Onyx Infos

Syrie: dans le camp de déplacés de Qah, l'hôpital menacé par la baisse de l'aide humanitaire

Monde · · Par Claire BERNARD

Syrie: dans le camp de déplacés de Qah, l'hôpital menacé par la baisse de l'aide humanitaire

Syrie: dans le camp de déplacés de Qah, l'hôpital menacé par la baisse de l'aide humanitaire Dans le nord-ouest de la Syrie, l'immense camp de déplacés de Qah,

Syrie: dans le camp de déplacés de Qah, l'hôpital menacé par la baisse de l'aide humanitaire

Dans le nord-ouest de la Syrie, l'immense camp de déplacés de Qah, situé près de la frontière turque, illustre de manière saisissante l'impact de la réduction de l'aide humanitaire mondiale, en particulier celle en provenance des États-Unis. Des centaines de milliers de personnes, qui ont fui les combats pendant plus d'une décennie, y survivent dans des abris de fortune, et voient désormais leurs dernières infrastructures vitales, comme l'hôpital du camp, menacées de fermeture.

Un espoir de retour brisé par la destruction

Selon des informations rapportées par RFI, la chute du régime de Bachar el-Assad, fin 2024, avait suscité un immense espoir parmi les déplacés. Beaucoup espéraient pouvoir rentrer chez eux, dans leurs villages d'origine. Cependant, en découvrant l'ampleur des destructions, la plupart ont été contraints de rester dans les camps. La reconstruction, qui nécessitera des années, semble encore lointaine, et les conditions de vie ne cessent de se dégrader. À Qah, où s'entassent des familles entières, l'attente se mue en une crise humanitaire silencieuse mais profonde.

L'hôpital, poumon du camp, en sursis

Le principal hôpital du camp de Qah, qui dessert des dizaines de milliers de personnes, est aujourd'hui directement menacé par la baisse drastique des financements internationaux. D'après des sources humanitaires citées par RFI, l'établissement pourrait être contraint de réduire ses services, voire de fermer ses portes dans les semaines à venir. Cette perspective est d'autant plus alarmante que le camp abrite une population vulnérable, composée majoritairement de femmes et d'enfants, pour qui l'accès aux soins est déjà extrêmement limité. La diminution de l'aide américaine, un des principaux contributeurs, aggrave une situation déjà précaire.

Une crise humanitaire qui s'installe dans la durée

Au-delà de l'hôpital, c'est l'ensemble du système d'assistance qui vacille. Les distributions de nourriture et d'eau potable sont également affectées, tandis que les programmes de soutien psychosocial, pourtant essentiels après des années de conflit, sont réduits. Les autorités locales et les organisations non gouvernementales présentes sur place tirent la sonnette d'alarme. Sans un réengagement rapide de la communauté internationale, le camp de Qah, symbole de la résilience brisée de tout un peuple, pourrait sombrer dans une nouvelle phase de souffrance. L'avenir de ces centaines de milliers de déplacés, coincés entre des villages en ruine et un avenir incertain, repose désormais sur la capacité des donateurs à maintenir un minimum de soutien humanitaire.