde

« Tant qu’il y a besoin d’aide, on reste » : les agriculteurs mobilisés aux côtés des pompiers dans la lutte contre les incendies en Gironde À Marcheprime, à un

« Tant qu’il y a besoin d’aide, on reste » : les agriculteurs mobilisés aux côtés des pompiers dans la lutte contre les incendies en Gironde

À Marcheprime, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Bordeaux, un ballet inhabituel de tracteurs, de citernes et de tonnes agricoles s’est mêlé aux camions rouges des pompiers, ce lundi 27 juillet. Selon un reportage du Figaro signé par Adrien Bez, ces engins appartiennent à des exploitants agricoles venus des quatre coins de la Nouvelle-Aquitaine pour épauler bénévolement les soldats du feu dans la lutte contre le gigantesque incendie qui ravage la Gironde depuis cinq jours. « C’est notre territoire, on a des adhérents qui ont des fermes pas très loin, donc bien évidemment qu’on se mobilise. C’est un joli esprit de solidarité », a salué Théo Hernandez, président des Jeunes Agriculteurs Gironde, cité par le quotidien.

Une mobilisation bénévole au péril de leur vie

L’implication des agriculteurs ne se limite pas à une simple présence de soutien. Selon les informations rapportées par Le Figaro, ces derniers utilisent leur propre matériel agricole — notamment des tonnes à eau, des épandeurs et des chargeurs — pour acheminer de l’eau jusqu’aux zones les plus inaccessibles du front de flammes. Une opération qui se déroule parfois au péril de leur vie, dans des conditions de visibilité réduite et de chaleur extrême. « Tant qu’il y a besoin d’aide, on reste », aurait confié l’un d’eux au reporter, illustrant un engagement sans faille. Cette solidarité rappelle celle observée en 2022 dans la forêt des Landes, où des exploitants agricoles avaient déjà prêté main-forte aux pompiers lors des incendies historiques qui avaient ravagé plus de 20 000 hectares de forêt.

Un élan de solidarité face à un sinistre hors norme

L’incendie de Marcheprime, qui s’étend sur plusieurs milliers d’hectares, mobilise des centaines de pompiers, renforcés par des moyens aériens et terrestres. Dans ce contexte, l’apport des agriculteurs est jugé « précieux » par les autorités locales, d’après des sources gouvernementales citées par le journal. Les exploitants agricoles assurent non seulement le ravitaillement en eau, mais participent également à la création de pare-feu en labourant des bandes de terre autour des zones habitées. « C’est un joli esprit de solidarité », a insisté Théo Hernandez, soulignant que cette mobilisation dépasse les clivages professionnels et territoriaux. Des agriculteurs venus de départements voisins, comme les Landes ou la Dordogne, ont également fait le déplacement, certains ayant parcouru plus de 150 kilomètres pour prêter main-forte.

Un précédent qui interroge sur la prévention des feux

Cette réédition de la mobilisation agricole de 2022 pourrait relancer le débat sur la prévention des incendies en zone rurale. Selon des experts cités par Le Figaro, l’utilisation de matériel agricole pour créer des coupures de combustible et approvisionner les pompiers en eau est une solution de plus en plus envisagée par les services de secours. Toutefois, elle repose sur le bénévolat et la disponibilité d’exploitants déjà fragilisés par les sécheresses successives et la crise du secteur. « On ne peut pas compter éternellement sur la bonne volonté des agriculteurs sans un cadre légal et des compensations », aurait averti un responsable syndical sous couvert d’anonymat. L’État pourrait ainsi être amené à formaliser ces collaborations ponctuelles dans le cadre des plans de prévention des risques incendie.

Alors que le feu continue de progresser sous l’effet du vent et de la sécheresse, le dispositif de solidarité mis en place par les agriculteurs girondins illustre une fois de plus la résilience des territoires ruraux face aux catastrophes naturelles. Reste à savoir si cette entraide, aussi efficace soit-elle, pourra être institutionnalisée pour faire face à des sinistres appelés à se multiplier avec le changement climatique.