Suspecté de plusieurs attentats, fervent anti-américain : qui est Ahmad Vahidi, le nouveau chef des gardiens de la révolution iraniens ?

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Suspecté de plusieurs attentats, fervent anti-américain : qui est Ahmad Vahidi, le nouveau chef des gardiens de la révolution iraniens ?
Cent vingt-cinq jours après sa nomination discrète, le nouveau commandant en chef du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a fait sa première apparition publique ce jeudi 3 juillet 2026. Ahmad Vahidi, 68 ans, s’est rendu à la grande mosquée Mosalla de Téhéran, où est exposé le cercueil de l’ayatollah Ali Khamenei, tué dans une frappe israélo-américaine au début du conflit opposant Washington et Jérusalem à la République islamique. Selon les informations rapportées par Le Figaro, cette sortie publique marque un tournant dans la communication du régime, alors que les funérailles du Guide suprême, qui s’étendront sur six jours, débuteront demain.
Un profil façonné par la lutte antiaméricaine
Né en 1958 à Shiraz, dans le centre de l’Iran, Ahmad Vahidi a suivi des études de génie électronique à l’université avant d’intégrer les rangs des Gardiens de la Révolution. Sa carrière militaire est marquée par une ligne dure et une hostilité déclarée envers les États-Unis et Israël. D’après des sources gouvernementales iraniennes, il a succédé le 28 février 2026 à Mohammad Pakpour, tué au premier jour de la guerre. Cette nomination, intervenue dans un contexte de crise aiguë, n’avait pas été précédée d’une large communication publique, le nouveau chef étant resté dans l’ombre pendant plus de quatre mois.
Ahmad Vahidi est également connu des services de renseignement occidentaux pour son implication présumée dans plusieurs attentats. Selon un rapport du département d’État américain, il aurait été impliqué dans l’attentat de la caserne de Beyrouth en 1983, qui avait coûté la vie à 241 soldats américains. Il figure sur la liste des personnes sanctionnées par les États-Unis et l’Union européenne pour son rôle présumé dans des activités terroristes. Ces accusations, que Téhéran a toujours rejetées, contribuent à faire de lui une figure clivante sur la scène internationale.
Un commandement dans l’urgence de la guerre
La prise de fonction d’Ahmad Vahidi intervient dans un contexte de conflit ouvert entre l’Iran, d’une part, et les États-Unis et Israël, d’autre part. Les frappes israélo-américaines qui ont coûté la vie à l’ayatollah Khamenei ont plongé le régime dans une phase de transition brutale. Le nouveau chef des Gardiens de la Révolution doit désormais gérer à la fois la guerre extérieure et les tensions internes, alors que les funérailles du Guide suprême mobilisent des foules immenses à Téhéran.
Sa première apparition publique, aux côtés du cercueil d’Ali Khamenei, revêt une dimension hautement symbolique. Elle semble destinée à affirmer la continuité du pouvoir et la détermination du CGRI à poursuivre le combat. Cependant, des analystes cités par Le Figaro soulignent que cette absence prolongée de la scène publique pourrait également refléter des dissensions internes ou des mesures de sécurité renforcées. Le général Vahidi, fervent partisan de la ligne dure, incarne une faction qui prône une confrontation sans compromis avec l’Occident.
Implications pour la suite du conflit
La nomination d’Ahmad Vahidi à la tête des Gardiens de la Révolution pourrait avoir des conséquences significatives sur l’évolution du conflit. Son passé d’opposant farouche aux États-Unis et à Israël laisse présager une intensification des opérations militaires et une radicalisation de la posture iranienne. Par ailleurs, son expérience du terrain et sa connaissance des réseaux régionaux, notamment au Liban et en Syrie, pourraient être mises à profit pour étendre le champ des affrontements.
Toutefois, la situation reste marquée par une grande incertitude. Le régime iranien, privé de son Guide suprême, doit faire face à une succession complexe et à une guerre d’une ampleur inédite. Le rôle exact d’Ahmad Vahidi dans cette période de transition reste à définir, mais sa première apparition publique semble indiquer une volonté de centraliser le pouvoir militaire autour de sa personne, dans un moment où l’unité du régime est plus que jamais mise à l’épreuve.