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Sur Prime Video, une (ré)adaptation tout en nuances de « Carrie » signée Mike Flanagan

Culture · · Par Emma ROUSSEAU

Sur Prime Video, une (ré)adaptation tout en nuances de « Carrie » signée Mike Flanagan

## Sur Prime Video, une (ré)adaptation tout en nuances de « Carrie » signée Mike Flanagan Le célèbre roman de Stephen King, « Carrie », publié en 1974, connaît

## Sur Prime Video, une (ré)adaptation tout en nuances de « Carrie » signée Mike Flanagan Le célèbre roman de Stephen King, « Carrie », publié en 1974, connaît une nouvelle vie sur Prime Video. Cette fois, c’est le showrunner Mike Flanagan, connu pour ses adaptations atmosphériques de l’œuvre de King, qui s’empare du mythe. Selon Le Monde Culture, cette version transpose le martyre de la lycéenne immortalisée par Sissy Spacek dans le film de Brian De Palma (1976) dans une Amérique contemporaine, mais avec une approche délibérément plus sobre, « les frissons en moins ». ## Une relecture ancrée dans le réel Loin des effets grandiloquents du film culte, Mike Flanagan propose une lecture plus intimiste du calvaire de Carrie White. Le récit se concentre sur la violence ordinaire du harcèlement scolaire, la pression sociale et l’emprise d’une mère fanatique. En déplaçant l’action dans un lycée américain d’aujourd’hui, la série interroge les mécanismes de rejet et de humiliation à l’ère des réseaux sociaux. Le Monde Culture souligne que cette adaptation « transpose dans l’Amérique contemporaine » le drame, sans pour autant renier l’héritage fantastique du roman. La frontière entre réalité et surnaturel demeure, mais elle est traitée avec une pudeur qui renforce l’angoisse psychologique. ## Mike Flanagan, artisan de l’horreur intime Showrunner reconnu pour ses séries « The Haunting of Hill House » ou « Midnight Mass », Mike Flanagan a bâti une réputation sur une horreur lente, émotionnelle, où les fantômes servent surtout à révéler les traumatismes des vivants. Avec « Carrie », il poursuit cette veine : moins de sang, plus de silences. Le Monde Culture note que la série privilégie « les nuances » aux déchaînements spectaculaires. Cette approche pourrait dérouter les amateurs du film de De Palma, mais elle s’inscrit dans une tendance actuelle de réappropriation des classiques de l’horreur par le prisme du drame psychologique. Flanagan reste fidèle à l’ADN de King : la monstruosité naît souvent de la banalité du mal. ## Un mythe toujours brûlant « Carrie » n’a cessé d’être adapté : roman, film, suite, remake, comédie musicale. Chaque époque y projette ses propres angoisses. Dans les années 1970, De Palma filmait la rage adolescente et la culpabilité collective. Aujourd’hui, Flanagan choisit de montrer la lente destruction d’une jeune fille par un entourage indifférent ou cruel. La question du genre, de la religion et de la honte reste centrale. Selon Le Monde Culture, cette (ré)adaptation ne cherche pas à surpasser l’original, mais à en proposer une lecture complémentaire, plus mélancolique que terrifiante. Une manière de rappeler que le véritable monstre, chez King, n’est pas toujours celui qu’on croit. ## Une proposition à contre-courant À l’heure où les plateformes misent souvent sur le choc et le gore, la démarche de Mike Flanagan peut sembler atypique. Pourtant, elle témoigne d’une maturité du public pour des récits d’horreur plus introspectifs. En choisissant de « dé-frissonner » « Carrie », le showrunner prend le risque de décevoir les fans de sensations fortes, mais il gagne en profondeur ce qu’il perd en spectaculaire. Reste à voir si cette nuance séduira un large public. Une chose est sûre : le mythe de Carrie White, lui, n’a pas fini de hanter nos écrans.